Une conférence sociale après le grand débat ? « Trop tôt pour répondre », selon Édouard Philippe
Interrogée par le président du groupe socialiste au Sénat, le Premier ministre a indiqué qu’un certain de nombre de questions, sur la sortie du grand débat national, serait tranché par le gouvernement « au fur et à mesure » que la consultation « vivra ».

Une conférence sociale après le grand débat ? « Trop tôt pour répondre », selon Édouard Philippe

Interrogée par le président du groupe socialiste au Sénat, le Premier ministre a indiqué qu’un certain de nombre de questions, sur la sortie du grand débat national, serait tranché par le gouvernement « au fur et à mesure » que la consultation « vivra ».
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le grand débat national est lancé depuis deux jours. Et beaucoup d’interrogations demeurent sur la méthode, l’organisation, son étendue ou encore son épilogue. Le président du groupe socialiste au Sénat a interrogé le chef du gouvernement lors des questions d’actualité ce jeudi.

Premier sujet d’interrogation : le cadre du débat. « Il est une proposition dont nous ne savons plus si nous aurons le droit de la formuler. Je veux bien sûr parler du rétablissement de l’ISF », s’est interrogé Patrick Kanner. « Le président de la République a soufflé le chaud et le froid sur ce point. Qui devons-nous croire ? Le président de la lettre aux Français qui exclut toute remise en cause de sa ligne économique et sociale ou le président du débat en Normandie qui ouvre le droit de parler de l’ISF ? »

Patrick Kanner redoute que le grand débat ne se transforme en « exercice de communication sans suite »

Plus largement, le sénateur du Nord, qui redoute que la séquence ne se transforme en « exercice de communication sans suite », se demande comment la « parole des Français » sera prise en compte au cours des deux prochains mois. Quant à la reprise des avis exprimés, l’ancien ministre a demandé si l’exécutif accepterait la tenue d’une « vraie négociation » avec les partenaires sociaux, comme le réclament certains syndicats.

Dans sa réponse, Édouard Philippe a rappelé que le cadre du débat avait été fixé par le président de la République dans sa lettre aux Français. En énumérant 35 questions, il ne s’agit pas d’empêcher les Français de s’exprimer sur d’autres sujets, selon le Premier ministre.

« La légitimité qui découle de l’élection doit aussi être respectée »

Mais ces opinions risquent de ne pas être retenues. « Nous tiendrons compte des éléments qui sont formulés à l’intérieur du cadre qui a été proposé par le président de la République », a mis au point Édouard Philippe, avant de rappeler que le programme économique avait été tranché en 2017. « La légitimité qui découle de l’élection doit aussi être respectée », a-t-il insisté.

Pour le reste, la forme de la « réponse » aux doléances citoyennes reste encore nébuleuse. « Les Français vont nous donner un certain nombre d’indications. Il appartiendra ensuite au gouvernement, au parlement, à l’ensemble de ceux qui concurrent à l’ensemble du débat public, d’en faire leur miel, de s’en inspirer dans la réponse aux questions profondes et anciennes qui taraudent notre société », s’est contenté de répondre le chef du gouvernement.

Quant à l’hypothèse d’une grande conférence sociale réunissant les partenaires sociaux, Édouard Philippe a déclaré qu’il était « un peu tôt pour répondre à cette proposition », qu’il qualifie néanmoins de « bonne ». « Si ce débat prospère comme nous le souhaitons, alors peut-être faudra-t-il faire droit à cette proposition », selon lui. Et d’ajouter : « Au fur et à mesure que le grand débat vivra, nous pourrons répondre à un certain nombre de questions et de propositions comme celle-ci. »

Face aux critiques de certains responsables politiques, qui ont refusé de participer au grand débat, le chef du gouvernement a prévenu :

« Il faut faire en sorte que ceux qui formulent l’ambition de participer au terme du débat, à la définition des solutions, choisissent d’une façon ou d’une autre de participer au début pendant qu’il a lieu. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Une conférence sociale après le grand débat ? « Trop tôt pour répondre », selon Édouard Philippe
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Service National Universel
7min

Politique

SÉRIE D’ÉTÉ - Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? Le Service national universel (SNU), enterré avant d’avoir été généralisé

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce premier épisode : le Service national universel (SNU), un programme d’engagement au service de la nation, à l’attention des jeunes, et directement inspiré du service militaire.

Le

Documentaire Paris le mystère du palais disparu de Stéphane Jacques
5min

Politique

Paris, le mystère d’un palais disparu

Les promeneurs, touristes ou Parisiens qui déambulent sur le parvis de Notre-Dame, s’imaginent-ils qu’à quelques pas de là se dressait au Moyen Âge, l’une des plus somptueuses résidences d’Europe ? Et surtout, comment, six siècles plus tard, le tout premier palais de nos rois, bâti sur l’île de la Cité, au beau milieu de la capitale, a-t-il pu devenir ce fantôme de l’Histoire ? Dans son documentaire Le mystère du palais disparu, Stéphane Jacques retrace l’enquête menée par un trio de scientifiques spécialistes de la reconstitution numérique.

Le