Hearing of Pierre-Edouard Sterin
Hearing of Hearing of Pierre-Edouard Sterin, French entrepreneur and billionaire, a traditional Catholic, close to the French right and far right, who was due to appear before the Committee of Inquiry into the organisation of elections in France at the French National Assembly, in Paris, on May 20, 2025 Â' Stephane Lemouton/SIPA //LEMOUTONSTEPHANE_250420012/Credit:Stephane Lemouton/SIPA/2505201144

« Commission d’enquête Stérin » : les sénateurs socialistes veulent faire la lumière sur l’influence des fondations privées sur la vie démocratique

Ce mercredi va être officiellement actée au Sénat, la mise en place d’une commission d’enquête portée par les sénateurs socialistes visant à faire la transparence sur les investissements de structures privées, comme des fondations, dans le champ démocratique, culturel ou éducatif. Sera principalement visé le projet « Périclès » du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin.
Simon Barbarit

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La sénatrice socialiste de Paris, Colombe Brossel a présenté ce matin lors d’une conférence de presse l’objet de la commission d’enquête de son groupe dans le cadre de son droit de tirage annuel. La commission d’enquête sera officialisée cet après-midi en Conférence des présidents et portera « sur les mécanismes de financement des politiques publiques par des organismes, sociétés ou fondations de droit privé et les risques en matière d’influence et d’absence de transparence financière ».

« On a en tête tout ce qui navigue autour de la galaxie de Pierre-Édouard Stérin »

L’intitulé est volontairement large, « mais vous l’avez compris, on a en tête tout ce qui navigue autour de la galaxie de Pierre-Édouard Stérin […] Si nous ne l’avons pas cité en tant que tel dans le nom de la commission d’enquête, c’est pour se laisser toute possibilité de travailler sur d’autres modes de financement », a expliqué la sénatrice.

Les travaux de la commission d’enquête pourraient également porter sur la question de la régulation des médias traditionnels, notamment ceux de Vincent Bolloré, mais aussi la régulation des influenceurs ou encore le financement des écoles privées hors contrats.

Mais son objet principal consistera à faire la lumière sur le projet « Périclès » du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin. Durant l’été 2024, le quotidien L’Humanité avait révélé un document détaillant sa stratégie d’influence politique, censé favoriser une victoire de l’union des droites aux prochaines élections.

L’entrepreneur, qui a fait fortune avec les Smartbox, entend mettre ses moyens au service de ses idées. Il finance notamment un organisme qui accompagne, au travers de séminaires de formation, des candidats aux élections municipales. L’homme d’affaires est également régulièrement critiqué localement à gauche pour la Nuit du bien commun, un événement caritatif organisé dans plusieurs villes favorisant des associations conservatrices. Ses investissements se dirigent vers des associations contre l’immigration, anti-avortement, contre « le racisme anti-blanc », contre les hausses d’impôts, ou vers des chaînes Youtube, des influenceurs… « Nous voyons bien à quel point les champs d’intervention qui ont été choisis sont ceux qui contribuent à faire vivre la démocratie. On s’attaque résolument à l’éducation, à la culture, à la jeunesse, au patrimoine, à la vie associative. Des champs politiques qui ne sont plus ou pas assez accompagnés par l’Etat depuis de nombreuses années. Ce qui conduit à combler le vide », a-t-elle observé.

Des « pouvoirs coercitifs » pour convoquer Pierre-Edouard Stérin

La commission composée de 23 élus lancera une convocation à Pierre-Édouard Stérin pour une audition sous serment. Or, l’année dernière, à deux reprises, le milliardaire a refusé de se présenter devant la commission d’enquête sur « l’organisation des élections en France », installée par les députés de la France insoumise. Le président du groupe socialiste, Patrick Kanner a rappelé que seul le chef d’Etat n’est pas soumis à cette obligation. Pour les autres, il rappelle qu’une commission d’enquête dispose de « pouvoirs coercitifs ».

Se rendre à une convocation d’une commission d’enquête parlementaire est, en effet, une obligation légale dont le non-respect est passible de 7 500 euros d’amende et deux ans d’emprisonnement. À la suite d’un signalement du président de la commission d’enquête de l’Assemblée, Thomas Cazenave (Renaissance), une enquête a été ouverte à l’encontre de Pierre-Édouard Stérin.

Un président désigné par le groupe LR

La commission d’enquête du Sénat commencera ses travaux à la fin du mois pour une durée de 6 mois. Au côté de la rapporteure Colombe Brossel, le président sera désigné par le groupe LR. En 2022, lors de la conduite des travaux d’une commission d’enquête sur la concentration des médias, un conflit était apparu entre la droite sénatoriale et le rapporteur PS David Assouline, sur la question de la chaîne CNews de Vincent Bolloré (lire notre article).

Colombe Brossel se veut optimiste sur la bonne conduite de la commission d’enquête et pense pouvoir mettre de côté les fortes divergences idéologiques qui séparent son groupe de celui où siège Bruno Retailleau. « La question démocratique n’est pas étrangère à la majorité sénatoriale », souligne-t-elle.

Le rapport de la commission est attendu pour cet été.

 

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