Défense : le Sénat adopte un budget en hausse de 3,3 milliards, épargné par les coupes budgétaires

C’est l’une des rares missions du budget épargné par les coups de rabot. Samedi, la Haute assemblée a adopté le budget de la Défense en hausse de 3,3 milliards d’euros, conformément à la trajectoire de la loi de programmation militaire 2024-2030.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Malgré un contexte budgétaire difficile, les crédits de la mission défense adoptés par le Sénat ce samedi, ont été sanctuarisés. Ils ont, en réalité, progressé de 3,3 milliards d’euros conformément à la trajectoire de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, portant le budget à 50,5 milliards pour la Défense en 2025.

De quoi satisfaire la Haute assemblée qui avait adopté la loi de programmation à l’été 2023. Pourtant, le rapporteur LR pour la commission des finances, Dominique de Legge ne s’est pas privé de pointer des failles dans la gestion de ces crédits et le manque d’information du Parlement. « Le report de charge passerait de 3,9 milliards en 2022 à près de 7 milliards fin 2024 […] Concrètement, depuis 2023, le ministère reporte à plus tard une part croissante des paiements […] Il achète plus qu’il ne peut payer […] C’est 0,5 point de PIB et une dette qui vient s’ajouter à la dette officielle », a-t-il reproché.

Le rapporteur a également indiqué n’avoir obtenu que vendredi, « un chiffrage des surcoûts supportés par les armées de l’année 2024, dus à la situation en Nouvelle-Calédonie, au déploiement sur le front oriental de l’OTAN en Europe, au JO et en Ukraine. C’est un peu tardif ». Selon les chiffrages de la commission, ce sont 500 millions supplémentaires qui s’ajoutent aux 6,8 milliards de reports de charges de 2024.

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu a estimé qu’il ne fallait pas « s’inquiéter » des reports de charges. « On a beaucoup de reports de charges parce qu’on a beaucoup de commandes », a-t-il expliqué, assurant que ces reports ne menaçaient pas la structure de la loi de programmation.

A gauche, les élus se sont abstenus sur ce budget. « Vous tenez bon contre la mainmise des comptables. Ainsi la LPM poursuit sans accroc, sa trajectoire. C’est le seul budget en hausse avec celui de la sécurité intérieure », a relevé le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard qui consent : « Alors que la loi du plus fort régit les relations entre les nations, il ne nous paraît pas raisonnable de faire l’économie de l’effort de réarmement national engagé par notre pays ».

En termes de dépenses de personnels, 23 milliards sont prévus, avec un schéma d’emploi de 630 équivalents temps plein, « alors que la LPM en prévoyait 700 en 2025 » a fait remarquer Marie-Arlette Carlotti, sénatrice socialiste. Le ministre a assuré que l’objectif des 700 serait tenu.

Hélène Conway-Mouret, vice-présidente PS de la commission des affaires étrangères, a pointé ce qu’elle considère être « les insuffisances persistantes » du budget « pour nous préparer à la haute intensité », « puisque l’état-major a pris en référence un délai de 2 mois pour définir ses besoins en moyens matériels, munitions et logistiques », trop bref, selon elle, pour que les industriels puissent passer en économie de guerre. C’est pourquoi comme les autres sénateurs de son groupe, elle s’est abstenue.

Sébastien Lecornu a fixé comme défi pour les armés françaises, « l’articulation entre la dissuasion nucléaire et le conventionnel militaire et civil » et dit se mettre la disposition du Sénat « pour évoquer ce sujet en profondeur qu’il résume par une question générale : « Est-ce que le doublement du budget des armées en 2030 va véritablement couvrir les menaces de demain ? »

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Défense : le Sénat adopte un budget en hausse de 3,3 milliards, épargné par les coupes budgétaires
5min

Parlementaire

Pesticides : après d’intenses débats, le Sénat réintroduit l’utilisation de deux néonicotinoïdes interdits

Le Sénat a voté en faveur de la réintroduction temporaire de deux néonicotinoïdes interdits en France pour soutenir certaines filières en difficulté. Votée contre l’avis du gouvernement lors de l'examen du projet de loi d'urgence agricole, cette mesure hautement inflammable n'a pas manqué de raviver le clivage gauche/droite dans l’hémicycle du Sénat. Mais elle pourrait aussi compromettre l’avenir du texte.

Le

Défense : le Sénat adopte un budget en hausse de 3,3 milliards, épargné par les coupes budgétaires
5min

Parlementaire

Pesticides : le Sénat interdit l'importation en France de denrées traitées avec des produits non autorisés par l'UE

Le Sénat a voté lundi l'interdiction d'importer en France des denrées alimentaires traitées avec des produits phytosanitaires proscrits par l'UE. Intégrée au projet de loi d'urgence agricole, cette mesure vise à contrer la concurrence déloyale. Elle a pourtant suscité de vifs débats, socialistes et écologistes estimant que le dispositif prévu n’a qu’une valeur « incantatoire ».

Le

Creche Municipale « Les Elfes » classe bilingue a Cannes
2min

Parlementaire

Commission d’enquête sur le périscolaire : les sénateurs auditionneront des collectifs et associations de victimes le 1er juillet 

Le Sénat lance ces jours-ci une nouvelle mission d’information dotée des prérogatives d’une commission d’enquête et consacrée à la prévention et au traitement des violences dans le périscolaire. Les premières auditions seront organisées le mercredi 1er juillet avec l’invitation de collectifs tels que SOS Périscolaire, Innocence en danger ou encore Me Too Ecole.

Le

Défense : le Sénat adopte un budget en hausse de 3,3 milliards, épargné par les coupes budgétaires
4min

Parlementaire

Canicule : 50% du Fonds vert seront en priorité fléchés vers « les collectivités de petite taille », annonce Monique Barbut

Alors que la France étouffe sous une vague de chaleur historique, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a été bousculée ce mercredi au Sénat. Face à la baisse drastique du Fonds vert, elle a annoncé le fléchage prioritaire de 50 % des crédits restants vers les petites collectivités pour financer des travaux d’adaptation et de rénovation énergétique.

Le