Traducteurs de l’armée française : « Ce sont les harkis de l’Afghanistan », selon Nathalie Goulet
La sénatrice (Union centriste) de l’Orne Nathalie Goulet demande la création d’une commission d’enquête sur la situation des afghans ayant travaillé pour l’armée française.« On doit leur offrir la protection à eux et leur famille » défend-elle. « La France a fait le job dans un contexte extrêmement difficile » rétorque Christian Cambon, président LR de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat.

Traducteurs de l’armée française : « Ce sont les harkis de l’Afghanistan », selon Nathalie Goulet

La sénatrice (Union centriste) de l’Orne Nathalie Goulet demande la création d’une commission d’enquête sur la situation des afghans ayant travaillé pour l’armée française.« On doit leur offrir la protection à eux et leur famille » défend-elle. « La France a fait le job dans un contexte extrêmement difficile » rétorque Christian Cambon, président LR de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat.
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Par Jérôme Rabier

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Depuis vendredi 27 août, la France a mis fin à son pont aérien pour évacuer des Afghans menacés par les talibans. Près de 3000 personnes dont plus de 2600 Afghans ont ainsi pu quitter le pays. Mais le sort de ceux qui sont restés sur place inquiète. Et notamment ceux qui ont travaillé pour l’armée française.

 

Des auxiliaires abandonnés ?

 

Ils ont été traducteurs, chauffeurs, cuisiniers, et on les appelle les « personnels contractuels recrutés locaux » ou PCRL dans le jargon administratif militaire. Des postes indispensables pour la logistique ou tout simplement pour échanger avec la population locale. Et selon la sénatrice Nathalie Goulet, qui s’intéresse de longue date à leur sort, « ils ont été abandonnés par la France, ce sont les harkis de l’Afghanistan », s’emporte-t-elle. « Il y a de fortes divergences sur le nombre de ceux qui ont été rapatriés en France », précise la sénatrice, en lien avec des associations qui les accompagnent dans leur installation dans l’hexagone.

 

Des divergences sur les chiffres

 

Elle propose donc de créer une commission d’enquête sur la question. Dans sa proposition de résolution déposée à la présidence du Sénat, elle évoque le sort « des quelques 170 auxiliaires de l’armée française et de leurs familles, encore sur place ».

Une situation ancienne, mais qui, avec l’arrivée au pouvoir des talibans, devient urgente. « On doit leur offrir la protection à eux et leur famille, et ils auraient dû être prioritaires mais ce n’est pas le cas », dénonce la sénatrice, qui évoque seulement une quinzaine d’auxiliaires afghans rapatriés en cette fin août. Une situation nuancée par Christian Cambon, président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat. « La France a fait le job dans un contexte extrêmement difficile », tranche-t-il. Et il précise que « depuis 2014, la France a déjà fait venir plus de 600 Afghans auxiliaires. Il faut raison garder dans cette affaire ».

 

La France continuera les évacuations

 

« A titre personnel », il n’est « pas du tout sûr qu’on ait besoin d’une commission d’enquête, qui doit avoir lieu quand il y a un dysfonctionnement de l’État ». Le sénateur du Val-de-Marne a d’ailleurs pu échanger « de façon approfondie de ce sujet avec le président de la République Emmanuel Macron », qu’il a accompagné lors de son déplacement en Irak ce week-end.  « Il m’a assuré qu’on allait continuer ces efforts d’évacuation et que pour ce faire, la France dialoguera avec les talibans, car désormais ils sont maîtres du pays et si l’on veut sauver des gens, il le faut » conclut Christian Cambon.

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