Visite en Grèce de Hollande, décidé à peser dans le débat européen
Bien décidé à continuer à peser dans le débat européen, l'ancien président de la République François Hollande va défendre à...

Visite en Grèce de Hollande, décidé à peser dans le débat européen

Bien décidé à continuer à peser dans le débat européen, l'ancien président de la République François Hollande va défendre à...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Bien décidé à continuer à peser dans le débat européen, l'ancien président de la République François Hollande va défendre à nouveau sa vision d'une Europe à plusieurs vitesses, lors d'un voyage jeudi et vendredi en Grèce.

Pas de visée électorale, selon son entourage. Mais trois ans après le sauvetage de la Grèce, dans lequel la France avait joué un rôle décisif, l'ancien président de la République confie à l'AFP vouloir rappeler que "l'Europe peut apporter des solutions" dans un "esprit de responsabilité et de solidarité" et "faire valoir qu'il y a des pays qui ont fait beaucoup de sacrifices pour rester dans la zone euro". Il veut aussi mettre sur la table un certain nombre de propositions, à quelques mois des européennes.

En attendant, François Hollande se saisit de toutes les occasions pour ne pas se faire oublier, voire provoquer le "buzz". Il a profité de l’œil d'une caméra à Brives, lors de la promotion de son livre "Les leçons du pouvoir", pour glisser à l'une de ses lectrices: "Je vais revenir".

Une séquence qui a fait le tour du net français, alors qu'il avait dit en août n'être "jamais parti de la vie politique".

"C'est caractéristique de ces petites phrases qui n'ont pas forcément autant de sens que ce qu'on voudrait leur donner", commente auprès de l'AFP l'ancien ministre Michel Sapin, qui continue de travailler auprès de M. Hollande. "Il est dans le paysage. Il y tient. (...) Peut-être que la dame n'avait pas vu qu'il est déjà revenu", s'amuse-t-il.

A Brive, M. Hollande a aussi réagi à la grogne des "gilets jaunes" contre la fiscalité des carburants. "Des taxes, moi-même j'en avais décidées. Mais pas autant. Il faut lisser ça dans le temps, et il faut faire varier ça selon le prix du pétrole", a-t-il affirmé à CNews.

- Risque de "blocage" -

Au programme grec, une visite du camp de réfugiés d'Eleonas, dans la banlieue d'Athènes, une conférence débat avec de jeunes francophones, un dîner avec le président Prokopios Pavlopoulos et un entretien avec le Premier ministre, Alexis Tsipras.

Outre un "approfondissement de l'Union économique et monétaire", M. Hollande souhaite un "dépassement" de l'Europe, seul capable d'éviter la "crispation identitaire".

Pour opérer ce dépassement, il faut selon lui se résoudre à une Europe à plusieurs vitesses, avec un noyau de pays volontaires pour "aller plus vite" sur l'écologie, les industries d'avenir, l'harmonisation fiscale, la taxation des géants du web, la taxe sur les transactions financières, la question des réfugiés... "peut-être en commençant par la France et l'Allemagne".

"Le risque pour l'Europe, c'est le blocage. C'est que plus rien n'avance (...) Il faut offrir de nouvelles étapes", estime M. Hollande, qui avait déjà plaidé en mars 2017 pour une Europe différenciée.

L'ancien président, qui a passé deux jours en Belgique la semaine dernière, se rendra la semaine prochaine en Allemagne, toujours dans l'objectif de "porter la voix de la gauche et de la sociale-démocratie" en Europe, selon son entourage.

- Royal "sincère" -

Mais "François Hollande ne s'impliquera pas dans la campagne" des européennes. A la différence, peut-être, de son ancienne ministre et ancienne compagne Ségolène Royal. "Il se voit comme une vigie", dit son entourage.

Interrogé par l'AFP sur l'éventuelle candidature de Mme Royal, M. Hollande l'encourage discrètement. "Il y a un espace favorable. Les électeurs qui seraient tentés de voter pour En Marche, le seraient davantage pour marquer un soutien à l'Europe qu'un soutien au gouvernement (...) C'est en ce sens qu'une candidature socialiste peut gêner En Marche", observe-t-il.

Pense-t-il que Mme Royal pourrait se laisser convaincre ? "Je pense qu'elle est particulièrement sincère quand elle dit qu'elle s'interroge", répond-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le

PARIS. Marine Le Pen prostest in front of French senat
8min

Politique

Sénatoriales 2026 : le RN veut « tripler » son nombre de sénateurs et rêve de créer un groupe

Le RN se prépare dès maintenant pour les sénatoriales de septembre 2026. « Nous avons la volonté de doubler voire de tripler notre nombre de sénateurs », annonce à publicsenat.fr Ludovic Pajot, nommé directeur de campagne, soit frôler les dix sénateurs, permettant de créer un groupe. Mais avant cela, le parti devra réussir les municipales. Il entend, cette fois, éviter les « brebis galeuses ». Il cherche des candidats présentables, capables de « gérer une ville ».

Le