Une proposition de loi pour lutter contre la précarité des AESH en débat au Sénat
Ce jeudi, le Sénat examine une proposition de loi visant à lutter contre la précarité des accompagnants d’élèves en situation de handicap. Le texte, déjà adopté par l’Assemblée nationale, a reçu le feu vert de la commission de la culture et de l’éducation du Sénat, qui veut néanmoins aller plus loin.

Une proposition de loi pour lutter contre la précarité des AESH en débat au Sénat

Ce jeudi, le Sénat examine une proposition de loi visant à lutter contre la précarité des accompagnants d’élèves en situation de handicap. Le texte, déjà adopté par l’Assemblée nationale, a reçu le feu vert de la commission de la culture et de l’éducation du Sénat, qui veut néanmoins aller plus loin.
Public Sénat

Par Steve Jourdin

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Les AESH : un cumul de précarités

 

Ils sont 132 000 en France, des femmes dans l’écrasante majorité (93 %). Les AESH, les accompagnants d’élèves en situation de handicap, cumulent les précarités. Chevilles ouvrières de l’école inclusive, ils suivent près de 400 000 enfants handicapés dans leur cursus scolaire. Mais plus de 80 % d‘entre eux exercent dans le cadre d’un CDD, et gagnent en moyenne 850 euros net par mois, soit un montant de revenu inférieur au seuil de pauvreté. Les auditions menées par la rapporteure la sénatrice Marie-Pierre Monier ont révélé les conditions de travail particulièrement difficiles des AESH. Certaines expressions utilisées par les professionnels entendus sont particulièrement saisissantes : « De l’exploitation pure et simple », « des conditions de travail déshumanisées », « sentiment d’être du sous-personnel », « AESH sous-payés et corvéables », « AESH toujours relégués en dernier ».

La proposition de loi déposée par la députée Michèle Victory (Socialistes et apparentés), adoptée au mois de janvier à l’Assemblée nationale, vise à améliorer leur sort. Elle ouvre notamment la possibilité de recruter les AESH en contrat à durée indéterminée à l’issue d’un seul CDD, contre deux aujourd’hui. Une perspective bien accueillie par les sénateurs de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, qui demandent néanmoins une « réforme structurelle des conditions d’emploi des AESH » dans le cadre de l’acte II de l’école inclusive, annoncé par le ministre de l’Éducation nationale lors de son audition du 8 novembre.

 

Les pistes du Sénat pour une réforme structurelle

 

Dans l’optique d’une grande réforme du statut des AESH, les rapporteurs demandent au gouvernement de plancher sur plusieurs sujets. Parmi ces derniers, les sénateurs appellent à repenser leur formation et leur charge de travail, principaux obstacles à une meilleure intégration sociale.

En outre, le Sénat pointe le manque de personnels au regard de la demande. Depuis 2017, les besoins d’accompagnement des élèves en situation de handicap auraient ainsi augmenté à une « vitesse très soutenue », au point de provoquer une « carence de l’Etat » qui à son tour aurait engendré une « privatisation de l’accompagnement du handicap » selon la rapporteure Marie-Pierre Monier. Pour y remédier, des amendements pourraient être déposés en séance ce jeudi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Une proposition de loi pour lutter contre la précarité des AESH en débat au Sénat
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Une proposition de loi pour lutter contre la précarité des AESH en débat au Sénat
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le