Ukraine : « Une guerre nucléaire est tout à fait possible », avertit l’écrivain Vladimir Fédorovski
Invité de notre matinale, l’ancien diplomate Vladimir Fédorovski estime que la capacité de résilience des Russes et le « jusqu’au-boutisme » de Vladimir Poutine ne doivent pas être sous-estimés par les Occidentaux. Selon lui, le dirigeant serait capable, s’il se retrouve « dos au mur », d’avoir recours à l’arme suprême.

Ukraine : « Une guerre nucléaire est tout à fait possible », avertit l’écrivain Vladimir Fédorovski

Invité de notre matinale, l’ancien diplomate Vladimir Fédorovski estime que la capacité de résilience des Russes et le « jusqu’au-boutisme » de Vladimir Poutine ne doivent pas être sous-estimés par les Occidentaux. Selon lui, le dirigeant serait capable, s’il se retrouve « dos au mur », d’avoir recours à l’arme suprême.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Américains et Européens s’apprêtent à durcir leur régime de sanctions contre la Russie. De nouvelles mesures de rétorsion économique contre le régime de Vladimir Poutine, qui poursuit son action militaire en Ukraine, devraient être annoncées jeudi, alors que Joe Biden, le locataire de la Maison Blanche, sera à Bruxelles pour assister à une triple rencontre internationale : un sommet de l’Otan, un sommet du G7 et un sommet de l’Union européenne. Invité mercredi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat, Vladimir Fédorovski, écrivain russe d’origine ukrainienne et ancien conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev, a appelé les Occidentaux à ne pas humilier la Russie, ce qui pourrait, selon lui, conduire à une nouvelle escalade.

« Les Américains veulent un nouvel Afghanistan en Ukraine », soutient Vladimir Fédorovski, en référence à l’invasion du territoire afghan par l’URSS à la fin des années 1980, un conflit dans lequel s’est enlisée l’armée rouge et qui est souvent citée comme l’une des causes de la chute du régime soviétique. « Je sais que les Américains veulent faire du conflit en Ukraine un prélude à la chute de Poutine et de la Russie. C’est aussi un danger parce que si l’on pousse la Russie dos au mur, dans leur détresse, ces gens-là peuvent aller jusqu’à l’utilisation d’armes extrêmes », avertit notre invité.

« Ses forces nucléaires peuvent nous anéantir plusieurs milliers de fois »

« Il faut faire attention quand on parle des armes chimiques, car il y a autour de ça une guerre des suppositions et de la propagande », poursuit Vladimir Fédorovski. « En revanche, une guerre nucléaire est tout à fait possible », lâche-t-il. La Russie a indiqué avoir mis son arsenal en alerte après l’annonce des premières sanctions américaines. « Ses forces nucléaires peuvent nous anéantir plusieurs milliers de fois. »

Vladimir Fédorovski pense que Vladimir Poutine ne reculera devant aucune extrémité pour obtenir satisfaction, le maître du Kremlin réclamant notamment une démilitarisation et un statut neutre pour l’Ukraine, ainsi que la reconnaissance de la Crimée, annexée par Moscou en 2014, comme territoire russe. « Poutine est un enfant abandonné, qui a été formé par la pègre. C’est quelqu’un qui est jusqu’au-boutiste. Dans cette crise il est jusqu’au-boutiste, il ne recule pas », analyse Vladimir Fédorovski.

Il doute également des capacités des sanctions économiques à retourner le peuple russe contre son dirigeant. « Il y a une résilience russe, sous Boris Eltsine les Russes ont vécu dix fois moins bien que sous Poutine. Avec les sanctions, ils vont perdre la moitié de leur pouvoir d’achat », explique-t-il. « Un retournement de l’opinion contre Poutine peut se produire, mais il ne faut pas vivre dans l’illusion. »

Banalisation du risque nucléaire

« Quand Poutine dit qu’un monde sans la Russie ne l’intéresse pas, je pense qu’il reflète le fond de sa pensée. Et cela m’effraie », pointe encore notre invité. Moscou n'utilisera l'arme nucléaire en Ukraine qu'en cas de « menace existentielle » contre la Russie, a fait savoir mardi 22 mars le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, sur la chaîne CNN International. Vladimir Fédorovski estime toutefois que le discours sur le recours aux armes nucléaires s’est « banalisé » depuis le mandat de Donald Trump. On se rappelle, en effet, des échanges entre le milliardaire américain et le dictateur nord-coréen Kim Jong-un, le premier faisant savoir au second dans un tweet qu’il avait à sa disposition « un bouton nucléaire beaucoup plus gros et plus puissant que le sien ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

Sous pression de Boris Vallaud, Olivier Faure mise sur un « comité présidentiel » pour tenter de sortir le PS de la crise interne

La tension continue au PS, où le patron des députés PS, Boris Vallaud, demande que les militants socialistes désignent « avant l’été » leur candidat à la présidentielle. En réponse, Olivier Faure promet un vote « avant juin » sur le « processus présidentiel ». Reste à définir l’objet précis du vote. Pour les amis de Boris Vallaud, la désignation du candidat et la stratégie vont de pair. Mais pour ceux d’Olivier Faure, ça ne va pas de soi…

Le

Ukraine : « Une guerre nucléaire est tout à fait possible », avertit l’écrivain Vladimir Fédorovski
3min

Politique

Propos racistes à l’encontre de Bally Bagayoko : « Si une plainte était déposée, le préfet viendra se constituer partie civile »

Depuis son élection au premier tour à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko subit une vague d’attaques racistes de la part de l’extrême droite sur les réseaux sociaux. Une étape supplémentaire a été franchie ce week-end sur la chaîne CNews où des chroniqueurs ont comparé l’édile Insoumis à un singe et à un chef de tribu. le ministre auprès du ministre de l'Intérieur, Jean-Didier Berger a indiqué que si le maire déposait plainte, le préfet viendra se constituer partie civile. Bally Bagayoko a annoncé, depuis, le dépôt d'une plainte.

Le

Ukraine : « Une guerre nucléaire est tout à fait possible », avertit l’écrivain Vladimir Fédorovski
2min

Politique

Agressions sexuelles dans le périscolaire parisien : le ministre de l’Education écarte la possibilité pour l’Etat de se porter partie civile, pour des raisons juridiques

Interpellé aux questions d’actualité au gouvernement par la sénatrice LR de Paris Agnès Evren sur la possibilité pour l’Etat de se porter partie civile dans les affaires d’agressions sexuelles sur mineurs dans le périscolaire, le ministre de l’Education, Édouard Geffray a écarté cette possibilité pour des raisons juridiques.

Le

Ukraine : « Une guerre nucléaire est tout à fait possible », avertit l’écrivain Vladimir Fédorovski
2min

Politique

Violences sexuelles : « Nous avons besoin de changements absolument majeurs » dans le périscolaire à Paris, demande Ian Brossat

Alors que le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire a fait du périscolaire « une priorité absolue de son début de mandat », le sénateur et co-président du groupe communiste au Conseil de Paris, Ian Brossat a reconnu des failles dans la prise en charge des signalements. « C’est la raison pour laquelle des changements sont indispensables », a-t-il déclaré.

Le