Ukraine : « Berlin et Paris doivent arrêter le flirt avec Moscou » pour Jacek Saryusz-Wolski
Depuis des mois, la tension ne cesse de croître entre Kiev et Moscou. Plus de 100 000 soldats russes sont massés à la frontière, prêts à envahir l’Ukraine. Emmanuel Macron se rendra en début de semaine prochaine dans les deux pays pour tenter d’amorcer une désescalade. Mais pour Jacek Saryusz-Wolski, eurodéputé polonais, la voie diplomatique n’est plus une option, l’Union européenne doit passer des « paroles aux actes ».

Ukraine : « Berlin et Paris doivent arrêter le flirt avec Moscou » pour Jacek Saryusz-Wolski

Depuis des mois, la tension ne cesse de croître entre Kiev et Moscou. Plus de 100 000 soldats russes sont massés à la frontière, prêts à envahir l’Ukraine. Emmanuel Macron se rendra en début de semaine prochaine dans les deux pays pour tenter d’amorcer une désescalade. Mais pour Jacek Saryusz-Wolski, eurodéputé polonais, la voie diplomatique n’est plus une option, l’Union européenne doit passer des « paroles aux actes ».
Public Sénat

Par Marie Brémeau

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3 min

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La menace militaire russe inquiète son pays. Pour l’eurodéputé polonais Jacek Saryusz-Wolski, la Pologne, qui partage une frontière avec l’allié russe qu’est la Biélorussie, se retrouve en première ligne du conflit.

« C’est une situation de guerre, cela doit rester entre les mains de l’OTAN »

Sans surprise, cet eurodéputé, atlantiste et eurosceptique, défend encore aujourd’hui une ligne très ferme face au « maître du Kremlin », Vladimir Poutine, qui cherche à restaurer l’influence russe sur les pays de l’ex-bloc soviétique. « Ce qui est déterminant [dans ce conflit] c’est la position de l’OTAN. L’Union européenne nuit plutôt à la cause qu’elle n’aide. La meilleure chose qu’elle devrait faire, c’est de ne pas manquer l’occasion de se taire, surtout Paris et Berlin. C’est une situation de guerre, cela doit rester entre les mains de l’OTAN, car sans les Américains, nous ne comptons pas. » Il voit d’un très mauvais œil les tentatives diplomatiques initiées par Berlin et Paris. Car pour l’élu polonais, « le dialogue est une invitation à l’invasion pour la Russie. Il faut des actes, pas des paroles. »

« Ce ne sont pas nos armes qui menacent Poutine mais nos idées »

L’eurodéputé chrétien-démocrate, Michael Gahler, est moins belliqueux dans la réponse qu’il faut selon lui apporter à Vladimir Poutine. L’élu allemand plaide pour « des sanctions crédibles », car « ce ne sont pas nos armes qui menacent Poutine, mais ce sont nos idées, nos valeurs, qui menacent un système cleptomane et répressif comme celui de Poutine. »

Concrètement, Michael Gahler est prêt à renoncer à la mise en œuvre du gazoduc Nordstream 2, qui relie la Russie à l’Allemagne en passant sous la mer Baltique, gazoduc grâce auquel Moscou compte pour augmenter ses exportations de gaz vers l’Europe en tout contournant l’Ukraine.

Autre sanction à mettre sur la table pour l’allemand, sortir la Russie du réseau Swift, le système international de transactions financières ou encore annuler les visas pour des milliers d’oligarques russes. « Je crois qu’à Moscou, ils sont en train de calculer derrière leurs murs du Kremlin combien ça va leur coûter. Et j’espère que la raison et le raisonnement vont enfin l’emporter sur l’idéologie. »

Emmanuel Macron et le chancelier allemand qui vont se rendre dans les semaines à venir en Russie dialoguer avec Vladimir Poutine doivent l’espérer aussi…

Revoir l’émission en replay dans son intégralité : https://www.publicsenat.fr/emission/ici-l-europe

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