Une poignée de communes interdisent le « burkini » sur leurs plages

Une poignée de communes interdisent le « burkini » sur leurs plages

En pleine polémique sur le « burkini », quelques mairies côtières de France, de Corse jusqu’au Pas-de-Calais, ont pris des arrêtés pour interdire ce type de tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes, parfois même sans avoir constaté son usage. La mairie LR de Cannes (Alpes-Maritimes) est la première cet été à s’être […]
Public Sénat

Par Vincent-Xavier MORVAN, Julie Pacorel

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

En pleine polémique sur le "burkini", quelques mairies côtières de France, de Corse jusqu'au Pas-de-Calais, ont pris des arrêtés pour interdire ce type de tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes, parfois même sans avoir constaté son usage.

La mairie LR de Cannes (Alpes-Maritimes) est la première cet été à s'être opposée, le 27 juillet, à "une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse, alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’attaques terroristes".

Toute contrevenante sera punie d'une amende de 38 euros, précise l'arrêté. Le directeur général des services de la ville, Thierry Migoule, qui affirme observer ces costumes de bain depuis l'été dernier, estimait dans une interview à l'AFP que ces tenues "font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre".

Mandelieu-la-Napoule, voisine de Cannes, avait pris en toute discrétion un arrêté similaire dès juillet 2013, "à partir de faits constatés", selon le service communication de la ville.

D'autres mairies de droite leur ont emboîté le pas depuis début août, notamment à Villeneuve-Loubet, toujours dans les Alpes-Maritimes. Au Nord, le député-maire LR du Touquet (Pas-de-Calais), Daniel Fasquelle, a annoncé vouloir copier ces initiatives tout en admettant "il n'y a pas de burkini pour le moment au Touquet". Tout comme Michel Py, le maire LR de Leucate (Aude), qui s'apprêtait mardi à signer un arrêté interdisant le "burkini" dans les stations de la commune languedocienne, soit Leucate-plage et La Franqui.

- "Opportunisme politique"-

A Sisco, en Haute-Corse, Ange-Pierre Vivoni (PS) a réuni en urgence son conseil municipal dimanche soir après de graves altercations sur une plage de sa commune, qui auraient éclaté, selon certains témoins, alors que des baigneuses en "burkini" étaient prises en photo par des touristes, ce que l'enquête judiciaire n'a pas permis de confirmer ni d'infirmer jusqu'ici.

Ange-Pierre Vivoni assure vouloir "protéger la population et notamment la population musulmane, car je pense qu'ils sont les premières victimes de ces provocations extrémistes". Pour lui, le "burkini" est "un effet de mode qu'on voit sur toutes les plages en Corse".

Un autre maire socialiste, à Oye-Plage dans le Pas-de-Calais, a annoncé mardi vouloir prendre la même décision après avoir croisé dimanche une femme qui se rendait sur le bord de mer "en cape intégrale, gantée: on ne voyait ni son visage ni ses yeux".

L'arrêté de Mandelieu-la-Napoule, le plus ancien, a été copié textuellement par les autres mairies sur sa définition des tenues interdites. L'accès aux plages y est "interdit à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité".

Une définition floue, qui ne vise pas seulement le "burkini" selon l'avocat du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), Sefen Guez Guez. "Une simple maman voilée sur la plage peut se faire verbaliser", craint-il, dénonçant "une réaction d'opportunisme politique à l'approche de primaires pour 2017".

Après avoir été débouté par le tribunal administratif de Nice, le CCIF attend une décision du Conseil d'Etat sur la légalité de l'arrêté de Cannes, qu'il conteste.

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

Une poignée de communes interdisent le « burkini » sur leurs plages
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le