Valls acte sa rupture avec le PS et rejoint le groupe REM à l’Assemblée
L'ancien Premier ministre Manuel Valls a acté mardi son divorce avec le PS, un parti où il militait depuis 37 ans, et rejoint les...

Valls acte sa rupture avec le PS et rejoint le groupe REM à l’Assemblée

L'ancien Premier ministre Manuel Valls a acté mardi son divorce avec le PS, un parti où il militait depuis 37 ans, et rejoint les...
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Par Stéphanie LEROUGE

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L'ancien Premier ministre Manuel Valls a acté mardi son divorce avec le PS, un parti où il militait depuis 37 ans, et rejoint les rangs de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale.

"Une partie de ma vie politique s'achève. Je quitte le Parti socialiste, ou le Parti socialiste me quitte", a déclaré l'ancien Premier ministre de François Hollande, qui entend siéger "dans la majorité" d'Emmanuel Macron.

Selon une source parlementaire, M. Valls rejoint comme député apparenté le groupe République en marche. Son intégration a été approuvée par un vote à main levée des députés REM mardi matin.

L'annonce de M. Valls conclut de façon logique une trajectoire entamée de longue date et sanctionne aussi son échec à mettre sur pied un groupe de centre-gauche en appui de la majorité présidentielle. Il y a quelques années, il avait déjà plaidé pour un changement de nom du PS.

Battu en janvier à la primaire de la "Belle Alliance populaire", Manuel Valls avait soutenu Emmanuel Macron avant le premier tour de l'élection présidentielle, aux dépens du vainqueur de la primaire Benoît Hamon.

Une "trahison" vivement condamnée par ses camarades et qui lui avait valu d'être déféré devant la commission des conflits du parti début avril.

Interrogé le 8 juin sur une éventuelle exclusion de l'ancien Premier ministre socialiste, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis avait annoncé par avance le départ de M. Valls: "Je crois qu’il a décidé de ne plus être au PS, donc la question ne se posera plus dans quelques semaines", avait-il confié à Buzzfeed.

- Une 'voix républicaine à gauche' -

M. Valls, après avoir brigué en vain l'investiture de la REM, s'était présenté en "homme libre" aux législatives, qu'il a remportées d'un cheveu face à la candidate LFI Farida Amrani. Celle-ci a annoncé qu'elle déposerait un recours devant le Conseil constitutionnel mercredi.

Le député de l'Essonne, qui avait annoncé qu'il siègerait sur "les bancs de la gauche", et qui a caressé pendant plusieurs mois le projet de constituer avec ses proches un groupe de députés "sociaux-démocrates" faisant le pendant du MoDem au côté de la REM, n'est finalement pas parvenu à ses fins.

La République en marche ne lui a pas facilité la tâche, présentant des candidats face à la quasi-totalité de ses proches: Malek Boutih, Juliette Méadel, André Viola, Philippe Doucet, David Habib, Olivier Dussopt. Seuls ces deux derniers ont finalement été élus, mais ils n'étaient pas pour autant prêts à quitter le groupe PS.

Depuis jeudi, les tractations allaient bon train pour tenter de mettre sur pied un groupe de gauche "constructive" incluant des radicaux, des ultramarins, des divers gauche et des écologistes. Mais ces tentatives n'ont finalement pas abouti.

Quel rôle jouera Manuel Valls dans la future majorité ? "Je sais qu'il n'aura pas un rôle éminent, il ne l'a pas souhaité et aujourd'hui la nouvelle génération de La République en marche ne l'accueillerait pas en cela", a répondu le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

Sur RTL, M. Valls a dit son souhait d'être le porte-voix d'une gauche "républicaine". "Moi je défendrai dans cet hémicycle, dans les mois et les années qui viennent une certaine idée de la France, de la République, de la manière dont on vit ensemble, de la laïcité. Cette voix républicaine à gauche je veux la faire vivre", a-t-il affirmé.

L'ancien ministre de l'Intérieur, dont les prises de position ont parfois déclenché de vives polémique, comme sur la burqa l'été dernier, a livré mardi matin à Libération une interview où il enfourche ses principaux chevaux de bataille. Dénonçant la "complaisance à gauche à propos du terrorisme", il y estime notamment que Jean-Luc Mélenchon est "dangereux" et que la France insoumise "se compromet avec l'islam politique voire avec les islamistes".

Au PS, peu de réactions au départ de M. Valls. "Manuel Valls, l'ultime déchéance", a tweeté le président du MJS Benjamin Lucas, proche de Benoît Hamon.

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