Trois économistes qui ont inspiré le programme de Macron prônent un rééquilibrage social
Trois économistes de renom, qui ont largement inspiré le programme du candidat Macron, suggèrent au président un rééquilibrage...

Trois économistes qui ont inspiré le programme de Macron prônent un rééquilibrage social

Trois économistes de renom, qui ont largement inspiré le programme du candidat Macron, suggèrent au président un rééquilibrage...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Trois économistes de renom, qui ont largement inspiré le programme du candidat Macron, suggèrent au président un rééquilibrage social de sa politique, dans une note confidentielle publiée samedi par le quotidien Le Monde.

Alors que "beaucoup de Français craignent que les réformes bénéficient au pays, mais les laissent eux-mêmes de côté", Philippe Aghion, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry regrettent que "la lutte contre les inégalités d'accès" ne soit pas plus apparente dans la politique du gouvernement.

Les trois auteurs suggèrent au président de présenter des "objectifs concrets" en matière de sous-emploi des jeunes, sortie du chômage de longue durée, et ouverture des postes de responsabilité.

"Il importe de se montrer aussi audacieux dans la lutte contre les rentes et les privilèges d'en haut que dans le combat contre les corporatismes d'en bas", souligne le texte, qui regrette l'absence d'une "voix forte" pour porter le message social "à l'intérieur du gouvernement".

Selon les économistes, "il ne faut pas réduire la prime d'activité qui permet à la fois de réduire la pauvreté des travailleurs modestes et d'inciter au retour au travail". Ils se déclarent en revanche favorables à une réforme des dispositifs pour les personnes à l'activité réduite, à la réduction de la durée d'allocation chômage conditionnée à l'évolution du taux de chômage, et demandent, comme la CFDT, la nomination de plus de représentants salariés dans les conseils d'administration.

En matière fiscale, ils suggèrent de revoir les aides sectorielles aux entreprises et "le maquis des aides à l'innovation". Sur le plan international, ils aimeraient voir le président "amplifier le débat sur la taxation internationale et l'optimisation fiscale".

Et pour les ménages, ils conseillent de revoir la fiscalité de l'investissement dans le logement en organisant "l'extinction" des aides à la pierre qui "réduisent très fortement l'impôt sur le revenu des bénéficiaires et affectent le budget de l'Etat".

Ils encouragent aussi le président à taxer plus lourdement les "très grosses successions", car "les enfants des innovateurs sont souvent des rentiers".

Enfin, ils recommandent un étalement de la suppression de la taxe d'habitation dans le temps, en suggérant de "différer" la mise en oeuvre de cette réforme "pour les 20% les plus aisés" pour la "coupler avec une réforme de la fiscalité locale et l'introduction d'une taxe foncière progressive".

Sur Twitter, Jean Pisani-Ferry, qui fut le coordonnateur du programme économique d'Emmanuel Macron, a indiqué qu'il ne souhaitait pas commenter la note publiée par Le Monde, sans toutefois en démentir l'authenticité. "Ce n'est pas par crainte de la foudre, c'est parce qu'elle n'était pas destinée à être publiée", a-t-il précisé.

Selon le journal, la note, intitulée "renforcer la dimension émancipatrice de l'action gouvernementale", aurait été écrite à la demande d'Emmanuel Macron, et adressée à l'Elysée le 4 juin.

Partager cet article

Dans la même thématique

Trois économistes qui ont inspiré le programme de Macron prônent un rééquilibrage social
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Trois économistes qui ont inspiré le programme de Macron prônent un rééquilibrage social
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le