Violences conjugales : Valérie Létard propose une aide financière d’urgence
La sénatrice (Union centriste) Valérie Létard a déposé une proposition de loi pour créer une « aide universelle d’urgence » destinée aux victimes de violences conjugales. Un dispositif imaginé pour lever les freins au départ du domicile.

Violences conjugales : Valérie Létard propose une aide financière d’urgence

La sénatrice (Union centriste) Valérie Létard a déposé une proposition de loi pour créer une « aide universelle d’urgence » destinée aux victimes de violences conjugales. Un dispositif imaginé pour lever les freins au départ du domicile.
Public Sénat

Par Samia Dechir

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est le fruit d’un travail collectif, mené sur son territoire : le Nord, deuxième département le plus touché par les violences conjugales en France métropolitaine. Valérie Létard a assisté aux réunions de coordination de tous les acteurs concernés. Associations, travailleurs sociaux, police, acteurs judiciaires, tous identifient un même frein qui complique souvent le départ du domicile : le manque de ressources.

 

Emprise financière

 

Qu’elles travaillent ou non, les victimes de violences conjugales qui décident de partir peuvent se retrouver pendant un temps sans aucune ressource. « Beaucoup d’entre elles n’ont pas accès au compte bancaire familial, même quand elles travaillent, elles n’ont pas accès à leur carte bleue », explique Valérie Létard. Si elles font une demande de RSA, il faut attendre plusieurs semaines avant de toucher le premier versement. « Il y a une période de latence pendant laquelle on peut se retrouver sans solution et qui peut durer un, deux, trois mois », raconte la sénatrice du Nord. Une situation qui peut faire renoncer au départ, ou forcer celles qui ont franchi le pas à revenir en arrière. « Il y a un réel manque, un trou dans le dispositif » s’inquiète la sénatrice du Nord. D’où l’idée de créer une aide d’urgence.

 

Prêt à taux zéro

 

Pour ces quelques semaines ou quelques mois de carence, l’élue centriste propose donc de créer une aide d’urgence. Un prêt débloqué en 48 heures par la caisse d’allocations familiales à toute victime de violence ayant déposé une plainte ou fait une demande d’ordonnance de protection. D’un montant équivalent au RSA, ce prêt à taux zéro pourrait être versé pendant trois mois. Son remboursement, sans aucun intérêt, serait étalé dans le temps en fonction des capacités financières de la victime.

 

Partir sans rien

 

Les associations d’aide aux victimes saluent la proposition. « Ces temps de transition, ce sont les plus difficiles, aussi bien concernant la garde des enfants que les soucis financiers » confirme Yvonne Guichard-Claudic, présidente de l’association « l’Abri côtier - Urgence femmes » à Concarneau. « Ça dure en général quelques semaines, mais c’est beaucoup quand on a des enfants à charge. Si la personne part dans l’urgence d’une scène de violence il peut arriver qu’elle parte sans rien et que l’accès aux ressources financières soit difficile ». Parfois, son association débloque de petites sommes pour aider ces femmes qui n’ont aucune solution immédiate. Mais les moyens d’une petite structure sont limités.

 

Consensus transpartisan

 

Cosignée par une trentaine de sénateurs centristes, la proposition de loi va être envoyée aux autres groupes politiques. « C’est un sujet porté par tous les groupes, on ne peut qu’y être favorable, quelle que soit notre appartenance » veut croire Annick Billon, présidente (centriste) de la délégation sénatoriale aux droits des femmes. A gauche, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol se dit prête à soutenir le texte. « La proposition qu’elle fait est assez facile à mettre en place, parce que ces femmes sont souvent déjà allocataires de la CAF, donc ça permet d’aller très vite. Je trouve ça très bien » explique l’ancienne ministre aux droits des femmes.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Illustrations Senat
3min

Politique

Municipales : pourquoi le scrutin aura un impact sur les sénatoriales ?

Ils sont près de 162 000, votent à bulletin secret et ne peuvent pas s’abstenir. Députés, élus locaux et surtout représentants des conseils municipaux composent le collège des « grands électeurs », chargés d’élire les sénateurs. Ce mode de scrutin, propre à la Ve République, façonne durablement les équilibres politiques nationaux en donnant un rôle central aux élus locaux et en inscrivant les rapports de force territoriaux au cœur du Parlement.

Le

Paris: vote 1er tour elections municipales
1min

Politique

Municipales 2026 : qu’est ce que la prime majoritaire ?

Le code électoral définit les modalités d’attribution des sièges du conseil municipal, chargé d’élire le maire lors de sa première réunion. Retour sur le principe de la « prime majoritaire », qui permet à la liste arrivée en tête d’occuper la majorité des sièges du conseil municipal.

Le

Illustration of the posters for the 2026 municipal elections
2min

Politique

Municipales 2026 : que risque-t-on en déchirant une affiche électorale ?

A l’approche d’un second tour des élections municipales incertain dans de nombreuses villes, les affiches électorales des candidats sont fréquemment la cible de détracteurs. La loi française interdit pourtant toute atteinte aux affiches électorales : que risque celui qui tague ou déchire une affiche ?

Le

Violences conjugales : Valérie Létard propose une aide financière d’urgence
6min

Politique

L'Union européenne s'empare de la crise du logement

Ces huit dernières années, les prix des logements dans l’UE ont enregistré une hausse de 48 % en moyenne, tandis que les loyers ont augmenté de 18 %. Un ménage sur 10 est forcé de consacrer 40 % de ses revenus à son habitation, un niveau considéré comme critique. Des chiffres qui font trembler les murs de la maison européenne. Face à cette crise, dont les causes sont multiples, l'Europe a choisi de réagir. Si le logement relève essentiellement de la compétence des États, la Commission et le Parlement s’emparent désormais du sujet. Quelles mesures sont envisagées à l'échelle du continent ? Éléments de réponse dans Ici l'Europe, avec les eurodéputés Dirk Gotink (Pays-Bas, PPE), Dario Nardella (Italie, S&D) et Nicolae Stefanuta (Roumanie, Verts).

Le