Un mois de prison ferme pour l’agresseur d’une députée En Marche
L'agresseur de la députée de la République en marche Laurianne Rossi, giflée dimanche sur un marché à Bagneux dans les Hauts-de...

Un mois de prison ferme pour l’agresseur d’une députée En Marche

L'agresseur de la députée de la République en marche Laurianne Rossi, giflée dimanche sur un marché à Bagneux dans les Hauts-de...
Public Sénat

Par Paul AUBRIAT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'agresseur de la députée de la République en marche Laurianne Rossi, giflée dimanche sur un marché à Bagneux dans les Hauts-de-Seine, a été condamné lundi à un mois de prison ferme.

L'homme de 63 ans, qui avait reconnu les faits et dont le geste violent avait suscité l'indignation dans la classe politique, a été incarcéré dans la soirée, le tribunal correctionnel de Nanterre ayant délivré un mandat de dépôt.

La peine de six mois d'emprisonnement, dont cinq avec sursis, est conforme aux réquisitions du parquet. Elle a été assortie d'une mise à l'épreuve de deux ans durant lesquels le sexagénaire devra recevoir des soins.

Mme Rossi, 33 ans, élue en juin dans la 11e circonscription des Hauts-de-Seine sous les couleurs du parti du président Emmanuel Macron, distribuait des tracts sur le marché de Bagneux lorsqu'elle a été frappée par un homme, dimanche vers 11H00.

L'agression a eu lieu moins de deux mois après celle subie par une autre élue, la candidate LR Nathalie Kosciusko-Morizet, prise à partie le 15 juin à Paris, trois jours avant le second tour des législatives, alors qu'elle distribuait elle aussi des tracts sur un marché. Son agresseur présumé, le maire d'une petite commune de l'Eure, sera fixé sur son sort le 7 septembre. Quatre mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende ont été requis contre lui.

D'autres responsables politiques ont également été agressés lors de déplacements ces derniers mois, dont Myriam El Khomri, Manuel Valls, François Fillon ou Emmanuel Macron qui, candidat à la présidentielle, avait reçu un oeuf sur le crâne au Salon de l'agriculture.

Concernant l'agression de la députée REM, ce "type de réaction à l'encontre d'une élue empêche toute discussion et compromet très gravement l'ordre public", a considéré lundi la représentante de l'accusation, Hélène Faessel, lors de son réquisitoire.

Laurianne Rossi, qui s'est vu reconnaître une incapacité totale de travail de trois jours et n'était pas présente à l'audience, a obtenu un euro symbolique de dommages et intérêts.

"Manifestement, par cette agression, il a porté atteinte à une élue du peuple pour ses idées, donc à la République et à la démocratie", a soutenu l'avocate de la députée, Me Yolène Bahu.

- "Pris pour un demeuré" -

Le sexagénaire, régleur sur machine à la retraite, autrefois délégué CGT et ancien militant PCF, a admis avoir giflé la parlementaire, en reconnaissant "une bêtise".

"Cette dame (Laurianne Rossi, NDLR) m'a pris pour un demeuré. Je lui ai dit que Macron était un produit marketing de Hollande, Sarko et du Medef, qui avait les médias dans sa botte. Elle s'est mise à rigoler en me prenant pour un idiot", a expliqué le prévenu, disant qu'il ne savait pas qu'elle était députée.

Son avocate, Me Amandine Ponties, a d'ailleurs contesté que la victime soit considérée comme "personne chargée d'une mission de service public", circonstance aggravante retenue par l'accusation, en raison de cette ignorance.

Elle a "regretté que ce dossier ait pris des proportions démesurées".

"Le geste a été plus vif que ma pensée. Je me suis tout de suite excusé", a fait valoir l'agresseur. "C'est pour ça que vous avez pris la fuite?", a ironisé la présidente, en citant plusieurs témoins.

L'hommme avait finalement été arrêté par plusieurs militants avant l'arrivée des forces de l'ordre.

De nombreuses personnalités politiques avaient manifesté leur soutien à l'élue. Emmanuel Macron a appelé à "respecter les élus" dans un message sur Twitter, et le Premier ministre Edouard Philippe a condamné "avec la plus grande fermeté la lâche agression" de la députée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le