Hémicycle

Apprentissage : le Sénat limite la baisse des aides aux employeurs et les recentre vers les TPE-PME

La Chambre haute a fait passer le montant des aides aux employeur de 6 000 à 5 000 euros par apprenti, quand le gouvernement espérait aller plus loin. En revanche, les entreprises de plus de 250 salariés ne pourront plus y prétendre pour les apprentis dont le niveau de formation dépasse bac+3.
Romain David

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Le Sénat a adopté dans la nuit de samedi à dimanche les crédits de la mission « travail emploi », dont l’examen avait commencé six semaines plus tôt, avant la censure du gouvernement Barnier. Les élus ont notamment voté la baisse des aides à l’apprentissage, prévue dès le départ dans ce projet de loi de finances 2025 et maintenue par le nouvel exécutif. Ils ont toutefois limité la baisse des montants, préférant opter pour un recentrage du périmètre d’application.

Dans le dispositif retenu, le montant des aides passe de 6 000 à 5 000 euros par contrat. Mais dans les entreprises de plus de 250 salariés, celles-ci ne seront plus versées que pour les apprentis embauchés à un niveau de formation inférieur à bac + 3. De son côté, le gouvernement espérait une réduction de 6 000 à 4 500 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés, et à 2 000 euros pour celles de plus de 250 salariés, sans critère de diplôme. L’exécutif tablait ainsi sur une économie de 1,2 milliard d’euros.

« Pour les entreprises de plus de 250 salariés, il faut limiter le niveau à bac + 3, pour éviter l’effet d’aubaine. En effet, de grandes entreprises embauchent des bacs + 5, + 6, + 7 pour faire le travail de cadres, à un salaire bien inférieur ! C’est de l’argent public utilisé sans une réelle efficacité derrière – bref, jeté par la fenêtre », a notamment défendu le sénateur LR de Haute-Saône Olivier Rietmann.

Difficile à estimer, le coût budgétaire global de l’apprentissage nourrit de vives préoccupations au Sénat, dans un contexte de forte dégradation des finances publiques, et alors que le cap du million de jeunes en apprentissage a été franchi l’année dernière. En 2023, la Cour des comptes a chiffré le coût des dispositifs d’alternance à 16,8 milliards d’euros. Mais une note de l’office français des conjonctures économiques fait état de 24,9 milliards d’euros en 2023 et 24,6 milliards en 2024.

Partager cet article

Dans la même thématique

Apprentissage : le Sénat limite la baisse des aides aux employeurs et les recentre vers les TPE-PME
5min

Parlementaire

Régulation des contenus : « Ce qui est interdit hors ligne est interdit en ligne »

Auditionnée par la délégation aux droits des femmes du Sénat, la conseillère de l’Arcom a détaillé les marges de manœuvre limitées du régulateur face à la montée des contenus sexistes et masculinistes en ligne. L’instruction en cours visant le podcast « 10 000 pas », diffusé sur plusieurs plateformes de streaming, illustre les angles morts juridiques et les tensions entre cadre national et régulation européenne.

Le

FRANCE – RALLY FOR WOMAN RIGHTS
9min

Parlementaire

Masculinisme : au Sénat, un rapport inédit alerte sur « la nouvelle offensive contre les femmes »

Après sept mois de travaux, la délégation aux droits des femmes du Sénat a publié, il y a quelques semaines, un rapport sur les réseaux et mouvements masculinistes. Les sénatrices y décrivent un « mouvement social et politique » qui menace l’égalité entre les femmes et les hommes et formulent vingt-quatre recommandations pour en faire un enjeu majeur de politique publique.

Le

Apprentissage : le Sénat limite la baisse des aides aux employeurs et les recentre vers les TPE-PME
5min

Parlementaire

Enfants placés : le combat du sénateur Xavier Iacovelli pour leurs droits

Longtemps, les enfants de l’aide sociale à l’enfance n’ont pas intéressé grand monde. Mais ces dernières années, à la suite de drames, et grâce la mobilisation d’anciens enfants placés, les choses bougent. Le sénateur RDPI des Hauts-de-Seine Xavier Iacovelli a fait de ces enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) son combat politique. Des Hauts-de-Seine jusqu’au Sénat, il se bat désormais pour leurs droits.

Le