Budget : le Sénat vote une hausse de près de 16 millions d’euros du fonds d’aide aux radios locales

Alors que le gouvernement voulait à l’origine réduire de 50 % le fonds de soutien à l’expression radiophonique locale, qui bénéficie à 770 radios locales, les sénateurs, de gauche comme de droite, se sont mobilisés pour maintenir ses crédits au niveau de 2025, avec le soutien de la ministre de la Culture, Rachida Dati.
François Vignal

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Même quand ils parlent culture et médias, la dimension locale des sénateurs s’exprime. Le Sénat, qui est toujours en plein examen de la partie dépenses du projet de loi de finances 2026, a adopté les crédits de la mission « médias, libre et industries culturelles », marqués par une baisse de 4,1 % en crédits de paiement, pour atteindre 707,6 millions d’euros.

« Nous sommes tous ici très attachés au soutien aux radios locales »

Le budget de l’audiovisuel public est marqué par une nouvelle baisse de ses crédits de 70 millions d’euros, après une baisse de 80 millions d’euros l’an dernier. C’est surtout France Télévisions qui subit cette nouvelle coupe, à hauteur de 65 millions d’euros et 4,1 millions pour Radio France. Des baisses dénoncées avec verve par la gauche. « Le décrochage par rapport au contrat d’objectif et de moyen est terrible, c’est 300 millions d’euros », a pointé la socialiste Sylvie Robert, qui soutient que « ce budget va ébranler l’ensemble du secteur audiovisuel ». Elle dénonce « un acharnement » contre l’audiovisuel public. Le sénateur LR Max Brisson a lui plutôt appelé à « redéfinir les missions de l’audiovisuel public » pour mieux « le préserver ».

Les aides à la presse écrite sont mis à contribution également, avec une réduction de leurs crédits de 6 %. Mais c’est le sort des radios locales, qui a mobilisé le plus les sénateurs. Le fonds de soutien à l’expression radiophonique locale (FSER) baisse dans le projet de budget de 50 %.

Pas moins de 15 amendements, dont 14 rendus identiques, issus de tous les bancs, de gauche comme de droite, ont été déposés sur le sujet. Les sénateurs ont donc largement adopté l’amendement, soutenu par toute la commission de la culture, du sénateur centriste Michel Laugier, qui « vise à rétablir les crédits du FSER au niveau de 2025, soit 35,3 millions d’euros », par une hausse de 15,7 millions d’euros des crédits. « Nous sommes tous ici très attachés au soutien aux radios locales », a assuré le rapporteur, le sénateur LR Jean-Raymond Hugonet, qui a émis un avis favorable.

« 770 radios associatives, presque 2400 emplois et des milliers de bénévoles »

Ce fonds de soutien « concerne 770 radios associatives, presque 2400 emplois et des milliers de bénévoles qui permettent à ces radios associatives locales, aussi bien en milieu urbain, rural qu’en Outre-mer, de fonctionner et de travailler à l’intérêt général, pour éduquer les jeunes, faire du lien social », sans oublier « un rôle d’information au niveau local », souligne le sénateur (rattaché LR), Cédric Vial (voir la vidéo). La baisse du budget entraînerait « pour RCF Vendée par exemple, la suppression d’un poste de salarié à temps plein, soit un quart de son effectif. Sur l’Ile d’Yeu, pour Neptune FM, on pourrait simplement fermer la radio », alerte la sénatrice centriste de la Vendée, Annick Billon.

Ces radios « constituent souvent le seul média d’information quotidien pour les communes rurales et de montagne », ajoute Maryse Carrère, présidente du groupe RDSE. « Les temps de concorde dans un hémicycle sont assez rares, il faut en profiter. Tout le monde défend le FSER », s’est félicité Jean-Raymond Hugonnet.

Et même la ministre de la Culture, Rachida Dati, qui s’est dit « favorable » à la hausse des crédits de 15,7 millions d’euros. Mieux : « J’ai obtenu du premier ministre de lever le gage (car seul le gouvernement peut augmenter une dépense, pas les parlementaires), car lui aussi était convaincu de préserver le soutien à nos radios associatives », a-t-elle annoncé, sous les applaudissements des sénateurs, reconvertis en défenseurs de la bande FM locale.

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