Utilisation des fonds européens : le Sénat réclame une vraie décentralisation
Après trois mois de travaux, la mission d’information sénatoriale sur la sous-utilisation chronique des fonds européens en France a rendu son rapport ce mardi. Si elle nuance la sous-utilisation des fonds, elle dénonce un système d’attribution trop complexe, et une répartition inégale sur le territoire.

Utilisation des fonds européens : le Sénat réclame une vraie décentralisation

Après trois mois de travaux, la mission d’information sénatoriale sur la sous-utilisation chronique des fonds européens en France a rendu son rapport ce mardi. Si elle nuance la sous-utilisation des fonds, elle dénonce un système d’attribution trop complexe, et une répartition inégale sur le territoire.
Public Sénat

Par Samia Dechir

Temps de lecture :

1 min

Publié le

Mis à jour le

Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de sous-utilisation des fonds européens en France. Sur les 27,8 milliards d’euros accordés au pays pour la période 2014-2020, 61% des crédits ont déjà été programmés. C’est dans la moyenne des pays européens, dit la mission d’information sénatoriale qui vient de rendre son rapport après trois mois de travaux et une trentaine d’auditions.

Une décentralisation en trompe-l’oeil

Nuancées, mais pas forcément rassurantes pour autant, les conclusions des sénateurs pointent plusieurs difficultés dans la distribution de ces fonds. A commencer par le manque de décentralisation, prévue par la loi mais mal appliquée dans les faits. En 2014, la loi Maptam a bien confié aux régions la gestion des fonds européens. Mais la majorité des demandes de financement est encore instruite par l’Etat. Président de la mission d’information, la sénatrice Laurence Harribey dénonce une décentralisation en trompe-l’oeil, et demande à l’Etat d’aller au bout de ses choix, en donnant aux régions les moyens de leurs compétences.

Utilisation des fonds européens: "Une décentralisation en trompe l'oeil"
00:48


Les fonds européens captés par les grandes structures

Autre recommandation de la mission d’information : simplifier les procédures des demandes de financements européens. Les dossiers à remplir sont complexes, les petites entreprises ou collectivités n’ont souvent pas les ressources nécessaires. Sénateur d’un département rural, le Cantal, Bernard Delcros regrette que la plupart des fonds européens soient captés par les plus grandes collectivités ou les grandes entreprises, celles qui ont l'ingénierie financière suffisante pour monter un dossier de financement.

Fonds européens: "Il faut simplifier les procédures"
00:28

 

Une complexité qui explique sans doute pourquoi, parmi tous les fonds européens reçus par la France, les moins utilisés sont ceux du programme LEADER, destiné à financer les projets des zones les plus rurales. Avec un taux de paiement d’à peine 5%, la France occupe l’avant-dernière place de l’Union européenne dans l’avancement de ce programme.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sophia Chikirou and Jean Luc Melenchon in a meeting for the municipal elections at Mutualite in Paris
6min

Politique

« L'arbitre de la compétition » : aux municipales, LFI veut se rendre indispensable à gauche malgré son isolement

Avec ses centaines de listes indépendantes, La France insoumise (LFI) veut passer un cap à l’échelon local et assume de faire du scrutin des 15 et 22 mars le « premier tour » de l'élection présidentielle. De quoi espérer remporter plusieurs municipalités de banlieue et se mêler à la bataille du second tour dans les grandes villes, où socialistes et écologistes ne pourront se passer des voix insoumises pour l’emporter.

Le

Paris: PY Bournazel reunion publique campagne municipale Paris
7min

Politique

Municipales : faute d’implantation locale, Renaissance contraint de faire profil bas

La formation de Gabriel Attal a fait le choix d’une campagne a minima pour les élections municipales, avec 360 listes menées sur son nom. Faute d’implantation locale, Renaissance a surtout choisi de former des coalitions avec ses partenaires du centre et de droite pour augmenter le nombre de ses conseillers municipaux. Enjamber les municipales pour mieux lancer la campagne présidentielle, c’est le pari de l’ancien Premier ministre.

Le

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le