Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the "freedom" to have an abortion in the French Constitution, at the French Senate in Paris, on February 28, 2024//01JACQUESWITT_IVG003/Credit:Jacques Witt/SIPA/2402282018

Avant  la pause de l’été, un calendrier parlementaire resserré

Avant la coupure estivale qui pourrait intervenir le 12 juillet, l’agenda parlementaire prévoit entre autres l’examen début juin au Sénat du projet de loi de simplification à destination des entreprises. Quant au texte sur la fin de vie, il devrait être examiné en séance à l’Assemblée nationale fin mai avant d’arriver après l’été au Sénat. Entre les semaines de contrôle du Parlement et les niches parlementaires, le gouvernement a un temps limité pour inscrire ses textes à l’ordre du jour.
Flora Sauvage

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Après l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse, la Constitution sera-t-elle à nouveau modifiée dans les prochains mois ? C’est l’objectif du gouvernement à travers son texte prévoyant « le report du renouvellement général du congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie ». Alors que les élections devaient avoir lieu en mai, ce projet de loi vise à les reporter « au plus tard au 15 décembre 2024 ». L’objectif de l’exécutif est de laisser le temps pour faire aboutir une réforme constitutionnelle sur le dégel du corps électoral de cette collectivité d’outre-mer. Le Sénat examinera le 22 mai en deuxième lecture le projet de loi.

 

  • Une réforme constitutionnelle pour la Nouvelle Calédonie

 

Concrètement, le gouvernement prévoit le report des élections. L’étape préalable à une éventuelle réforme visant à dégeler le corps électoral afin d’ouvrir les élections provinciales aux personnes ayant au moins dix ans de résidence en Nouvelle Calédonie. Ces scrutins sont aujourd’hui réservés aux natifs et aux résidents arrivés avant 1998 et à leurs descendants. Or ces élections sont cruciales en Nouvelle Calédonie où les provinces détiennent une grande partie des compétences sur le territoire. Selon le ministre de l’intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, en raison des règles actuelles, près « d’un électeur sur cinq » ne peut pas voter aux élections locales.

 

  • Améliorer l’accueil des enfants porteurs de handicap

 

Mercredi 15 mai, les sénateurs examineront la proposition de loi déposée par les députés socialistes visant à encadrer et réduire les frais bancaires sur succession. Ils examineront également en deuxième lecture la proposition de loi visant la prise en charge par l’Etat de l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap (AESH) durant le temps de pause méridienne. Ce texte déposé par le sénateur LR de la Savoie Cédric Vial a pour objectif d’améliorer l’accueil des enfants porteurs de handicap en favorisant la prise en charge financière par l’Etat des AESH durant la pause méridienne. Une évolution législative jugée « nécessaire », car le Conseil d’État, dans une décision en date du 20 novembre 2020, a dégagé l’Éducation nationale de toute responsabilité dans le financement des emplois d’AESH en dehors du temps scolaire, transférant ainsi la charge aux collectivités territoriales dans le cadre de l’enseignement public et aux établissements dans le cadre de l’enseignement privé sous contrat.

 

  • Proposition de loi Eustache Brinio sur le « questionnement de genre »

 

Mardi 28 mai, les sénateurs examineront la proposition de loi qui vise à encadrer les pratiques médicales mises en œuvre dans la prise en charge des mineurs en questionnement de genre, présentée par le groupe LR. Sous l’égide de Jacqueline Eustache Brinio, sénatrice LR du Val d’Oise, un groupe de travail a auditionné 67 experts français et internationaux, médecins, associations de parents, chercheurs et philosophes. Un rapport issu de ce groupe de travail recommande 16 préconisations.

