Tuerie à la préfecture: Castaner dans le collimateur de la droite et du RN
"Incompétence", "dissimulation", voire "scandale d'Etat": La droite et l'extrême droite réclament une enquête parlementaire sur...

Tuerie à la préfecture: Castaner dans le collimateur de la droite et du RN

"Incompétence", "dissimulation", voire "scandale d'Etat": La droite et l'extrême droite réclament une enquête parlementaire sur...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

"Incompétence", "dissimulation", voire "scandale d'Etat": La droite et l'extrême droite réclament une enquête parlementaire sur la tuerie de la préfecture de police et la tête du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, la piste de la radicalisation islamiste étant désormais privilégiée.

Les Républicains et le Rassemblement national fustigent les propos du ministre, déjà mis sous pression à plusieurs reprises depuis son arrivée à Beauvau à l'automne 2018. Il a indiqué après la tuerie jeudi que cet employé, en poste à la PP depuis 2003, "n'avait jamais présenté de difficultés comportementales", ni "le moindre signe d'alerte".

Depuis, le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est saisi vendredi de l'enquête sur l'attaque qui a fait cinq morts, dont l'assaillant, Mickaël H. Plusieurs éléments accréditent la thèse de la radicalisation de cet informaticien, employé de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP).

Samedi matin, le chef de file des députés LR Christian Jacob a annoncé à l'AFP qu'il allait demander mardi la création d'une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire "très grave", le groupe étant prêt à user de son "droit de tirage" (une fois par session) pour la créer.

Lui emboîtant le pas, la cheffe du Rassemblement national Marine Le Pen a réclamé "l'ouverture immédiate d'une commission d'enquête, permettant d'établir l'ensemble des responsabilités, dans ce qui apparaît déjà comme un scandale d'État", ajoutant que le ministre devra "tirer toutes les conséquences de la situation".

Pour le député LR Eric Ciotti, qui a déjà déposé une proposition de résolution pour une commission d'enquête, il y a "forcément un dysfonctionnement".

"Comment le ministre de l'Intérieur a-t-il pu se laisser aller à dire +circulez, il n'y a rien à voir+? Soit il savait et il a voulu dissimuler les faits ou il ne savait pas et ça veut dire qu'il est totalement incompétent. Mais dans les deux cas, sa crédibilité est aujourd'hui totalement nulle pour assurer la sécurité des Français", a-t-il tonné sur LCI.

En visite samedi à Provins (Seine-et-Marne), l'ex-chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, "bouleversé" par ce "drame", a affirmé lui aussi qu'il "faudra comprendre pourquoi et comment une telle chose est possible".

- "Trop c'est trop" -

Même ton du président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau pour qui le gouvernement "a parlé trop vite en banalisant ces terribles meurtres".

"Trop c'est trop", M. Castaner "ne peut pas rester en fonction. Il en va de la sécurité nationale", a renchéri le député Guillaume Larrivé, de même que Julien Aubert, candidat comme lui et Christian Jacob à la tête de LR.

"Comment un type comme ça a pu passer derrière les écrans radars?", s'est également interrogé Eric Diard, co-auteur d'un récent rapport sur la radicalisation dans les services publics qui évoquait une trentaine de cas soupçonnés mais pas avérés dans la police et la gendarmerie (sur 130.000 gendarmes et 150.000 policiers).

"Grave incompétence ou mensonge d'Etat ? Dans les deux cas, Castaner doit partir", a estimé samedi le vice-président du RN Jordan Bardella, réclamant aussi "la radiation immédiate des policiers et gendarmes suivis pour radicalisation", tandis que le député Sébastien Chenu a estimé qu'il "aurait dû démissionner depuis 1.000 fois".

Quant à Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), il a lui aussi réclamé la démission, estimant que le ministre "a menti aux Français".

Du côté du ministère de l'Intérieur, on s'astreint à un prudent silence face aux attaques à l'encontre de Christophe Castaner, déjà éreinté par l'opposition pour sa gestion de la crise des "gilets jaunes" ou après la mort de Steve Maia Caniço à Nantes.

Silence aussi au sein de la majorité, comme à gauche, sur ce qu'Emmanuel Macron a qualifié jeudi de "véritable drame". Le député LREM Dominique Da Silva a jugé sur LCI "un peu facile de demander la démission" du ministre.

"Il y a une faille c'est certain", a-t-il néanmoins admis, se montrant favorable à une commission d'enquête.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sammy Baloji, Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba, 2018 – Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Imane Farès, Paris
4min

Politique

« Les festivals de l’été » : Aux rencontres photographiques d’Arles « Nous apportons le doute sur ce qu’on voit » revendique son directeur 

C’est le rendez-vous estival des amateurs de photographie. Pour leur 57ème édition, les Rencontres de la photographie d'Arles mettent à l’honneur le travail de photographes africains. Des nouveaux regards sur un continent central et une invitation renouvelée à une compréhension complexe de la réalité du monde, loin des images et des vérités assénées par les médias sociaux, comme le revendique son directeur Christoph Wiesner.

Le

Tuerie à la préfecture: Castaner dans le collimateur de la droite et du RN
4min

Politique

« Dans le monde politique et de l’entreprise, le pouvoir dénature les gens », observe Elisabeth Moreno

Si devenir ministre lui a permis de faire avancer la cause des femmes, elle a aussi, pendant deux ans, découvert l’envers du monde politique. Entre « carriérisme », environnement masculin et manque de soutien pour faire avancer le féminisme, Elisabeth Moreno revient sur ses combats, son expérience gouvernementale et les travers du pouvoir au micro de Rebecca Fitoussi, dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le