Wauquiez ou l’opposition tous azimuts à Macron
CSG, terrorisme, révision constitutionnelle et désormais les frappes en Syrie: Laurent Wauquiez déroule son opposition tous...

Wauquiez ou l’opposition tous azimuts à Macron

CSG, terrorisme, révision constitutionnelle et désormais les frappes en Syrie: Laurent Wauquiez déroule son opposition tous...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

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CSG, terrorisme, révision constitutionnelle et désormais les frappes en Syrie: Laurent Wauquiez déroule son opposition tous azimuts à Emmanuel Macron, une stratégie qui fédère ses soutiens au sein des Républicains mais provoque aussi le clivage dans son propre camp.

Les membres de la majorité qui ironisaient sur le "silence assourdissant" de la droite au sujet des frappes contre le régime de Bachar al-Assad n'ont pas été déçus. Dans un entretien au JDD, M. Wauquiez explique que s'il "soutien(t) par principe notre armée quand elle combat", il "ne croi(t) pas à l'utilité de frappes punitives" et dénonce l'absence d'une "quelconque stratégie" du chef de l'État.

Rien, ou presque, ne trouve grâce aux yeux du président de LR dans la politique d'Emmanuel Macron, de la fiscalité à la loi asile et immigration en passant par la révision constitutionnelle. Seul satisfecit, la réforme de la SNCF qui, "même si elle est incomplète, va dans la bonne direction".

"C'est simple: jusqu'à la fin de l’année, tout ce que fait Macron, LR va être contre", dénonce-t-on dans l'entourage de Valérie Pécresse, rivale du président d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Mais "la stratégie de Wauquiez est claire, il sait où il veut aller et procède étape par étapes", rétorque un de ses soutiens.

L'intéressé s'est toutefois défendu de toute opposition systématique, lundi soir, au 20H de France 2: "L'opposition que je veux reconstruire, elle est ferme, elle est déterminée, elle défend clairement ses convictions", a fait valoir le patron de LR, "mais elle ne sera jamais sectaire".

Première priorité, relever le parti. "J'ai récupéré une boutique silencieuse, une opposition sans chef, avec une partie de la droite qui n'avait plus envie, 55 millions de dettes et la moitié des fédérations abîmées", expliquait récemment M. Wauquiez à l'AFP.

Deuxième étape, "redonner une voix à l'opposition. On peut en dire ce qu'on en veut, c'est fait: il y a un anti-Macron, c'est Wauquiez", juge-t-il.

A son actif, certains angles d'attaques portent dans l'opinion, de la hausse de la CSG pour les retraités à la "France des territoires méprisée", selon le discours LR.

Lundi soir, il a une fois de plus attaqué le chef de l'État, en estimant que "les retraités ne lui disaient pas merci", quatre jours après une interview télévisée au cours de laquelle Emmanuel Macron avait "remercié" les retraités touchés par la hausse de la CSG pour leurs efforts.

Mais M. Wauquiez n'en a pas moins connu des débuts parfois agités. Il fut largement contredit lorsqu'il appela au départ du gouvernement de Gérald Darmanin, visé par des plaintes pour agression sexuelle, quand la plupart des ténors de LR invoquaient la présomption d'innocence. Il a aussi perdu du terrain avec la diffusion d'enregistrements d'un cours donné devant des étudiants lyonnais, pendant lequel il avait ciblé Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin, Alain Juppé ou encore Valérie Pécresse. "Un problème évident de leadership", juge un de ses détracteurs de l'intérieur.

- Errements passés -

Mais "il n'y a pas de place pour une opposition dans l'opposition", juge M. Wauquiez, en renvoyant aux errements passés de la droite.

Le patron de LR étend son emprise sur l'appareil du parti. D'abord avec une nouvelle équipe de direction qui lui est fidèle. "Ce ne sont pas des Wauquiézistes" mais tous appartiennent à une nouvelle génération, pressée de relever le gant, relève une source LR.

Plusieurs élus sont également chargés de missions. Le centriste Jean Leonetti a hérité d'un "conseil des sensibilités" censé montrer que le débat vit à l'intérieur du parti, alors que Mme Pécresse fait travailler ses soutiens au sein de Libres! et que Force Républicaine, du chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, produit également ses propositions.

Dernière nomination en date: la N.2 du parti Virginie Calmels a hérité de la coordination du projet, avec le "délégué au projet" Guillaume Larrivé et le philosophe Luc Ferry. Mais "nommer trois personnes, c'est n'en nommer aucune. Le vrai patron du projet, c'est Wauquiez", recadre un membre de la direction.

A un an des Européennes, l'avenir de l'UE sera un des prochains thèmes de débat. Un Conseil national lui sera dédié fin juin dans les Alpes-Maritimes, terres de Christian Estrosi qui n'a pas de mots assez durs contre Laurent Wauquiez. "On a compris qu'Estrosi aura des membres d'En Marche sur sa liste aux municipales" à Nice, raille une source LR.

Quant à Valérie Pécresse, "on verra ce qu'elle dira quand Wauquiez, un petit matin, annoncera qu'il enterre la primaire", anticipe un ex-LR, membre de la majorité.

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