Dans son article 1er, la proposition de loi interdit aux professionnels de santé, dans l’indication de la dysphorie de genre, de prescrire aux mineurs des bloqueurs de puberté, ainsi que des traitements hormonaux tendant à développer les caractéristiques sexuelles secondaires du genre auquel le mineur s’identifie. De plus, ce même article proscrit la possibilité de pratiquer, sur des mineurs, des opérations chirurgicales de réassignation sexuelle. Dans l’exposé des motifs, les auteurs de la proposition de loi constatent « un retour en arrière considérable, dans de nombreux pays étrangers précurseurs dans l’administration de traitements médicaux chez les mineurs (États-Unis d’Amérique, pays scandinaves, Angleterre, Suisse…), et estiment qu’il est « urgent que la France adopte un principe de précaution en la matière, s’agissant de la santé physique et mentale des enfants et des adolescents ».

 

  • Cumuler emploi à temps partiel pour les assistants familiaux

 

Le 29 mai, le Sénat examinera la proposition de loi de Xavier Iacovelli, sénateur RDPI des Hauts de Seine, ouvrant la possibilité de concilier une activité professionnelle avec la fonction d’assistant familial. Le profil démographique des assistants familiaux en France révèle une situation préoccupante : en 2021, la moitié de ces professionnels avait 55 ans ou plus, et un quart avait même franchi le seuil des 60 ans. Cette pyramide des âges alarmante suggère d’importants défis à venir, avec l’approche imminente de nombreux départs à la retraite. Parallèlement, une tendance inquiétante se profile depuis ces dix dernières années : le nombre de familles d’accueil ne cesse de décroître. Face à la pénurie de familles d’accueil, la proposition de loi vise à permettre à ceux qui travaillent à temps partiel notamment dans la fonction publique, de cumuler leur emploi avec le rôle d’assistant familial.

 

  • Simplifier la vie des entreprises

 

Puis à compter du 3 juin, les sénateurs examineront le projet de loi de simplification de la vie économique. Défendu par le ministre de l’économie Bruno le Maire, ce texte vise à « supprimer la bureaucratie » en assouplissant les règles et les procédures au profit des employeurs. Dans le viseur du gouvernement : faciliter la vie des patrons qui dirigent une très petite entreprise, les TPE, et qui croulent sous les démarches administratives. Le texte du gouvernement comporte une cinquantaine de mesures issues d’une concertation publique avec les acteurs économiques. Les mesures les plus concrètes visent la suppression de déclarations et d’autorisation administrative, la dématérialisation des procédures.

 

  • Suppression en vue des imprimés Cerfa

 

Les imprimés Cerfa seront supprimés à 80 % d’ici 2026 et en totalité en 2030. Les démarches correspondantes seront supprimées, dématérialisées ou intégrées à d’autres démarches existantes. Les déclarations d’arrêts maladie et les attestations d’assurance chômage fournies par les entreprises seront supprimées (15 millions de déclarations d’arrêt maladie et 26 millions d’attestations d’assurance chômage). Le bulletin de paie sera réduit à quinze lignes en 2026, mais l’intégralité des données devra rester accessible au salarié sur sa demande. La clôture d’un compte bancaire devra être gratuite pour les entreprises ainsi que le relevé annuel des frais. La résiliation des contrats d’assurance (auto, habitation, professionnelle) sera simplifiée pour les entreprises.

 

Fin de session le 12 juillet ?

Enfin en ce qui concerne la fin de la session parlementaire, à Matignon, on évoque bien la date du 12 juillet. « ce sera décidé plus tard », explique-t-on, avec une marge d’ajustement de dernière minute, « s’il faut terminer un texte », mais « il y a une volonté des deux présidents de chambres du Parlement, et un problème de sécurisation des abords de l’Assemblée nationale (ndlr avec les JOP) », fait-on valoir au cabinet du Premier Ministre.

