Budget : le Sénat supprime les avantages des anciens Premiers ministres
Le Sénat a voté la suppression des avantages dont bénéficient les anciens Premiers ministres, comme la mise à disposition d’une voiture et d’un chauffeur, pour une économie d’1,6 million d’euros par an. Les dépenses liées à leur sécurité ne sont pas affectées. D’autres amendements proposant la même suppression pour les anciens Présidents de la République n’ont pas été adoptés.
« Ce n’est même pas une question financière », a estimé Marie-Pierre de la Gontrie (PS) au moment de défendre la suppression des moyens matériels et de personnels mis à disposition par l’Etat aux anciens Premiers ministres et Présidents de la République. « Pourquoi maintenir ces avantages conséquents pendant des années, alors que les personnes dont on parle n’en ont pas besoin ? » a interrogé la sénatrice socialiste en appelant à l’exemplarité. Récemment, Sébastien Lecornu a limité ces avantages aux dix années suivant le départ des concernés de Matignon, et non plus au reste de leur vie.
1,6 million d’euros d’économies
Le rapporteur spécial des crédits de la direction de l’action du gouvernement, le sénateur RN Christopher Szczurek, qui s’est déclaré favorable à la suppression des avantages des anciens Premiers ministres mais pas à ceux des anciens Présidents de la République, a aussi rappelé que cette suppression n’affecterait pas les dépenses liées à la sécurité des personnes concernées. Le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a pour sa part défendu l’action « significative » du gouvernement en la matière, avec une diminution de ces dépenses de 12 % par rapport à 2019.
Pour être appliquée, la mesure qui économise 1,6 million d’euros devra être validée par la commission mixte paritaire (CMP) et l’Assemblée nationale.
Ce mercredi, à la surprise générale, les sénateurs ont supprimé l’article phare de la proposition de loi créant une aide à mourir, vidant le texte de sa substance. Il va continuer son parcours législatif, après le vote solennel du Sénat mercredi prochain, et retourner devant les députés. En cas d’« enlisement » parlementaire, Emmanuel Macron a évoqué en mai dernier la possibilité d’un référendum.
C’est une séance animée que les sénateurs ont vécue mercredi lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Même si les rapporteurs LR avaient considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », cette version de la commission n’a pas eu le soutien d’une partie de la droite qui a rejeté l’article. La gauche y voit l’influence de « la droite catholique » de Bruno Retailleau. La droite demande désormais au gouvernement de suspendre la procédure législative sur ce texte.
Le Sénat examine en séance publique la proposition de loi créant le droit à une aide à mourir à partir de ce mardi 20 janvier. Revu en profondeur en commission des Affaires sociales, le texte promet des débats animés dans l’hémicycle. Les sénateurs socialistes estiment que les rapporteurs LR du texte l’ont « vidé de son sens ». « Notre objectif, c’est bien d’aller vers la version » votée à l’Assemblée nationale, souligne la sénatrice PS Annie Le Houérou.
Les sénateurs LR, très remontés contre la nouvelle version du projet de loi de finances présentée par Sébastien Lecornu, s’interrogent sur la pertinence de rouvrir les débats budgétaires au Sénat. En engageant la responsabilité de son gouvernement à l’Assemblée nationale, le Premier ministre espère une adoption rapide de ce texte, sans obstruction du coté de la Chambre haute.