Ukraine : « Le seul avenir de l’Europe passe obligatoirement par une coopération avec la Russie », plaide Dupont-Aignan
Invité mercredi matin de Public Sénat, Nicolas Dupont-Aignan, considère que l’Europe ne peut pas rompre avec la Russie si elle veut rester une grande puissance. Il appelle à la tenue « d’une conférence pour la sécurité en Europe », et estime que l’Ukraine doit devenir un territoire neutre.

Ukraine : « Le seul avenir de l’Europe passe obligatoirement par une coopération avec la Russie », plaide Dupont-Aignan

Invité mercredi matin de Public Sénat, Nicolas Dupont-Aignan, considère que l’Europe ne peut pas rompre avec la Russie si elle veut rester une grande puissance. Il appelle à la tenue « d’une conférence pour la sécurité en Europe », et estime que l’Ukraine doit devenir un territoire neutre.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Les sanctions contre la Russie se renforcent, quatorze jours après le début de l’invasion de l’Ukraine. Le président américain, Joe Biden, a annoncé mardi 8 mars son intention d’interdire l’importation de pétrole russe. Une décision qui vise à impacter le principal levier de l’économie russe. De son côté, l’Union européenne, très dépendante des importations de gaz russe, doit engager une vaste réflexion sur son autonomie énergétique. Mais pour Nicolas Dupont-Aignan, le fondateur de Debout La France, le camp des Occidentaux a tort de chercher à isoler le géant russe. « Le seul avenir de l’Europe, pour peser dans le monde demain, passe obligatoirement par une coopération avec la Russie. Sinon l’Europe est hémiplégique. Poutine passera, la Russie va rester », a expliqué le député au micro de « Bonjour chez vous ! », la matinale de Public Sénat.

« La Russie a une responsabilité écrasante, mais… »

Celui qui est candidat à l’élection présidentielle pour la troisième fois, fustige également le rôle joué selon lui par les Occidentaux dans le déclenchement du conflit. « L’Occident a joué avec les Ukrainiens. Joe Biden a armé l’UE, a mis de l’huile sur le feu. On a fait croire aux Ukrainiens que l’on allait les aider et on les laisse tomber », dénonce l’élu. « La Russie a une responsabilité écrasante, mais les va-t-en-guerre des plateaux télé qui ne prennent pas en compte le contexte historique, la géographie, la réalité sont en train d’engager l’Europe dans un conflit régional qui s’exacerbe et qui va ruiner le continent pour un siècle », accuse l’élu.

Pour Nicolas Dupont-Aignan, le règlement de la crise devra passer par le respect du protocole de Minsk signé en 2014. Il reproche d’ailleurs aux Occidentaux de ne pas avoir été assez fermes avec Kiev sur le respect de cet accord. « Pour moi, au-delà des sanctions qui nous retombent sur la figure, je pense qu’il faut proposer un vrai statut pour l’Ukraine, dans le cadre d’une conférence pour la sécurité en Europe : sa neutralité absolue – dire qu’il n’y aura jamais l’Otan en Ukraine -, et un statut d’autonomie constitutionnelle pour le Donbass », soutient-il. « Ce conflit aurait pu être désamorcé si les accords de Minsk avaient été respectés. L’Occident n’a pas voulu imposer aux Ukrainiens les accords de Minsk. »

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le