Vidéosurveillance dans les abattoirs: l’Assemblée vote une expérimentation
L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de dimanche à lundi le principe d'une expérimentation de la vidéosurveillance dans des...

Vidéosurveillance dans les abattoirs: l’Assemblée vote une expérimentation

L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de dimanche à lundi le principe d'une expérimentation de la vidéosurveillance dans des...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de dimanche à lundi le principe d'une expérimentation de la vidéosurveillance dans des abattoirs volontaires pour veiller au bien-être animal, plutôt qu'une obligation de caméras, après de vifs échanges.

Les députés ont voté à main levée un amendement de Loïc Dombreval (LREM) au projet de loi agriculture et alimentation en faveur de cette expérimentation de caméras aux postes de saignée et de mise à mort, pour deux ans et avec l'accord des représentants du personnel. Ces vidéos seront consultables en interne, à des fins d'autocontrôle, et par les services vétérinaires.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a donné un avis de "sagesse positif" à la mesure, qu'il a présentée comme un "compromis". "Je préfère que les inspecteurs vétérinaires accompagnent et (le cas échéant) sanctionnent plutôt que les installer derrière des écrans vidéos", a-t-il aussi lancé.

L'amendement d'Olivier Falorni (non-inscrit) qui prévoyait une obligation de la vidéosurveillance a été rejeté. Le député avait présidé en 2016 la commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs, créée après les images chocs d'abattoirs diffusées par l'association L214, montrant des bêtes mal étourdies ou accrochées vivantes notamment.

"Régression et reniement", a accusé sur twitter le député, au temps de parole très réduit, voyant dans l'expérimentation "un rideau de fumée grotesque".

M. Falorni était parvenu à faire voter par l'Assemblée en janvier 2017 l'obligation de caméras dans les abattoirs, via sa proposition de loi sur le "respect de l'animal en abattoir", qui n'a jamais été adoptée définitivement.

L'Assemblée nationale "préserve l’opacité des abattoirs", a tweeté dans la nuit L214.

"Face à des vidéos d’abattoirs isolées mais qui nous heurtent tous, nous défendons une solution équilibrée pour le bien-être animal: formation & sensibilisation plutôt que stigmatisation d’une profession", a estimé le groupe majoritaire LREM sur le même réseau social.

Mais le sujet a divisé la plupart des camps. Porte-parole LREM, Aurore Bergé a ainsi estimé que "la transparence rétablit la confiance", ajoutant que "nous avons pris un engagement et nous devons nous y tenir", en référence à la promesse du candidat Macron de mettre en place cette vidéosurveillance dans les abattoirs. Au total, neuf députés LREM ont voté l'amendement Falorni.

"Est-ce qu'on veut un big brother?", a interrogé à l'inverse leur collègue "marcheur" Nicolas Démoulin, demandant s'il faudrait également des caméras par exemple dans les établissements pour personnes âgées.

La droite s'est montrée également partagée, Éric Diard plaidant que la vidéo est un gage de "protection des salariés" mais Jean-Charles Taugourdeau évoquant un "engrenage hallucinant".

Les élus MoDem se sont dits favorables à une expérimentation permettant de "poser des jalons" notamment face à une opinion publique très favorable aux caméras.

Le projet de loi prévoit par ailleurs le doublement des sanctions en cas de mauvais traitements sur les animaux (portées à un an d'emprisonnement et à 15.000 euros d'amende), et la création d’un nouveau délit visant à réprimer les mauvais traitements envers les animaux commis dans les transports et les abattoirs.

Dans chaque abattoir, une personne responsable de la protection animale devra en outre être désignée. De plus les lanceurs d'alerte parmi le personnel seront protégés, ont voté les députés.

Partager cet article

Dans la même thématique

Vidéosurveillance dans les abattoirs: l’Assemblée vote une expérimentation
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Vidéosurveillance dans les abattoirs: l’Assemblée vote une expérimentation
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le