Budget 2026 : Jean-François Husson déplore le « changement d’alliance » du gouvernement

Au micro de Public Sénat, le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson a regretté le choix du gouvernement de renoncer au 49.3 et de se tourner vers les socialistes pour conclure un compromis. Pour le rapporteur général, il s’agit d’un « changement d’alliance » par rapport à l’année dernière.
Henri Clavier

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Alors que le Sénat s’apprête à voter la loi spéciale autorisant l’Etat à collecter les impôts et à emprunter, le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson (LR) ne digère toujours pas l’échec des négociations entre les deux chambres. Le sénateur de Meurthe-et-Moselle estime que le gouvernement a réalisé un « changement d’alliance » en se tournant vers le Parti socialiste.

Le rapporteur général rappelle notamment que pour le budget de 2025, le Sénat et l’Assemblée s’étaient accordés sur un texte commun issu de la Commission mixte paritaire. « Dans les deux cas, la CMP est à majorité droite et centre. Dans les deux cas, il n’y a qu’un seul changement, c’est le gouvernement. Ils n’ont pas beaucoup aidé. On s’est réunis à 8 reprises jusqu’au 18 décembre avec Philippe Juvin », rapporte Jean-François Husson. Pour rappel, le budget de 2025 avait été adopté début février grâce au 49.3 et après la conclusion d’un accord de non-censure entre le Parti socialiste et le gouvernement.

« On était proche d’un accord, mais j’ai bien vu qu’on essayait ensuite de nous faire monter les barreaux d’une échelle où on nous promet aujourd’hui plus de dépenses, plus de dette », regrette Jean-François Husson. En cas d’accord de la commission mixte paritaire, les conclusions auraient pu être rejetées par l’Assemblée nationale compte tenu de l’engagement de Sébastien Lecornu de ne pas recourir au 49.3. Une situation que déplore la majorité sénatoriale considérant que les concessions faites au Parti socialiste sont trop nombreuses. « A l’Assemblée nationale, on a plutôt un accord qui se dessine au niveau du bloc central avec la Droite républicaine et le Parti socialiste qui a tendance à faire monter les enchères, ça lui a plutôt profité d’ailleurs », regrette Jean-François Husson en évoquant la suspension de la réforme des retraites.

Partager cet article

Dans la même thématique

Budget 2026 : Jean-François Husson déplore le « changement d’alliance » du gouvernement
7min

Parlementaire

Sécurité : le Sénat autorise les policiers municipaux à dresser des amendes forfaitaires pour une quinzaine d’infractions

Le Sénat examine actuellement le projet de loi visant à élargir les pouvoirs des polices municipales et des gardes champêtres. Au cœur de ce texte, soutenu par la majorité sénatoriale et les autres groupes du bloc central : la possibilité pour les agents de verbaliser un certain nombre de délits pris sur le fait. Il suscite l'opposition d'une partie de la gauche, qui y voit un désengagement de l'État et un transfert déguisé des compétences régaliennes vers les municipalités.

Le

Recolte betterave 2020
6min

Parlementaire

Néonicotinoïdes : une nouvelle « loi Duplomb » déposée au Sénat

Porté par plusieurs groupes politiques, ce nouveau texte prévoit la réintroduction pour certaines cultures de deux insecticides néonicotinoïdes, l’acétamipride et le flupyradifurone. Sa rédaction s’adapte à la censure de dispositions similaires, initialement prévues dans la loi des sénateurs Laurent Duplomb et Franck Menonville, adoptée cet été après de fortes tensions.

Le

Equipements Police Municipale de Nice
4min

Parlementaire

Le Sénat adopte en commission la réforme des polices municipales

Inspiré des recommandations d’une mission d’information du Sénat, le projet de loi sur l’élargissement des compétences des policiers municipaux et des gardes champêtres sera débattu au Palais du Luxembourg à partir du 3 février. Il autorise notamment les agents à dresser des amendes forfaitaires pour une liste précise d’infractions.

Le

Budget 2026 : Jean-François Husson déplore le « changement d’alliance » du gouvernement
5min

Parlementaire

« Le masculinisme est une menace pour l’ordre public », alertent des associations féministes

Réunies jeudi 29 janvier par la délégation aux droits des femmes du Sénat, plusieurs responsables associatives féministes ont dressé un constat unanime : le masculinisme ne relève plus d’une simple rhétorique antiféministe, mais s’est constitué en mouvement structuré, politisé et parfois violent, en lien étroit avec les droites radicales. Une évolution qui, selon elles, menace à la fois la sécurité des femmes et la cohésion démocratique.

Le