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Le projet de loi, qui prévoit des missions élargies – en particulier de compétence judiciaire – pour les polices municipales, mais aussi tout un axe sur la formation et la déontologie, est allé depuis de report en report. Un texte qui devait initialement aboutir avant les municipales Au tout début de l’année, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez espérait encore une adoption rapide de ce texte consensuel « peut-être même avant les élections municipales », de mars. L’histoire a eu raison du pronostic de l’ancien préfet. Le gouvernement a ensuite donné rendez-vous en juin pour l’examen. Nouvelle complication. Peu avant la coupure du cœur de l’été, fin juillet, le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous confiait au journal Ouest France que le projet de loi sur les polices municipales serait le premier texte pour la session extraordinaire de septembre. Encore raté. À l’approche de la reprise de la session ordinaire, le 1er octobre, l’impatience se fait ressentir chez les élus locaux et les parlementaires. L’inquiétude aussi. La plus grande partie du calendrier parlementaire d’ici la fin de l’année va être occupée les traditionnels débats budgétaires, et campagne présidentielle oblige, les travaux en hémicycle seront interrompus à la fin du mois de février. Ce mercredi 9 septembre, une dizaine d’association d’élus dénonce dans un communiqué commun « l’énième report de l’examen du projet de loi ». Les maires et présidents d’intercommunalités demandent à l’État de « clarifier, dès à présent et concrètement, ses intentions afin de garantir au plus vite l’inscription de ce projet de loi à l’ordre du jour ». « Je suis très en colère contre le gouvernement » « Je suis très en colère contre le gouvernement. On a effectué notre travail, consolidé le texte de manière transpartisane, en acceptant des amendements de tout le monde. Et aujourd’hui, on a un gouvernement qui n’est pas capable de l’inscrire, c’est une honte », réagit la sénatrice (LR) Jacqueline Eustache-Brinio, co-rapporteure du projet de loi. Hors séquence budgétaire qui occupera en séance les députés à partir du 12 octobre, les places dans l’agenda seront chères. Le gouvernement dispose encore de huit semaines à sa main avant le couperet de la fin février. Or beaucoup de textes sont sur la table pour les travaux de cet automne et de cet hiver : la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qui sera le premier texte inscrit par le gouvernement à la reprise, mais aussi le projet de loi sur le logement ou encore le projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé, tous deux adoptés par le Sénat, ou encore un texte sur les ingérences étrangères annoncé par le Premier ministre. Et c’est sans compter le récent projet de loi de modernisation de la sécurité civile, présenté par le gouvernement. La liste n’est pas exhaustive. « J’ai cru comprendre qu’il serait difficile d’inscrire le texte sur les polices municipales avant le budget. Ils espèrent trouver du temps législatif après le budget, mais les promesses n’engagent que ceux qui croient », s’inquiète Christophe Marion, co-rapporteur (Renaissance) du projet de loi à l’Assemblée nationale. « Le sujet n’est donc peut-être pas de percuter les débats budgétaires avec des chiffons rouges » Joint par Public Sénat, le ministère des Relations avec le Parlement précise que « les arbitrages sont en cours concernant l’inscription des textes pour la session ». Le député du Loir-et-Cher et son collègue co-rapporteur Éric Pauget (LR) annoncent solliciter un rendez-vous à Matignon pour obtenir des assurances sur l’inscription du texte. « Ce qui vient d’arriver à Carcassonne renforce l’idée que le contrôle des polices municipales est nécessaire », insiste-t-il. Hier, le parquet a annoncé la suspension mercredi de quatre policiers municipaux de Carcassonne après la diffusion d’une vidéo les mettant en cause pour des propos racistes. Même volonté de se rappeler aux bons souvenirs de Matignon au Sénat. « Je vais voir avec Gérard Larcher pour que l’on mette la pression sur le gouvernement », prévient Jacqueline Eustache Brinio. Outre les contraintes d’agenda, avec l’empilement de projets de loi, le député Christophe Marion a une autre interprétation de ces retards à répétition. « On a passé des textes régaliens en fin de session parlementaire, je pense à RIPOST. Les socialistes ont voté contre. » Or, les socialistes sur le projet de loi sur les polices municipales ont annoncé en commission leur volonté de « rééquilibrer » le texte. « Le sujet n’est donc peut-être pas de percuter les débats budgétaires avec des chiffons rouges, qui puissent radicaliser des positions ou rendre difficile d’émergence d’un consensus », poursuit le député.  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