C’est un dossier qui aura marqué les deux quinquennats d’Emmanuel Macron. Mesure polémique du premier projet de loi de finances présenté par un gouvernement macroniste, la baisse de l’aide personnalisée au logement (APL) se poursuit dans le budget pour 2026. Depuis 2017, le montant des prestations versées à ce titre a diminué de presque 25 % et le prochain budget prévoit un nouveau gel des APL, pour un gain budgétaire anticipé d’environ 100 millions d’euros en 2026 et 200 millions d’euros sur les exercices 2027 et 2028.
Le Sénat a validé cette mesure malgré des amendements de suppression déposés par les groupes de gauche et le groupe RDSE, à majorité radicale. Même le sénateur Les Indépendants (où siège Horizons) a averti le gouvernement et la majorité sénatoriale : « Au mois de juillet nous allons face à des grandes difficultés pour des étudiants, ainsi que pour les bailleurs propriétaires en matière d’impayés. On redonne la patate chaude aux collectivités territoriales ou aux services du Crous. »
Fin des APL pour les étudiants extracommunautaires
Le texte du gouvernement prévoit aussi de restreindre les aides au logement en excluant les étudiants étrangers non-européens du dispositif. Ceux-ci devront justifier de deux ans de résidence en France pour pouvoir percevoir ces allocations.
Un « contresens historique évident » et « vision décliniste de la France d’un pays rabougri qui se replie sur lui-même, pas à hauteur de son histoire », a regretté le sénateur écologiste Ronan Dantec. Adel Ziane (PS) a de son côté dénoncé des « économies faites sur les dos des plus jeunes et des plus précaires », ainsi qu’une exclusion « brutale et contraire au principe d’égalité de traitement. » La majorité sénatoriale a largement validé la rédaction du gouvernement, par 222 voix contre 119.