Alpes 2030 : « Les JO d’hiver ont plus de risque d’être déficitaires que les JO d’été », selon Jean-Michel Arnaud

Un projet de loi relatif à l’organisation des Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes françaises en 2030 est débattu à partir de ce mardi 24 juin au Sénat. Urbanisme, sécurité : de nombreuses mesures seront abordées dans ce texte, y compris sur le plan budgétaire. « Pour pouvoir se projeter sur un coût définitif, il faut qu’on ait la totalité de la carte des sites », souligne son rapporteur, Jean-Michel Arnaud.
Théodore Azouze

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Un texte pour donner un cadre à l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030. Un projet de loi dédié à la préparation de la compétition sportive, prévue dans moins de cinq ans dans les Alpes françaises, est débattu au Sénat à partir de ce mardi 24 juin. Urbanisme, sécurité, budget… De nombreuses mesures seront discutées par les sénateurs à cette occasion. 

Un budget pas encore définitif

Sur le plan budgétaire, les sénateurs ont supprimé en commission une disposition « qui autorisait les deux régions hôtes », l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence Alpes Côte d’Azur, « à contribuer à la garantie accordée au CIO pour couvrir un éventuel déficit du Cojop » dans certaines limites, selon le site web du Sénat. « Endémiquement, les JO d’hiver ont plus de risque d’être déficitaires que les JO d’été », rappelle de manière plus générale le rapporteur du projet loi olympique, le sénateur (Union centriste) des Hautes-Alpes Jean-Michel Arnaud, invité de la matinale de Public Sénat ce mardi. 

Selon lui, la « maquette budgétaire » de ces nouveaux Jeux doit donc encore être finalisée. Pour le moment, plusieurs zones (Savoie, Haute-Savoie, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes) ont été identifiées par l’organisation pour accueillir les épreuves. Mais tous les lieux précis ne sont pas encore déterminés. Or, « pour pouvoir se projeter sur un coût définitif, il faut qu’on ait la totalité de la carte des sites », souligne le parlementaire. « Il peut y avoir des variations significatives en fonction des choix finaux qui seront faits. »

Expropriations d’urgence et vidéoprotection algorithmique 

Dans le domaine de l’urbanisme, d’autres mesures seront évoquées. Une disposition prévoit par exemple la possibilité d’expropriations d’urgence pour les installations qui seraient nécessaires dans les deux régions d’accueil des JO 2030. « Cet article-là existait à peu près en des termes identiques pour les JO de Paris », précise Jean-Michel Arnaud. Toutefois, malgré « une densité très forte à Paris », « on n’a pas été obligé de le mobiliser », note le sénateur, pour qui « cette capacité » ne pourrait servir que « sur ou un deux points » de blocage. La création de portions de route réservées aux véhicules liés aux JO, dans l’esprit des « voies olympiques » créées en 2024, sera aussi discutée dans l’hémicycle sénatorial.

Du point de vue sécuritaire, le texte entend aussi reconduire jusqu’en 2027 l’expérimentation de la vidéoprotection algorithmique, déjà testée lors des Jeux à Paris. Cette volonté suscite des inquiétudes pour les libertés individuelles, en particulier de la part de certaines associations. Le but affiché ? Pouvoir évaluer l’efficacité de cet outil avant son potentiel déploiement lors de la compétition en 2030. Pour Jean-Michel Arnaud, cette technologie pourrait contribuer à « la nécessaire et absolue nécessité de protéger les sites de tout risque terroriste et d’attaques diverses et variées ». 

Dans le même esprit de protection, un autre article du texte de loi autorise la fouille par des agents de sécurité des coffres de véhicules lorsque leurs propriétaires sont consentants. Le projet de loi prévoit également « un nouveau régime d’interdiction de paraître dans les lieux où se déroule un grand évènement » pour les personnes qui représentent « une menace terroriste ».

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