Violences obstétricales, épisiotomie: bronca des gynécologues contre Schiappa
Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a protesté lundi contre "les informations fausses"...

Violences obstétricales, épisiotomie: bronca des gynécologues contre Schiappa

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a protesté lundi contre "les informations fausses"...
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Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a protesté lundi contre "les informations fausses" relayées par la secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, qui a affirmé qu'il y avait "75% d'épisiotomies" en France et commandé un rapport sur les violences obstétricales.

"Non Madame la secrétaire d'État, les obstétriciens ne maltraitent pas leurs patientes et entendent à leur tour ne pas l'être par une secrétaire d'État mal informée", écrit lundi le président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), le professeur Israël Nisand.

Dans une lettre ouverte à Mme Schiappa, les membres du CNGOF se disent "à la fois surpris et profondément choqués" par "le relais" qu'elle donne, jeudi devant le Sénat, à "des informations fausses".

Ils mettent en cause les propos tenus par la secrétaire d'Etat devant la Délégation aux Droits des femmes. "En France, on a un taux d'épisiotomies à 75%, alors que l'OMS préconise d'être autour de 20-25%", avait-elle dit.

Il y a des "pratiques obstétricales non consenties avec notamment des violences obstétricales, semble-t-il, particulièrement sur les femmes étrangères, les femmes très jeunes, et les femmes handicapées", avait ajouté Mme Schiappa, annonçant avoir commandé un rapport sur le sujet au Haut conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes (HCE).

"Vos chiffres sont faux", lui rétorque le CNGOF. Selon lui, "la dernière évaluation officielle et publique réalisée en 2010 rapportait 27%, avec une réduction de moitié depuis le décompte précédent qui était de 55% en 1998".

"Lorsque vous parlez de violences obstétricales, vous maltraitez notre profession dans son ensemble", poursuit le Collège, jugeant "injuste et néfaste" "d'induire une telle perte de confiance envers les gynécologues et obstétriciens".

Dans un communiqué, Marlène Schiappa a précisé lundi qu'elle avait cité une étude réalisée en 2013 par l'association Maman Travaille, qu'elle a fondée. Sur 983 mères interrogées, "75% d'entre elles disaient avoir subi une épisiotomie", dit-elle.

"Les disparités de ressentis sont réelles entre les femmes et les obstétriciens, qui consacrent leur vie à la santé des femmes. Il n'appartient pas au gouvernement de dire quelle est la réalité des chiffres, mais d'apporter une réponse aux femmes qui font part de leurs souffrances", a justifié Mme Schiappa, confirmant "la nécessité" de lever "le tabou" des violences obstétricales.

Le rapport commandé au HCE permettra "un état des lieux pour objectiver le phénomène, le quantifier et identifier les problématiques. Les gynécologues obstétriciens y seront bien évidemment largement associés", a-t-elle ajouté.

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