Politique
Devant la commission d’enquête du Sénat sur les marges de la grande distribution et de ses fournisseurs, Grand Frais a présenté la singularité de son modèle. L'enseigne a aussi dû se défendre sur plusieurs fronts sensibles.
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Par Public Sénat
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« Les nôtres avant les autres » a résumé Stéphane Ravier sénateur FN de Marseille, en présentant sa proposition d’article additionnel. « Nous considérons que la citoyenneté nationale doit s’appliquer principalement aux citoyens français » a –t-il déclaré avant d’être coupé par des protestations en provenance de la gauche de l’hémicycle. « Dès qu’il y a combat à mener, la gauche évidemment prend la poudre d’escampette. C’est historiquement sa propre ligne » a répliqué l’élu FN.
Si sa proposition d’amendement a été rapidement rejetée, Stéphane Ravier n’a pas été épargné par les réprimandes de ses collègues de tous bords. La vice-présidente UC de la commission des affaires sociales, Élisabeth Doineau, lui a d’abord rappelé que « comme les autres prestations familiales, les allocations familiales sont d’abord versées à toutes les familles résidants dans notre pays quelle que soit leur nationalité à condition qu’elles résident sur notre sol. Cette règle est une déclinaison du principe d’universalité (…) Réserver les allocations familiales aux seules familles comptant au moins un parent français poserait un problème d’égalité, ces familles contribuant au financement de la politique familiale au travers des cotisations versées par leurs employeurs ».
La sénatrice socialiste, Laurence Rossignol prend la parole à son tour. « Que le Front national arrête de s’immiscer dans le débat familial au nom de l’universalité des prestations familiales. Quand on est vraiment pour l’universalité, on ne trie pas entre les enfants nés de parents français et ceux nés de parents étrangers ».
Un peu d’ironie pour le sénateur LREM, Michel Amiel qui « constate que la première dose de vaccin contre la rage fait ses effets, puisque le ton est beaucoup moins agressif ». Le sénateur cite ensuite Chateaubriand, qui n’est pas un auteur de gauche, comme il le rappelle. « En ces temps difficiles, il convient d’accorder notre mépris avec parcimonie tant sont nombreux les nécessiteux ».
Samia Ghali, sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône et donc du même département que Stéphane Ravier, tente de rassurer l’hémicycle. « Moi, je suis vaccinée contre M. Ravier parce que ça fait longtemps que je le pratique. On s’habitue vite. Après, il devient vite un agneau donc ce n’est pas grave ». Et visiblement il y a du vrai dans cette comparaison. Puisqu’après l’explication de vote de la sénatrice, pas vraiment flatteuse pour l’élu FN, Stéphane Ravier préfère en rire.