L'ex-Premier ministre Manuel Valls, soupçonné publiquement par le candidat socialiste Benoît Hamon de préparer un appel à voter Emmanuel Macron, réunit à nouveau ses proches mardi à l'Assemblée nationale, a-t-on appris auprès de son entourage.
Le finaliste défait de la primaire socialiste, qui a vivement critiqué et refusé de parrainer Benoît Hamon, s'exprimera devant environ 60 à 70 parlementaires à partir de 17H00 à la questure de l'Assemblée, selon des proches.
Manuel Valls, qui déjeunera comme tous les mardis avec le cercle restreint de ses fidèles, est "partagé" comme son entourage entre deux options, selon un de ses lieutenants.
Une première option consisterait à faire savoir avant le premier tour qu'il votera pour M. Macron, un soutien qui "vaudrait plus cher" que celui, quasi automatique, qu'il pourrait faire en cas de second tour Macron-Le Pen ou Macron-Fillon, résume ce proche.
Cette option est notamment défendue en coulisses par plusieurs membres du premier cercle, comme le chef de file des sénateurs PS Didier Guillaume, le député Malek Boutih ou le maire d'Évry Francis Chouat.
Benoît Hamon (d) et Manuel Valls, le 29 janvier 2017 à Paris
AFP
Autre possibilité, défendue notamment en privé par ses anciens porte-parole pendant la primaire Olivier Dussopt et Mathieu Klein: ne pas donner de consigne de vote avant le premier tour, sauf si l'hypothèse d'un duel Fillon-Le Pen remontait dans les sondages.
Entre les deux options, "le débat a toujours lieu", assure ce fidèle. "Il n'annoncera pas mardi qu'il vote Macron, ça c'est certain", explique à l'AFP un autre lieutenant, qui s'attend toutefois à ce que M. Valls fasse un pas de plus en ce sens.
L'ancien Premier ministre a déjà acté son divorce, en annonçant qu'il ne parrainait pas M. Hamon et en signant dans le JDD une tribune assassine où il a éreinté le programme du candidat PS, l'accusant de "trahir le passé de (sa) famille politique" et de "livrer la France à ceux qui préparent le pire des avenirs".
Dimanche soir sur France 2, Benoît Hamon avait dénoncé les "coups de couteau dans le dos" plantés par des "caciques qui veulent rester au pouvoir" et avec qui "il n'aurait pas gouverné".
"On m'annoncerait même la semaine prochaine une mise à mort avec le ralliement de Manuel Valls à la candidature d'Emmanuel Macron", a-t-il lâché.
Une cinquantaine de députés et sénateurs socialistes ont déjà parrainé Emmanuel Macron, selon un décompte de l'AFP, dont une grosse quinzaine soutenait M. Valls à la primaire socialiste.
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