Blocage des sites pornos accessibles aux mineurs : « Comme un videur en boîte de nuit, il nous faut aujourd’hui une vérification d’âge », affirme Clara Chappaz

Interrogée par Public Sénat, après les questions d’actualité au gouvernement, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Clara Chappaz, s’est indignée de la réaction de certains sites pornographiques devant la vérification de l’âge.
Marius Texier

Temps de lecture :

2 min

Publié le

« Bon vent ! » lance Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique à l’adresse des sites pornographiques qui ont annoncé bloquer leur plateforme en France. « S’ils ne veulent pas protéger nos enfants alors qu’ils s’en aillent. C’est inacceptable ce coup de pression qu’ils nous mettent ».

Hier, Aylo, l’éditeur de sites pornographiques a annoncé bloquer ses sites comme Pornhub, RedTube ou encore Youporn pour protester contre la législation qui les contraint à vérifier efficacement l’âge de leurs visiteurs. Promulguée en mai 2024, la loi dite SREN entend protéger, notamment les plus jeunes, de la pornographie via des systèmes de vérification d’âge. Normalement, aucun contenu pornographique ne peut plus être affiché tant que l’utilisateur n’a pas été contrôlé par un système robuste en « double anonymat ». Ce système doit permettre de mettre un intermédiaire entre l’utilisateur et le site pornographique pour s’assurer d’une vérification de l’âge.

« Personne n’est au-dessus des lois de la République »

« La vérification ne doit plus seulement être de cliquer sur un bouton », prévient la ministre qui reproche aux sites pornographiques de ne faire aucun effort. « C’est comme mettre une porte devant une boîte de nuit et de dire, les enfants n’ont qu’à pas la pousser. Comme un videur en boîte de nuit, il nous faut aujourd’hui une vérification d’âge ».

Selon les chiffres de l’Arcom, dès 12 ans, plus de la moitié des enfants se rend en moyenne chaque mois sur des sites pornographiques. « Je refuse que nos enfants grandissent avec la pornographie », assure la ministre. Désormais, les sites pornographiques qui ont stoppé le visionnage de leurs contenus affichent une photo de Marianne indiquant que « la liberté n’est pas un bouton off ».

« Pour moi, ce symbole de Marianne évoque la République », réagit Clara Chappaz. « Un symbole qui dit que personne n’est au-dessus des lois de la République ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Les Urgences de l Hopital Saint Antoine a Paris
5min

Parlementaire

Fin de vie : quelles sont les prochaines étapes du texte ?

Ce mercredi, à la surprise générale, les sénateurs ont supprimé l’article phare de la proposition de loi créant une aide à mourir, vidant le texte de sa substance. Il va continuer son parcours législatif, après le vote solennel du Sénat mercredi prochain, et retourner devant les députés. En cas d’« enlisement » parlementaire, Emmanuel Macron a évoqué en mai dernier la possibilité d’un référendum.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
7min

Parlementaire

Fin de vie : le texte sur l’aide à mourir sabordé au Sénat, les raisons de l’imbroglio

C’est une séance animée que les sénateurs ont vécue mercredi lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Même si les rapporteurs LR avaient considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », cette version de la commission n’a pas eu le soutien d’une partie de la droite qui a rejeté l’article. La gauche y voit l’influence de « la droite catholique » de Bruno Retailleau. La droite demande désormais au gouvernement de suspendre la procédure législative sur ce texte.

Le

Hopital Laennec – CHU
7min

Parlementaire

Droit à l’aide à mourir : les sénateurs socialistes déterminés à faire adopter un texte « le plus proche possible » de celui voté à l’Assemblée nationale

Le Sénat examine en séance publique la proposition de loi créant le droit à une aide à mourir à partir de ce mardi 20 janvier. Revu en profondeur en commission des Affaires sociales, le texte promet des débats animés dans l’hémicycle. Les sénateurs socialistes estiment que les rapporteurs LR du texte l’ont « vidé de son sens ». « Notre objectif, c’est bien d’aller vers la version » votée à l’Assemblée nationale, souligne la sénatrice PS Annie Le Houérou.

Le

5min

Parlementaire

Budget : rejeter le texte ou l’amender ? La valse-hésitation des Républicains du Sénat

Les sénateurs LR, très remontés contre la nouvelle version du projet de loi de finances présentée par Sébastien Lecornu, s’interrogent sur la pertinence de rouvrir les débats budgétaires au Sénat. En engageant la responsabilité de son gouvernement à l’Assemblée nationale, le Premier ministre espère une adoption rapide de ce texte, sans obstruction du coté de la Chambre haute.

Le