Une proposition de loi sénatoriale veut offrir un nom de famille aux enfants nés sans vie
Un texte déposé par la sénatrice centriste Anne-Catherine Loisier, examiné ce 10 juin, veut donner la possibilité d’un état civil complet aux enfants mort-nés. Cette modification symbolique permettrait d’accompagner le deuil des parents, selon elle, mais n’accorderait pas de droits supplémentaires.

Une proposition de loi sénatoriale veut offrir un nom de famille aux enfants nés sans vie

Un texte déposé par la sénatrice centriste Anne-Catherine Loisier, examiné ce 10 juin, veut donner la possibilité d’un état civil complet aux enfants mort-nés. Cette modification symbolique permettrait d’accompagner le deuil des parents, selon elle, mais n’accorderait pas de droits supplémentaires.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Un sujet lourd va occuper une partie des débats au Sénat ce 10 juin : les enfants nés sans vie. La sénatrice de la Côte-d’Or Anne-Catherine Loisier (Union centriste) a déposé une proposition de loi, permettant aux parents de donner un nom de famille aux enfants sans vie. La modification législative aurait une portée purement symbolique, mais permettrait, selon elle, d’accompagner les parents dans leur deuil.

Une circulaire interministérielle du 19 juin 2009 avait reconnu aux parents le droit de choisir un ou plusieurs prénoms pour leur enfant né sans vie. Le texte d’Anne-Catherine Loisier inscrirait ce droit au niveau de la loi, et irait plus loin en permettant l’inscription dans l’état civil sous un nom. Anne-Catherine Loisier juge que la situation actuelle est « paradoxale », car le lien de filiation n’est pas reconnu, faute de personnalité juridique reconnue à l’enfant sans vie, mais l’acte, transcrit dans le registre des décès, doit pourtant préciser l’identité du père et de la mère. Sans nom, les registres d’état civil en restent à une situation « d’entre-deux », difficilement comprise par les familles. Le texte du Sénat aurait seulement l’avantage d’aller au bout de la logique de « l’inscription mémorielle » à l’état civil, « sans en changer la nature ».

Rapporteure du texte en commission des lois, Marie Mercier (LR), citant un universitaire entendu en audition, parle d’un « accompagnement bienveillant » par le droit. Cette évolution n’ouvrirait aucun droit supplémentaire, notamment en matière de filiation ou de succession. La rédaction a évolué en commission des lois enfin de garantir l’absence d’effet. « L’inscription de prénoms et nom n’emporte aucun effet juridique », précise l'article unique de la proposition de loi. « Je pense qu’il est légitime d’aller au bout du processus d’identification de l’enfant mort-né ou non viable pour mieux l’inscrire dans l’histoire familiale », a expliqué la sénatrice, médecin de profession, lors des débats.

Dans l’exposé des motifs de son texte, Anne-Catherine Loisier rappelle que le sujet du statut des enfants sans vie préoccupait déjà le Médiateur de la République (devenu depuis le Défenseur des droits) il y a seize ans, et que le sujet a fait l’objet d’une recommandation. En juillet 2005, Jean-Paul Delevoye avait demandé une « humanisation » de leur régime juridique. Jusqu’en 2008 par exemple, les parents dont le premier enfant était un enfant sans vie ne pouvaient pas se faire délivrer un livret de famille.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le