Crise énergétique : « Les grandes mesures à l’aveugle ne marchent pas, il faut des réponses ciblées », martèle Sébastien Lecornu

Lors des questions au gouvernement au Sénat, la présidente du groupe RDSE, Maryse Carrère, a interpellé le Premier ministre Sébastien Lecornu sur les conséquences économiques et sociales de la guerre au Moyen-Orient, dans un contexte de fortes tensions internationales et de hausse des prix de l’énergie.
Rédaction Public Sénat

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Voilà près d’un mois que la situation s’embrase dans la région. Les frappes menées par les États-Unis et Israël, suivies de représailles iraniennes, ont plongé le Moyen-Orient dans une instabilité majeure. Au cœur des préoccupations figure le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % des hydrocarbures mondiaux, et dont les perturbations alimentent les craintes sur les marchés. Les premières conséquences économiques sont déjà visibles. Dans le même temps, l’inflation pourrait dépasser les 2 % au printemps, portée par la flambée des prix de l’énergie.

Dans ce contexte, la sénatrice RDSE, Maryse Carrère a alerté sur les répercussions concrètes pour les Français : « Depuis bientôt un mois, les frappes ont engendré une situation pour le moment incontrôlable dans la région. Au-delà du drame humain qui se joue pour les populations civiles, ce sont aussi des dommages collatéraux économiques et sociaux qui inquiètent tous nos concitoyens », a-t-elle déclaré. La sénatrice a insisté sur la hausse brutale des prix de l’énergie, évoquant « 60 % de plus pour le pétrole et 70 % de plus pour le gaz », ainsi que ses effets directs sur le pouvoir d’achat. « Des prix à la pompe qui montent et une nouvelle menace pour les Français », a-t-elle ajouté, pointant un « air de déjà-vu » après la crise liée à la guerre en Ukraine. Elle a également mis en avant les difficultés rencontrées par de nombreux secteurs économiques, des artisans aux agriculteurs, en passant par les pêcheurs, les transporteurs et les professionnels de santé en milieu rural, particulièrement touchés par la hausse des coûts de déplacement. Maryse Carrère a appelé à une réponse rapide et ciblée du gouvernement, estimant que le terme de « choc pétrolier » utilisé par le ministre de l’Économie devait se traduire par « une réponse forte envers les publics les plus fragiles ».

Sébastien Lecornu distingue une crise « différente » de celle de 2022

En réponse, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu les inquiétudes tout en soulignant que « certaines choses sont déjà vues, d’autres non. À la différence de la crise liée à l’Ukraine, nous faisons face aujourd’hui à une crise de la volatilité des prix », a-t-il expliqué. Il a précisé que la France, moins dépendante des approvisionnements du Golfe, restait néanmoins exposée aux tensions sur les marchés internationaux et aux perturbations du transport maritime. « Nous sommes face à une crise qui touche la circulation maritime et qui peut conduire à des frappes sur des installations de production », a-t-il averti, évoquant une « inflation importée ». Le chef du gouvernement a toutefois mis en avant un facteur de résilience, avec un parc nucléaire français plus performant qu’en 2022, permettant de limiter partiellement l’impact sur les prix de l’électricité. Sébastien Lecornu a insisté sur la nécessité d’éviter des mesures généralisées et coûteuses : « Les grandes mesures à l’aveugle ne fonctionneront pas. Il faut des réponses ciblées », a-t-il affirmé, évoquant la mobilisation de plusieurs leviers. Le gouvernement entend notamment agir sur les stocks stratégiques, renforcer les capacités de raffinage et s’assurer que les baisses de prix soient répercutées aussi rapidement que les hausses. Il a également assuré que des mesures spécifiques seraient mises en place pour les secteurs les plus touchés, notamment les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs ou encore les professionnels de santé. Des discussions sont en cours au niveau européen afin d’assouplir certaines règles et permettre un soutien plus efficace.

Enfin, le Premier ministre a défendu une réponse de long terme reposant sur l’accélération de l’électrification des usages et la réduction de la dépendance aux énergies fossiles. « Nous ne serons pas immobiles, mais nous devons agir efficacement », a-t-il conclu, appelant à tirer les leçons des crises passées pour mieux faire face à celle qui s’annonce.

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