Une proposition de loi du Sénat veut renforcer la pratique sportive durant le cursus scolaire
Le texte de Michel Savin, président du groupe des « Pratiques sportives et des grands évènements sportifs » du Sénat, propose, entre autres, de rendre obligatoires 30 minutes d’activité physique par jour à l’école.

Une proposition de loi du Sénat veut renforcer la pratique sportive durant le cursus scolaire

Le texte de Michel Savin, président du groupe des « Pratiques sportives et des grands évènements sportifs » du Sénat, propose, entre autres, de rendre obligatoires 30 minutes d’activité physique par jour à l’école.
Public Sénat

Par Pierre Maurer

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Comme le Français ou les mathématiques, Michel Savin veut que le sport devienne une « matière scolaire à part entière ». Le sénateur Les Républicains de l’Isère a déposé une proposition de loi visant à renforcer « la pratique sportive durant le cursus scolaire et universitaire ». Cosigné par 73 sénateurs essentiellement LR et centristes, le texte comporte 3 titres, divisés en 12 articles. Pour Michel Savin et ses collègues, « il est important que la pratique sportive soit enfin reconnue à sa juste valeur dans le cadre du parcours scolaire et universitaire, mais il est également déterminant que les sportifs de haut niveau ou en accession soient mieux soutenus tout au long de leur cursus. Enfin, un effort doit être réalisé sur les équipements, notamment les piscines ».

Point de départ de leur réflexion, le constat confirmé lors de la dernière table ronde au Sénat sur le sujet. « Les médecins et les professeurs nous ont alertés sur la situation de sédentarité que l’on retrouve chez les jeunes. Les chiffres sont inquiétants et les problèmes vont nous sauter à la figure dans 10 ou 15 ans : obésité etc. », explique Michel Savin. « En 1971, un enfant courait 800 mètres en 3 minutes, en 2013 pour cette même distance, il lui en faut 4 ! », tel est le constat réalisé par le Professeur François Carré, rapportent les sénateurs. La sédentarité est quant à elle la 4e cause de mortalité mondiale. Le but de la proposition de loi est donc de mettre en lumière ce phénomène, d’y remédier et de faire de « la pratique sportive un pilier reconnu de l’éducation en France ».

30 minutes d’activité physique obligatoire par jour à l’école

Le premier titre du texte entend ainsi favoriser la pratique sportive tout au long du parcours scolaire. L’article 2 propose de rendre obligatoire la pratique quotidienne de 30 minutes d’activité physique à l’école. « Sans remettre en cause les séances d’éducation physique et sportive, cette mesure doit permettre à chaque jeune de pratiquer une activité physique quotidienne, comme cela est recommandé par toutes les instances médicales et de prévention », est-il écrit. « On souhaite aussi développer les formations des enseignants pour les sensibiliser », ajoute Michel Savin.

Les sénateurs s’inquiètent également du niveau de l’apprentissage de la natation. « On s’aperçoit aujourd’hui qu’il y a plus de piscines qui ferment », alerte le sénateur de l’Isère. « La baisse du nombre d’enfants sachant nager provoque une recrudescence des morts par noyade depuis plusieurs années », souligne le texte. Son article 3 a donc pour objet « d’ajouter l’enseignement de l’aisance aquatique et de la natation à l’article du code de l’éducation portant sur les programmes d’éducation physique et sportive ». « Avec les fermetures d’un certain nombre de piscines, il y a moins de pratique ou les écoles doivent prendre des bus pour aller dans des piscines plus lointaines et ça coûte de l’argent. Certaines écoles privilégient donc d’autres activités », regrette Michel Savin. Les sénateurs demandent également un rapport au gouvernement sur les piscines et sur l’apprentissage de la natation : « Il y avait eu, il y a plusieurs années un plan de 1000 piscines. Mais aujourd’hui, il faut faire un état des lieux », estime Michel Savin.

Enfin à l’université, la proposition de loi veut rendre obligatoire la mise en place d’une politique spécifique pour le développement du sport à l’université et la validation de cette pratique. Afin que ce soit « un parcours sur la totalité du temps scolaire. Il faut que le sport soit une matière à part entière et pas quelque chose de facultatif », insiste Michel Savin. « La loi Égalité et citoyenneté a permis de rendre obligatoire la validation de l’engagement étudiant, il convient de rendre désormais obligatoire la validation de la pratique sportive des étudiants », relève le texte.

Soutenir les sportifs de haut niveau dès le plus jeune âge

Les signataires regrettent dans le même temps que « contrairement à d’autres demandes d’aménagement d’études, les jeunes sportifs français ne soient pas toujours soutenus dans le cadre de leur parcours scolaire et universitaire ». Ils comptent alors mieux accompagner ces sportifs parfois très jeunes. « On constate que dans certaines disciplines, le haut niveau commence très jeune : la natation, la danse. À 15-16 ans on peut avoir une médaille olympique : donc il faut que l’éducation puisse s’adapter aux plannings de ces jeunes, parfois très chargés », abonde Michel Savin. De l’école primaire, à l’université, la proposition de loi veut mieux les encadrer. L’article 6 propose de « renforcer le suivi des sportifs de haut niveau dans le second degré », quand l’article 8 souhaite renforcer « l’individualisation des cursus des sportifs de haut niveau dans l’enseignement supérieur ».

« J’ai vu des entraîneurs qui démarrent les entraînements à 6 heures du matin, avec les cours ça donne des journées très lourdes pour les jeunes sportifs. Plusieurs centaines de jeunes rentrent dans ce créneau. Il faut peut-être étaler un peu plus leur scolarité », suggère Michel Savin. Le président du groupe « Pratiques sportives et grands événements sportifs » au Sénat entend également « harmoniser » les pratiques mises en œuvre. Il donne un exemple : « Le suivi des athlètes de haut niveau à Grenoble se passe bien. Mais ça dépend beaucoup des chefs d’établissement pour le moment ». Pour favoriser encore plus la pratique du sport, le texte prévoit « d’ouvrir les équipements sportifs scolaires hors temps scolaire », qui pourraient ainsi bénéficier aux associations sportives du territoire. Michel Savin martèle son ambition : « L’essentiel, c’est que le sport soit beaucoup plus considéré comme une matière comme les autres ! »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Problème, son projet nécessite de réviser la Constitution, et le sénateur de Vendée a déjà essayé, sans y parvenir ces dernières années.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

Une proposition de loi du Sénat veut renforcer la pratique sportive durant le cursus scolaire
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le