Thierry Mandon dénonce une « putréfaction du débat politique » en France
Invité de l’émission « L’épreuve de vérité », Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de l’enseignement supérieur et de la Recherche a dénoncé une « putréfaction du débat politique », miné par les affaires.

Thierry Mandon dénonce une « putréfaction du débat politique » en France

Invité de l’émission « L’épreuve de vérité », Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de l’enseignement supérieur et de la Recherche a dénoncé une « putréfaction du débat politique », miné par les affaires.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de l’enseignement supérieur et de la Recherche, s’est dit très inquiet de l’atmosphère actuelle de cette campagne présidentielle : « [Il y a] une sorte de putréfaction du débat politique aujourd’hui, qui fait que tous les grands enjeux importants pour les Français : l’emploi, la santé et plus généralement le système de la Sécurité sociale, l’éducation…tous ces thèmes-là ne sont plus débattus nulle part. Et qu’entre les affaires d’une part et des campagnes de narcissisme extrême d’autre part - avec des candidatures qui portent on ne sait pas trop quoi, sauf la promotion de soi- le débat politique est vide, absent de cette présidentielle. Et ça c’est très inquiétant pour la République ».

Et quand on parle d’ « affaires », Thierry Mandon trouve qu’il y a parfois deux poids, deux mesures quant à la mise en lumière de certaines : « Marine Le Pen est dans les mêmes affaires que François Fillon et c’est même pire (…) C’est une industrie de transformation d’emplois parlementaires au Parlement européen, en permanents de parti politique, qui travaillent sur tout sauf les dossiers européens (…)

Et d’ajouter : « J’observe une forme de résignation de la société vis-à-vis de Marine Le Pen. Elle peut aller sur n’importe quel plateau de télévision, raconter n’importe quoi, sans que personne ne la reprenne (…) On ne peut pas dire n’importe quoi. Car quand on dit n’importe quoi, ça donne Donald Trump hier et ça peut donner Marine Le Pen demain ici (…) Il y a un danger Le Pen. Et ce danger est d’autant plus grand, qu’on baisse les bras avant même de livrer combat ».

Thierry Mandon :"Marine Le Pen est dans les mêmes affaires que François Fillon"
02:08

Lui qui n’avait pas de candidat lors des primaires de la gauche, soutient aujourd’hui Benoît Hamon et lui conseille de « s’y mettre » et d’ »y aller » car le temps est compté. Pour Thierry Mandon, le candidat du PS doit « prendre appui sur un certain nombre de choix qui ont été faits dans le premier quinquennat ». « Pas tout, puisqu’il a fait des critiques recevables. Mais en même temps, voir comment on change de braquet sur des questions centrales comme le travail, la protection sociale, la démocratie, les institutions… »

En ce qui concerne Emmanuel Macron, Thierry Mandon est catégorique : « Il peut dire ce qu’il veut, faire les propositions qu’il veut (…), il lui manquera toujours la cohérence (…) Il veut s’extraire du débat droite / gauche, il en paye le prix. Il est illisible. Il est insaisissable. La gauche et la droite (…), ça structure l’inconscient collectif. Ce n’est pas une invention, c’est séculaire. Cela fait des siècles que la vie politique française s’ordonne autour de ça (…) En refusant ce clivage-là, il rend illisible ce qu’il propose ».

Ancien maire de Ris-Orangis dans l’Essonne, Thierry Mandon qui y vit encore, estime qu’il n’y a pas « le feu dans les banlieues » : « Il y a des protestations  démocratiques sur lesquelles se greffent des casseurs, dans une partie de la banlieue qui est la Seine-Saint-Denis. Ce n’est pas encore un mouvement des banlieues ».

Pour le secrétaire d’Etat en charge de l’enseignement supérieur et de la Recherche, la solution pour améliorer la situation dans les quartiers est de repenser les politiques publiques. Et il insiste sur le fait qu’il faut voir la banlieue « comme d’abord du potentiel » : « On ne peut pas transformer tous les « banlieusards » en victimes ou en acteurs d’actes délictueux(…) Il y a une sorte d’empathie à avoir. Ce n’est pas de la naïveté, c’est le socle sur lequel on peut reconstruire un dispositif où les gens qui vivent là-bas considèrent qu’ils peuvent avoir un avenir ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le