Vote mercredi à l’Assemblée selon une procédure rare et sans risque pour l’exécutif
Débat sur la crise des "gilets jaunes" et in fine vote des députés sans engagement de la responsabilité du gouvernement: la...

Vote mercredi à l’Assemblée selon une procédure rare et sans risque pour l’exécutif

Débat sur la crise des "gilets jaunes" et in fine vote des députés sans engagement de la responsabilité du gouvernement: la...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Débat sur la crise des "gilets jaunes" et in fine vote des députés sans engagement de la responsabilité du gouvernement: la procédure utilisée mercredi par Édouard Philippe est prévue par la Constitution mais n'a jamais été mise en œuvre sur un sujet brûlant d'actualité.

En lieu et place des traditionnelles questions au gouvernement et du vote reporté sur le projet de loi justice, le chef du gouvernement fera une déclaration "sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d'achat".

Elle sera suivie de 3H30 au total d'interventions d'orateurs des groupes politiques, dont la moitié du temps pour les oppositions - les non-inscrits n'ont que 5 minutes, ce qu'a déploré Marine Le Pen (RN) privée d'intervention.

En fin de journée, un vote sur la déclaration du gouvernement aura lieu dans les salons voisins de l'hémicycle, durant 30 minutes. Le résultat ne devrait pas être connu avant 20H00.

Bis repetita jeudi devant le Sénat, mais avec un débat resserré et sans scrutin.

"Le vote (mercredi) sera regardé. J'ai confiance", a déclaré mardi le Premier ministre devant les députés de la majorité.

Le gouvernement a décidé de recourir à l'article 50-1 de la Constitution, introduit par la réforme de 2008, qui prévoit qu'une telle déclaration est possible, "de sa propre initiative ou à la demande d'un groupe parlementaire", sur "un sujet déterminé".

"S'il le décide", est organisé un vote sans engagement de sa responsabilité, c'est-à-dire sans risque de devoir démissionner en cas de mise en minorité, ce qui est bien différent de l'article 49. Ce dernier prévoit un engagement de responsabilité sur un programme ou une déclaration de politique générale (49-1) ou encore sur un texte (49-3).

Par un courrier mardi au chef du gouvernement, transmis à l'AFP, les députés communistes ont d'ailleurs demandé communication du texte sur lequel ils auront à voter, ce qu'Huguette Bello (La Réunion) a appelé le "document de sortie de crise", tellement la procédure leur paraît incongrue.

Les déclarations suivies de débats, sur la base du 50-1, sont relativement fréquentes et sur des sujets très variés: sur l'avenir de l'Union européenne en octobre 2017, sur les opérations extérieures un an avant, sur la fin de vie, l'accord européen sur la Grèce, l'accueil des réfugiés et l'agriculture en 2015.

Les votes sont beaucoup moins courants, et ont porté jusqu'alors sur les programmes de stabilité budgétaire transmis à Bruxelles, comme en avril dernier. Le premier usage de l'article 50-1, en 2010, avait permis un débat d'orientation sur les finances publiques, avec vote à la clé. Mais sans engagement de responsabilité, ce qu'avaient déploré certains députés.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le

PARIS. Marine Le Pen prostest in front of French senat
8min

Politique

Sénatoriales 2026 : le RN veut « tripler » son nombre de sénateurs et rêve de créer un groupe

Le RN se prépare dès maintenant pour les sénatoriales de septembre 2026. « Nous avons la volonté de doubler voire de tripler notre nombre de sénateurs », annonce à publicsenat.fr Ludovic Pajot, nommé directeur de campagne, soit frôler les dix sénateurs, permettant de créer un groupe. Mais avant cela, le parti devra réussir les municipales. Il entend, cette fois, éviter les « brebis galeuses ». Il cherche des candidats présentables, capables de « gérer une ville ».

Le