Vaccination : « L’Etat doit faire confiance aux collectivités », exhorte Dominique Bussereau
Le président de l’Assemblée des départements de France appelle le gouvernement à mettre en place une stratégie vaccinale plus décentralisée, et à laisser les territoires venir en renfort des services de l’Etat.

Vaccination : « L’Etat doit faire confiance aux collectivités », exhorte Dominique Bussereau

Le président de l’Assemblée des départements de France appelle le gouvernement à mettre en place une stratégie vaccinale plus décentralisée, et à laisser les territoires venir en renfort des services de l’Etat.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La stratégie de vaccination ne saurait se passer des collectivités. C’est le message porté par le président du département de Charente-Maritime, et de l’Assemblée des départements de France (ADF), Dominique Bussereau, invité de Bonjour chez vous, ce mercredi. Au lendemain d’un échange entre le ministre de la Santé Olivier Véran et les représentants des territoires, le président de département exhorte le gouvernement à accélérer sa campagne de vaccination. « Je suis conscient des difficultés, de la logistique pour les premiers vaccins notamment, mais on souhaite sortir au plus vite de cette période épouvantable, et il faut que le gouvernement passe la vitesse supérieure en matière de vaccination », réclame-t-il.

Pour Dominique Bussereau, des leçons ont été tirées, depuis le printemps dernier, où de nombreux dysfonctionnements entre les Agences régionales de santé (ARS) et les collectivités avaient entravé la lutte contre la pandémie à l’échelle territoriale. « C’était un fonctionnement hypercentralisé », commente-t-il. « Depuis, les ARS ont appris à plus parler avec les élus, mais les comités Théodule restent très nombreux au ministère de la santé, c’est la valse des responsables, qui ne cessent de changer, et tout cela pourrait fonctionner de manière moins technocratique et centralisée. » Aujourd’hui, l’Etat a validé la mise en place d’une stratégie plus décentralisée, avec un rôle plus important accordé aux préfets et aux élus du territoire dans l’organisation de la campagne vaccinale. « Plus on ira sur le terrain, plus on sera efficaces », revendique Dominique Bussereau. « L’Etat doit faire confiance aux collectivités pour mettre en place ensemble cette campagne de vaccination. Pour l’heure, nous sommes entendus, nous verrons dans le futur si nous sommes écoutés. »

« L’Etat sait, les collectivités savent moins bien »

Car le président de l’ADF insiste : les collectivités disposent des armes nécessaires pour mener le combat de la vaccination. « Dans mon département, nous avons des médecins et des infirmiers mis à disposition de l’ARS pour participer aux opérations de vaccination, nous avons tous les moyens de transport, les lieux, pour la logistique. Nous pouvons fournir l’enveloppe globale de régulation et d’accélération à l’échelle d’un département. » S’il est confiant dans la capacité de l’Etat à mener à bien cette campagne de vaccination, Dominique Bussereau, qui vit ses derniers mois d’élu territorial, puisqu’il ne se représentera pas en juin 2021, regrette la persistance de « cette tradition française » : « L’Etat sait et les collectivités savent moins bien ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Vaccination : « L’Etat doit faire confiance aux collectivités », exhorte Dominique Bussereau
2min

Politique

Affaire Lyhanna : Muriel Jourda n’écarte pas « un problème structurel qui a pu conduire à ce drame épouvantable »

Après l’audition du ministre de la Justice et du ministre de l’Intérieur sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, la présidente de la commission des lois du Sénat, Muriel Jourda (LR) évoque la possibilité « d’un problème structurel » dans le fonctionnement du service public de la justice. Elle préconise d’attendre le passage en revue des 70 000 plaintes pour crime et délit concernant des enfants d’ici la fin du mois de juillet, pour se prononcer.

Le

marche ok
9min

Politique

Affaire Lyhanna : la recherche de « boucs émissaires » risque d’éclipser les raisons plus « systémiques », mettent en garde les sénateurs

Alors que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, « pense » qu’il y a avant tout « des défaillances » dans cette affaire, les sénateurs de la commission des lois estiment que les raisons sont multiples. Dominique Vérien pointe la faiblesse des consignes du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le manque de moyens est aussi relevé. « Les magistrats travaillent comme des dingues, faudra sortir du déni et de l’aveuglement », alerte la sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie.

Le