Le maire d'une petite commune de Normandie a été condamné jeudi à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende pour l'agression de l...
Trois mois avec sursis et 1.000 euros d’amende pour l’agresseur de NKM
Le maire d'une petite commune de Normandie a été condamné jeudi à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende pour l'agression de l...
Par Pierre ROCHICCIOLI
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Le maire d'une petite commune de Normandie a été condamné jeudi à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende pour l'agression de l'ex-députée Nathalie Kosciusko-Morizet durant les législatives à Paris, alors qu'une série d'incidents violents a récemment défrayé la chronique politique.
L'avocat du prévenu, Me Antoine Lachenaud, a indiqué à l'AFP avoir fait appel du jugement.
Trois jours avant le second tour, la candidate LR distribuait des tracts sur un marché parisien lorsqu'elle avait été prise à partie par Vincent Debraize, 55 ans, maire de Champignolles (Eure). L'ex-ministre avait été brièvement hospitalisée après avoir chuté et perdu connaissance.
Cette agression est loin d'être un acte isolé. Les mois précédents, d'autres responsables politiques avaient été pris à partie lors de déplacements, dont Myriam El Khomri, Manuel Valls, François Fillon et même Emmanuel Macron qui avait reçu un œuf sur le crâne au salon de l'agriculture durant la campagne présidentielle.
Après les législatives, c'est au tour d'une député de la République en marche, Laurianne Rossi, d'être giflée sur un marché de Bagneux (Hauts-de-Seine) par un homme de 63 ans. Il sera condamné à six mois d'emprisonnement dont cinq avec sursis et incarcéré.
Plus récemment, le député M'Jid El Guerrab (ex-REM) a été mis en examen pour "violences volontaires avec arme", accusé d'avoir frappé à coups de casque Boris Faure, premier secrétaire de la fédération PS des Français de l'étranger, lors d'une violente altercation.
Au procès de l'agression de NKM, le parquet avait requis quatre mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende à l'encontre de l'édile. "Lorsqu'un citoyen n'est pas content d'un élu, la seule sanction possible est de ne pas voter pour lui, pas de l'agresser", avait expliqué le procureur.
Les avocats de l'élu avaient plaidé la relaxe, jugeant "contestables" les faits reprochés à leur client, qui a toujours nié avoir exercé des violences à l'encontre de l'ex-députée de l'Essonne.
- "Contraire à la démocratie" -
"C'est une très bonne décision parce qu'elle sanctionne une attitude contraire à la démocratie", a réagi Me Jean-Yves Dupeux, avocat de NKM, soulignant que sa cliente a également obtenu l'euro symbolique de dommages et intérêts qu'elle réclamait.
Vincent Debraize, maire de Champignolles dans l'Eure, le 22 juin 2017 à Paris
AFP/Archives
"Nathalie Kosciusko-Morizet a très mal vécu tout cela et elle est aujourd'hui très soulagée de savoir qu'elle a été entendue et qu'on a pris en considération les souffrances qu'elle a subies", a-t-il dit.
A l'audience, NKM avait expliqué qu'elle tractait lorsque l'homme était arrivé vers elle vers 10H00, très agressif.
Selon son récit, il l'a qualifiée de "bobo de merde" et lui a "arraché" les tracts des mains avant de la gifler avec.
"Quasiment en même temps, il m'a donné un coup au thorax et je suis tombée en arrière. Après, je ne me souviens plus de rien. Ce n'était pas un différend, il n'y a pas eu d'échange d'arguments. Il m'a agressée", avait-elle expliqué, précisant que l'homme lui a reproché d'avoir fait perdre la droite aux municipales à Paris contre la socialiste Anne Hidalgo.
"Non, je n'étais pas agressif", s'était défendu Vincent Debraize, affirmant avoir reproché à NKM son "parachutage" dans la 2e circonscription de Paris où finalement elle sera battue au second tour, le 18 juin.
"Elle m'a affirmé qu'elle était légitime, je lui ai lancé: +Zemmour a raison, vous êtes une bobo de droite+. Elle s'est avancée vers moi et m'a lancé: +dégage connard+. J'ai pris ses tracts que j'ai jetés à mes pieds et c'est à ce moment-là que je l'ai vue tomber", avait-il raconté.
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