Wauquiez ou l’opposition tous azimuts à Macron
CSG, terrorisme, révision constitutionnelle et désormais les frappes en Syrie: Laurent Wauquiez déroule son opposition tous...

Wauquiez ou l’opposition tous azimuts à Macron

CSG, terrorisme, révision constitutionnelle et désormais les frappes en Syrie: Laurent Wauquiez déroule son opposition tous...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

CSG, terrorisme, révision constitutionnelle et désormais les frappes en Syrie: Laurent Wauquiez déroule son opposition tous azimuts à Emmanuel Macron, une stratégie qui fédère ses soutiens au sein des Républicains mais provoque aussi le clivage dans son propre camp.

Les membres de la majorité qui ironisaient sur le "silence assourdissant" de la droite au sujet des frappes contre le régime de Bachar al-Assad n'ont pas été déçus. Dans un entretien au JDD, M. Wauquiez explique que s'il "soutien(t) par principe notre armée quand elle combat", il "ne croi(t) pas à l'utilité de frappes punitives" et dénonce l'absence d'une "quelconque stratégie" du chef de l'État.

Rien, ou presque, ne trouve grâce aux yeux du président de LR dans la politique d'Emmanuel Macron, de la fiscalité à la loi asile et immigration en passant par la révision constitutionnelle. Seul satisfecit, la réforme de la SNCF qui, "même si elle est incomplète, va dans la bonne direction".

"C'est simple: jusqu'à la fin de l’année, tout ce que fait Macron, LR va être contre", dénonce-t-on dans l'entourage de Valérie Pécresse, rivale du président d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Mais "la stratégie de Wauquiez est claire, il sait où il veut aller et procède étape par étapes", rétorque un de ses soutiens.

L'intéressé s'est toutefois défendu de toute opposition systématique, lundi soir, au 20H de France 2: "L'opposition que je veux reconstruire, elle est ferme, elle est déterminée, elle défend clairement ses convictions", a fait valoir le patron de LR, "mais elle ne sera jamais sectaire".

Première priorité, relever le parti. "J'ai récupéré une boutique silencieuse, une opposition sans chef, avec une partie de la droite qui n'avait plus envie, 55 millions de dettes et la moitié des fédérations abîmées", expliquait récemment M. Wauquiez à l'AFP.

Deuxième étape, "redonner une voix à l'opposition. On peut en dire ce qu'on en veut, c'est fait: il y a un anti-Macron, c'est Wauquiez", juge-t-il.

A son actif, certains angles d'attaques portent dans l'opinion, de la hausse de la CSG pour les retraités à la "France des territoires méprisée", selon le discours LR.

Lundi soir, il a une fois de plus attaqué le chef de l'État, en estimant que "les retraités ne lui disaient pas merci", quatre jours après une interview télévisée au cours de laquelle Emmanuel Macron avait "remercié" les retraités touchés par la hausse de la CSG pour leurs efforts.

Mais M. Wauquiez n'en a pas moins connu des débuts parfois agités. Il fut largement contredit lorsqu'il appela au départ du gouvernement de Gérald Darmanin, visé par des plaintes pour agression sexuelle, quand la plupart des ténors de LR invoquaient la présomption d'innocence. Il a aussi perdu du terrain avec la diffusion d'enregistrements d'un cours donné devant des étudiants lyonnais, pendant lequel il avait ciblé Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin, Alain Juppé ou encore Valérie Pécresse. "Un problème évident de leadership", juge un de ses détracteurs de l'intérieur.

- Errements passés -

Mais "il n'y a pas de place pour une opposition dans l'opposition", juge M. Wauquiez, en renvoyant aux errements passés de la droite.

Le patron de LR étend son emprise sur l'appareil du parti. D'abord avec une nouvelle équipe de direction qui lui est fidèle. "Ce ne sont pas des Wauquiézistes" mais tous appartiennent à une nouvelle génération, pressée de relever le gant, relève une source LR.

Plusieurs élus sont également chargés de missions. Le centriste Jean Leonetti a hérité d'un "conseil des sensibilités" censé montrer que le débat vit à l'intérieur du parti, alors que Mme Pécresse fait travailler ses soutiens au sein de Libres! et que Force Républicaine, du chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, produit également ses propositions.

Dernière nomination en date: la N.2 du parti Virginie Calmels a hérité de la coordination du projet, avec le "délégué au projet" Guillaume Larrivé et le philosophe Luc Ferry. Mais "nommer trois personnes, c'est n'en nommer aucune. Le vrai patron du projet, c'est Wauquiez", recadre un membre de la direction.

A un an des Européennes, l'avenir de l'UE sera un des prochains thèmes de débat. Un Conseil national lui sera dédié fin juin dans les Alpes-Maritimes, terres de Christian Estrosi qui n'a pas de mots assez durs contre Laurent Wauquiez. "On a compris qu'Estrosi aura des membres d'En Marche sur sa liste aux municipales" à Nice, raille une source LR.

Quant à Valérie Pécresse, "on verra ce qu'elle dira quand Wauquiez, un petit matin, annoncera qu'il enterre la primaire", anticipe un ex-LR, membre de la majorité.

Partager cet article

Dans la même thématique

Wauquiez ou l’opposition tous azimuts à Macron
8min

Politique

François-Xavier Bellamy : "Rétablir [des relations normales] avec le régime de Poutine serait une forme de trahison"

Au sortir d'un été marqué notamment par une intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine, et une crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et du groupe du PPE au Parlement européen, est l'invité de Caroline de Camaret dans Ici l’Europe sur France24, LCP et Public Sénat.

Le

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le