« Technocrature! »: Chassaigne (PCF) interpelle Philippe sur la réforme institutionnelle
Le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, a vivement interpellé mardi Édouard Philippe sur la réforme des...

« Technocrature! »: Chassaigne (PCF) interpelle Philippe sur la réforme institutionnelle

Le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, a vivement interpellé mardi Édouard Philippe sur la réforme des...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, a vivement interpellé mardi Édouard Philippe sur la réforme des institutions, dénonçant un "mépris" de l'exécutif et une "technocrature", s'attirant un soutien inhabituel de la droite et du FN.

"M. le Premier ministre, les dernières initiatives du gouvernement sont marquées du sceau du mépris à l'égard de la représentation nationale et donc de la démocratie", a lancé l'élu lors des questions au gouvernement, s'attirant des applaudissements sur les bancs de gauche, mais aussi de LR et du FN, dans une atmosphère électrique.

"Mépris avec le recours aux ordonnances pour la réforme ferroviaire, mépris avec le vote bloqué (au Sénat) pour empêcher l'adoption de notre proposition de loi sur la retraite agricole (...) mépris par le rejet sans discussions de toutes les propositions portées par les groupes d'opposition. Ces coups de force répétés, M. Le Premier ministre, marquent une dangereuse dérive aux accents de dictature technocratique!", a tonné cette figure de l'Assemblée.

"Ils donnent le ton de la réforme des institutions à venir, avec en particulier la restriction du droit d'amendement des parlementaires", a poursuivi le député du Puy-de-Dôme, réclamant un référendum car "c'est au peuple de choisir s'il souhaite que ses représentants élus soient remplacés par la technocrature!".

A droite, où les élus FN se sont levés pour l'applaudir, un "très bien" a notamment fusé dans l'hémicycle.

"Je vous remercie pour votre question nuancée" a ensuite grincé Édouard Philippe, alors que le calme revenait peu à peu. "Nous ne sommes pas d'accord", a-t-il ensuite ajouté.

S'étonnant de voir "un député communiste expliquer dans cet hémicycle que le recours à des dispositifs constitutionnels est un déni de démocratie", il a défendu le recours aux ordonnances ou au vote bloqué, sans évoquer la question du référendum.

"Édouard Philippe, dans l’esquive, ne répond pas à la demande de ", a déploré dans la foulée sur Twitter Sébastien Jumel, un des porte-parole du groupe.

M. Chassaigne avait plus tôt mis au "défi" Emmanuel Macron de soumettre au "choix du peuple" des propositions susceptibles d'"écrabouiller" le Parlement.

Convaincu qu'avec "les propositions frontales du président de la République, des déséquilibres de la Ve République vont être encore aggravés", l'un des porte-parole, Pierre Dharréville avait lui insisté sur la volonté des communistes de "ne pas se laisser enfermer dans un débat parcellaire", sujet par sujet.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Extreme Weather Heat
6min

Politique

« Le feu est hors de contrôle » : en Gironde, l’inquiétude des élus face à la progression des flammes vers le bassin d’Arcachon

Plus de 3 400 hectares de forêts ont déjà brûlé, jeudi après-midi, dans l’incendie parti hier de Saumos, en Gironde. Les sénateurs du département témoignent de la solidarité à l’œuvre pour évacuer les habitants, mais s’inquiètent de la progression incontrôlée des flammes vers les habitations et sites touristiques du Cap-Ferret.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
7min

Politique

Avant la présidentielle de 2027, le gouvernement muscle son arsenal contre les ingérences étrangères

Après les tentatives de manipulation détectées lors des élections municipales et face à la multiplication des campagnes de désinformation alimentées par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, le gouvernement présente un projet de loi destiné à renforcer la protection du débat démocratique. Le texte durcit les sanctions pénales, élargit les procédures judiciaires de retrait des fausses informations et crée une commission indépendante chargée d’alerter le public en cas d’ingérence étrangère. Une première réponse saluée par plusieurs parlementaires, qui la jugent néanmoins incomplète.

Le

Marine Le Pen Campaigns in Northern France to Support Local Candidates
7min

Politique

« Il faut pousser les murs » : comment le Sénat se prépare à l’arrivée possible d’un groupe RN après les sénatoriales de septembre

Le RN espère, après les sénatoriales, atteindre le seuil des dix sénateurs pour créer le premier groupe RN de l’histoire du Sénat. Un enjeu symbolique, de moyens sur le plan parlementaire, et politique pour Marine Le Pen. Elle pourrait jouer de cette dynamique pour la présidentielle. Les conséquences sont aussi très pratiques au sein du Palais du Luxembourg, où l’administration doit faire de la place pour se préparer à l’arrivée éventuelle d’un groupe RN.

Le