Affiche des JO : Amélie Oudéa-Castéra défend « la liberté d’un artiste », « n’effacez pas nos symboles », demande Roger Karoutchi

« Monsieur le premier ministre, quelle différence fait votre gouvernement entre une croix et une flèche ? » a demandé le sénateur LR Roger Karoutchi, en référence à la polémique autour de l’affiche officielle de JO de Paris, où la croix du dôme des Invalides a disparu. Les « erreurs sont multiples », a souligné la ministre des Sports et des Jeux olympiques, « c’est une interprétation qui se veut joyeuse ».
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C’est peut-être le record de la question d’actualité au gouvernement la plus courte. « Monsieur le premier ministre, quelle différence fait votre gouvernement entre une croix et une flèche ? » Son auteur, le sénateur LR Roger Karoutchi, avait déjà fait le coup en décembre 2020, avec Jean Castex. La technique permet d’avoir un long temps de réplique, puisque le temps imparti total pour la question et la réplique du sénateur est de 2 minutes.

L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy interroge ici le gouvernement sur la polémique, lancée la veille sur les réseaux sociaux par une partie des parlementaires LR notamment, sur l’affiche officielle des Jeux olympiques de Paris 2024. L’illustration, un Paris fantasmé en forme de ville-stade, foisonnant de détails, représente le dôme des Invalides orné d’une simple pointe et non plus d’une croix dorée, qui a disparu sur l’affiche. Elle est pourtant bien présente dans la réalité.

« J’ai envie de vous proposer qu’on joue ensemble au jeu des sept erreurs sur cette affiche » lance la ministre Amélie Oudéa-Castéra

La ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, a tenté de défendre l’affiche. « Monsieur le sénateur Karoutchi, vous nous posez une question avec le panache, avec l’esprit qu’on vous connaît. J’ai envie de vous prendre au jeu, j’ai envie de vous proposer qu’on joue ensemble au jeu des sept erreurs sur cette affiche. Et vous aurez sûrement remarqué que la Tour Eiffel est rose, encerclée par le Stade de France, que sous l’Arc de triomphe, il y a le métro en dessous et une partie de tennis fauteuil se joue sur sa partie supérieure, que les jardins de Versailles sont proches de l’Obélisque, et que l’Obélisque est proche du Champs de Mars, où que la vague de Teahupoo, en Polynésie française, roule sur la marina de Marseille. Ces erreurs sont multiples, ce sont des écarts à la réalité. Et ça a un nom : la liberté d’un artiste, que notre pays s’est toujours honoré à préserver, à encourager, à respecter. C’est tout cela cette affiche, ce n’est pas du tout une reproduction, c’est une interprétation qui se veut joyeuse, foisonnante, d’une ville stade réinventée », lui a répondu la ministre.

« Ce n’est pas une commande d’Etat, c’est un geste libre d’un artiste créatif, courageux, inspiré par ces Jeux olympiques », insiste Amélie Oudéa-Castéra, « cette affiche, c’est la France, ce sont les Jeux olympiques et paralympiques ».

« Le wokisme mondialisé veut effacer les symboles de la Nation », selon Roger Karoutchi

Une réponse qui n’a pas convaincu le sénateur LR des Hauts-de-Seine. « Non, désolé, ce n’est pas la même chose. Vous pouvez peindre la Tour Eiffel dans la couleur que vous souhaitez, mais vous ne pouvez pas enlever la croix du dôme des Invalides qui est là depuis Louis XIV. Vous ne pouvez pas changer l’histoire de France », soutient Roger Karoutchi. « Cette Nation est fière d’organiser les Jeux olympiques, mais elle ne veut pas être effacée, elle ne veut pas que les symboles, cette histoire qui ont fait cette Nation, soient effacés, reniés », continue l’ancien ministre des Relations avec le Parlement, qui ajoute :

 Vous pouvez faire les couleurs que vous voulez, il y a une croix au sommet du dôme des Invalides depuis 350 ans. 

Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine.

Selon Roger Karoutchi, « aujourd’hui, le wokisme mondialisé veut effacer les symboles de la Nation. Quelles que soient nos positions politiques, si nous voulons faire évoluer la Nation, nous n’avons pas à l’effacer, car si nous l’effaçons, nous disparaîtrons. N’effacez pas nos symboles ».

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