Paris: Seance questions au gouvernement Senat
Seance de questions au gouvernement avec le Premier Ministre Michel Barnier au Senat a Paris, le 6 novembre 2024. Paris, France - 06/11/2024 Weekly session of questions to the government with the French Prime Minister Michel Barnier at the French Senate in Paris, on November 6, 2024. Paris, France - 06/11/2024//04HARSIN_QAGSENAT054/Credit:ISA HARSIN/SIPA/2411061918

Budget : le Sénat renonce finalement à la hausse de la taxe sur le gaz

Dans le cadre de l’examen du budget 2025, plusieurs secondes délibérations ont été demandées par le gouvernement et le rapporteur pour revenir sur certains votes des derniers jours, qui alourdissent le déficit. La majorité sénatoriale accepte au passage de revenir sur la hausse de la taxe sur le gaz, qu’elle a pourtant elle-même défendue. De quoi aider le gouvernement, sous la menace d’une censure du RN.
François Vignal

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Coup de théâtre au Sénat. Alors que les sénateurs s’apprêtent à voter ce dimanche sur l’ensemble de la première partie du projet de loi de finances (PLF) 2025, portant sur les recettes, après une semaine d’examen, une série de secondes délibérations ont été demandées par le gouvernement et la commission des finances.

Aggravation du déficit de 5 à 5,5 %

Face à l’ensemble des amendements adoptés, les modifications apportées par le Sénat aggravent les prévisions de déficit public de 5 à 5,5 %, avec un solde dégradé de 5,8 milliards d’euros. Le rapporteur général de la commission des finances, le sénateur LR Jean-François Husson, a lui-même souligné qu’il « ne souhaitait pas » cette « forte dégradation du solde 2025 ».

Outre les mesures voulues par le rapporteur, plusieurs autres amendements ont été adoptés, notamment un amendement communiste sur la contemporanéisation du FCTVA pour les collectivités, pour un coût de 6,4 milliards d’euros. « C’est pourquoi nous souhaitons une seconde délibération pour s’approcher au maximum de l’équilibre initial », a justifié le ministre des Comptes publics, Laurent Saint-Martin. La seconde délibération, qui permet de revoter sur un amendement déjà adopté, doit formellement être demandée par le rapporteur, ce qu’il a fait.

Mais plus surprenant : la majorité sénatoriale accepte de se faire hara-kiri sur l’une des mesures qu’elle a défendues, contre l’avis du gouvernement. Car une seconde délibération est demandée sur la hausse de la taxe sur le gaz, qui vise à compenser la suppression de la hausse de la taxe sur l’électricité, que défendent les sénateurs.

Coup de main au gouvernement qui joue sa survie face à Marine Le Pen

« Vous avez proposé de revenir sur la hausse de la taxe sur l’électricité. Le premier ministre a aussi annoncé que le gouvernement accompagnait votre souhait là-dessus. Mais le gouvernement considère que cette baisse de fiscalité sur les assises ne doit pas être gagée sur la hausse d’une autre fiscalité, celle sur le gaz », a défendu Laurent Saint-Martin, qui souhaite que la Haute assemblée puisse « revenir sur la hausse de la fiscalité du gaz mais aussi sur la fiscalité sur les bouteilles d’eau », sur laquelle le Sénat a voté pour l’augmentation de la TVA de 5,5 à 20 %.

La majorité sénatoriale a accepté de revenir sur la hausse de la taxe sur le gaz, Jean-François Husson donnant un avis favorable à l’amendement du ministre sur le sujet. La majorité LR-centriste donne en réalité un coup de main au gouvernement, qui joue actuellement sa survie. Marine Le Pen menace en effet de voter la censure contre le gouvernement Barnier, si le RN n’est pas écouté sur une série de lignes rouges, dont la hausse de la taxe sur l’électricité, mais aussi celle sur le gaz, font partie.

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