Barnier renversé : « Le PS doit se décider : soit il gouverne avec le bloc central, soit avec LFI »

Alors que le gouvernement Barnier est tombé, la question de la configuration politique qui permettra de faire passer les textes budgétaires au Parlement se pose. La gauche tente d'imposer un gouvernement qui s'appuierait « texte par texte » sur le centre, tandis que le « socle commun » continue d'espérer décrocher le PS du NFP.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Après la censure du gouvernement Barnier ce mercredi, Alexandre Ouizille, sénateur socialiste, a réitéré la proposition des groupes du Nouveau Front Populaire (NFP) au bloc central, et notamment à Jean-René Cazeneuve, député Ensemble pour la République (EPR) présent sur notre plateau : « J’appelle M. Cazeneuve à revenir au sens du vote de juillet : il y a eu des désistements au second tour face au RN, donc il faut conclure un accord de non-censure entre les forces qui se sont désistées. Si le bloc central revient à des meilleurs sentiments on peut rediscuter avec un gouvernement de gauche, ouvert sur une assemblée de front républicain, et qui s’engage à ne pas utiliser le 49-3. C’est une proposition sur la table, je n’en vois pas d’autres ce soir. » Il est rejoint par le député LFI Hadrien Clouet : « La gauche est celle qui a la légitimité démocratique dans le pays. ça ne veut pas dire que l’on va passer tout le monde au rouleau compresseur. Il y a des sujets où l’on trouvera des majorités et d’autres où il n’y en aura pas, et puis on avance. »

Le député macroniste Jean-René Cazeneuve ne l’entend pas exactement de cette oreille : « Nous, on est d’accord avec cette méthode, on a proposé depuis le début de rassembler l’arc républicain du PS aux LR. Mais le PS doit décider, soit il gouverne avec le bloc central, soit avec LFI, or Jean-Luc Mélenchon a dit dès juillet ‘le programme du NFP, rien que le NFP.’ » Une période à laquelle il avait aussi dit « qu’il ne faisait pas de la participation ministérielle des insoumis » un prérequis, s’empresse de préciser le sénateur socialiste.

Du côté de la droite sénatoriale, Jean-François Husson semble lui aussi écarter tout soutien à un gouvernement comprenant des ministres insoumis. « LFI a des valeurs qui ne sont pas du tout les miennes et fait peur par ses prises de position inentendables et inacceptables. Je regrette que le PS continue d’être accroché aux Insoumis », lâche clairement le rapporteur général du budget au Sénat. « Il va falloir agir vite, avec une équipe restreinte », poursuit-il, en suggérant la formation d’un gouvernement d’union excluant « les extrêmes », dont la priorité serait d’arriver à faire passer les textes budgétaires au Parlement dans les temps.

Partager cet article

Dans la même thématique

9min

Parlementaire

Protection de l’enfance : au Sénat, les rapporteures rejettent l’imprescriptibilité pour ne pas « déstabiliser le droit pénal »

Élargi après le scandale du périscolaire et la mort de la jeune Lyhanna, le projet de loi sur la protection des enfants s’apprête à être débattu au Sénat dès le 27 octobre. En commission, les sénateurs ont écarté l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs. En revanche, ils ont durci la répression des viols en série et créé un fichier des sanctions, au nom de la sécurité juridique du texte.

Le

Paris: Abrogation du code noir au Senat
6min

Parlementaire

Autonomie de la Corse : malgré le détricotage du texte en commission, le vote de la réforme constitutionnelle reste incertain au Sénat

En commission des lois, jeudi, les sénateurs ont largement réécrit le projet de réforme constitutionnelle, sous l’impulsion d’une droite plutôt hostile au principe d’autonomisation et à la reconnaissance d’une communauté corse. Toutefois, ces modifications n’ont qu’une valeur indicative, puisque c’est le texte voté à l’Assemblée nationale en juin qui sera débattu dans l’hémicycle du Sénat le 23 octobre.

Le

Barnier renversé : « Le PS doit se décider : soit il gouverne avec le bloc central, soit avec LFI »
7min

Parlementaire

Crise des lycées : « Les personnels de direction ne tiendront pas dans ces conditions », alertent les syndicats de chefs d’établissement

Alors que les images de pillages et d’affrontements du 17 octobre ont relégué au second plan la mobilisation lycéenne, les revendications des élèves restent entières. Auditionnés par la commission de la culture du Sénat, les syndicats de chefs d'établissement racontent des mois d'alertes ignorées et préviennent que la profession « ne tiendra pas » une nouvelle séquence comme celle-ci.

Le

Barnier renversé : « Le PS doit se décider : soit il gouverne avec le bloc central, soit avec LFI »
7min

Parlementaire

Enfants placés, violences sexuelles, … : les chantiers du gouvernement pour renforcer la protection de l’enfance

À une semaine de son examen en séance au Sénat, le projet de loi relatif à la protection des enfants a été défendu mardi 20 octobre par trois ministres devant les commissions des lois et des affaires sociales. Initialement consacré aux défaillances de l’aide sociale à l’enfance (ASE), le texte a été élargi après les révélations de violences sexuelles dans le périscolaire et la mort de la jeune Lyhanna. Il entend désormais mieux protéger les enfants placés, prévenir les violences sexuelles et renforcer les contrôles sur les adultes intervenant auprès des mineurs.

Le