Les nationalistes Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, élus mardi à la tête de la nouvelle collectivité territoriale unique corse sous un...
Talamoni et Simeoni, élus à la tête de la super-région Corse
Les nationalistes Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, élus mardi à la tête de la nouvelle collectivité territoriale unique corse sous un...
Par Julie Pacorel
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Les nationalistes Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, élus mardi à la tête de la nouvelle collectivité territoriale unique corse sous un tonnerre d'applaudissements, ont assuré Paris de leur détermination et réclamé "un geste politique fort" de l'exécutif.
Le leader indépendantiste Jean-Guy Talamoni a été largement élu président de l'Assemblée de Corse (40 voix sur 63), de même que Gilles Simeoni, à la présidence du Conseil exécutif de Corse (42 voix sur 63). La séance qui a duré près de cinq heures, s'est terminée par une grande accolade des deux présidents, élus et sympathisants enthousiastes entonnant l'hymne corse Diu vi Salve Regina, puis l'hymne nationaliste.
Les deux hommes ont prêté serment sur la Constitution corse de 1755, un acte symbolique similaire à celui de leur installation en décembre 2015 dans la précédente collectivité territoriale, mais qui cette fois-ci n'a pas semblé choquer leurs opposants. "Il n'y a plus d'effet de surprise, c'est la réaffirmation des fondamentaux", a analysé le politologue André Fazi, interrogé par l'AFP.
Dans leurs discours d'investiture, les premiers mots des deux leaders charismatiques ont été pour les "prisonniers politiques", dont ils appellent de leurs voeux le retour sur l'île. "Que le Noël qu'ils viennent de passer soit le dernier passé loin des leurs, et que le rapprochement prévu par la loi (...) soit enfin effectif", a demandé Gilles Simeoni.
"Sur le point des prisonniers politiques, il faut que Paris évolue, car on ne trahira pas nos électeurs", a déclaré Jean-Guy Talamoni devant la presse.
Jean-Guy Talamoni à l'assemblée de Corse à Ajaccio, le 2 janvier 2018
AFP
Dans un discours en français, M. Simeoni a voulu rassurer Paris: "nous sommes des interlocuteurs raisonnables, pondérés", a-t-il lancé, réitérant son appel au dialogue lancé dans la foulée du triomphe des nationalistes aux élections territoriales de décembre, alors que le président de la République garde le silence sur le dossier corse.
"Que personne ne doute de notre détermination à construire ce pays", a averti M. Simeoni.
- 'c'est à la Constitution de changer' -
Tout en attendant "avec sérénité" la venue de Jacqueline Gourault, "Madame Corse" du gouvernement, vendredi à Ajaccio, et une rencontre probable avec le Premier ministre en janvier, Gilles Simeoni a insisté: "nous savons qu'aujourd'hui en France, c'est le Président de la République qui fixe le cap, et qui, aujourd'hui, connaît le mieux le dossier corse".
"Il peut être aujourd’hui, s’il en a la volonté, l’homme d’Etat, qui ouvrira la voie à une solution politique négociée permettant de tourner définitivement la page du conflit", a-t-il déclaré.
Avant son discours, le leader autonomiste avait indiqué à l'AFP qu'un "certain nombre de prises de positions directes et indirectes de membres du gouvernement et notamment du Premier ministre n'étaient pas à la hauteur" des espérances des nationalistes corses.
Le 12 décembre, le Premier ministre Edouard Philippe a semblé fermer la porte aux revendications des dirigeants corses - co-officialité de la langue corse et du français, amnistie des "prisonniers politiques" et statut de résident corse permettant de protéger les insulaires de la spéculation immobilière - en estimant que toutes les réformes à venir devraient être "conformes au cadre constitutionnel".
"Si une Constitution ne permet pas de reconnaître un peuple, c'est à la Constitution de changer et pas au peuple de disparaître", a rétorqué Gilles Simeoni mardi matin sur France Inter.
Jean-Guy Talamoni, président de Corsica Libera, a notamment dédié la victoire des nationalistes "à tous ceux du Front de libération nationale de la Corse, armée invaincue, née il y a quarante ans pour défendre le peuple corse à une époque où la démocratie n’existait pas sur cette terre".
Les deux dirigeants nationalistes ont aussi défendu leur "projet social, au bénéfice de tous les Corses". Gilles Simeoni a annoncé qu'il présenterait les principaux axes de la politique globale proposée par le conseil exécutif lors de la session du 16 janvier.
Officiellement installée mardi, la collectivité territoriale unique, à forte dominante nationaliste (41 sièges sur 63), est une instance inédite en France, une super-région qui fusionne l'ancienne collectivité (région) et les deux départements corses.
Avec la guerre en Iran, l’Europe encaisse le choc d’un conflit qu’elle n’a pas voulu mais qu’elle subit. Si les 27 sont globalement prudents dans leur réaction aux frappes américano-israéliennes, ils montrent des hésitations dans leur réponse. Une chose est sûre : les prix du pétrole et du gaz flambent et les Européens cherchent le moyen de limiter les dégâts de ce choc énergétique. Alors, comment l’Union européenne peut-elle relever le défi de cette nouvelle crise ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D) et Isabel Wiseler-Lima (Luxembourg, PPE).
Les résultats des élections municipales ne pourront pas être connus avant 20 heures, comme l’entend la loi française. Cette mesure vise à ne pas influencer le comportement des électeurs avant la fermeture de l’ensemble des bureaux de vote.
De Paris, que la gauche tente de conserver face à la droite de Rachida Dati, à Lyon, où les écologistes sont menacés par Jean-Michel Aulas, en passant par Le Havre, où Edouard Philippe joue son avenir, ou encore Nice, où Eric Ciotti et Christian Estrosi se mènent une guerre fratricide, tour d’horizons des principales villes à suivre pour le premier tour des municipales.
Après une forte abstention lors des dernières élections municipales de 2020, le scrutin de dimanche devrait être marqué par un rebond logique de la participation. L’ampleur du retour des électeurs dans les urnes fait partie des grandes inconnues. Certains instituts rappellent que le déclin de la mobilisation est devenu structurel depuis les années 90.