Dérapage du déficit : les anciens ministres « sont gênés » par le rapport du Sénat, note le président de la commission des finances

Dans la foulée de la publication du rapport du Sénat sur le déficit, quatre anciens membres du gouvernement, parmi lesquels, Bruno Le Maire ont dénoncé « un réquisitoire d’opposants politiques, truffé de mensonges ». Le président socialiste de la commission des finances, Claude Raynal leur répond.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Dans un brief improvisé mercredi, les ex-ministres Bruno Le Maire et Thomas Cazenave, les anciens premiers ministres Gabriel Attal et Élisabeth Borne ont sonné la charge contre le rapport de la mission d’information du Sénat sur le dérapage du déficit. Sous la houlette du président de la commission des finances PS, Claude Raynal du rapporteur général de la commission des finances, le sénateur LR Jean-François Husson, la mission a pointé une « irresponsabilité budgétaire », un « double discours », « un attentisme et une inaction dommageables », une « mystification », et un « sentiment général d’irresponsabilité et de déni collectif ».

Des qualificatifs qui ont suscité une forte irritation des anciens membres de l’exécutif. « Ce n’est pas un rapport, c’est un réquisitoire d’opposants politiques, truffé de mensonges, d’approximations et d’affirmations spécieuses », a répondu, devant la presse quelques heures plus tard, Bruno Le Maire.

« Ça montre une certaine fébrilité dont je ne comprends pas bien ni l’origine, ni la raison »

Au micro de Public Sénat, Claude Raynal y voit, tout d’abord des « affirmations sans aucun élément d’appréciation » et ironise. « C’est un honneur d’arriver, sur un rapport du Sénat, à réunir en si peu de temps, quatre personnalités aussi importantes. Ils sont gênés par ce rapport puisqu’ils souhaitent immédiatement en reprendre les termes. Ça montre une certaine fébrilité dont je ne comprends pas bien ni l’origine, ni la raison ».

Concernant précisément les accusations portant sur un supposé caractère partisan de ce rapport, Claude Raynal rappelle qu’il n’est pas du même bord politique que Jean-François Husson.

Les sénateurs constatent, dans leur rapport, que « le gouvernement connaissait l’état critique des finances publiques dès décembre 2023, il aurait dû réagir vigoureusement et il ne l’a pas fait ». « Mensonge. C’était techniquement impossible », a soutenu Bruno Le Maire, devant la presse.

« Il a produit une note à (destination) de la Première ministre lui demandant de prendre très exactement des mesures sur le projet de loi de finances 2024 », rappelle Claude Raynal.

L’ancien ministre de l’Economie et des Finances soutient également que les membres de son gouvernement ont « collectivement anticipé, réagi vite, fort, contre toutes les oppositions, notamment les groupes LR et PS qui continuaient de proposer des dépenses supplémentaires ».

Le sénateur socialiste balaye là encore l’argument. « Les parlementaires répercutent les demandent des citoyens » […] « Le rôle d’un gouvernement, c’est d’ajuster les dépenses aux recettes ». Il rappelle aussi que c’est le rôle des parlementaires de faire leur travail de contrôle du gouvernement. Parmi les anciens ministres, « il y en a trois qui sont redevenus parlementaires donc ils vont devoir se remettre dans la position de contrôle de l’action du gouvernement », conseille-t-il.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Dérapage du déficit : les anciens ministres « sont gênés » par le rapport du Sénat, note le président de la commission des finances
8min

Parlementaire

Projet de loi « casseurs-payeurs » : le Sénat adopte le nouveau régime de responsabilité civile solidaire pour les participants à une manifestation violente

En marge de l’agitation sociale, le Sénat a entamé ce mardi 27 octobre l'examen du projet de loi « casseurs-payeurs », décrié par la gauche comme une atteinte à la liberté de manifester. En milieu de soirée, les élus ont adopté les dispositions du texte qui permettent aux pouvoirs publics de réclamer le recouvrement de dommages et intérêts aux participants d’un rassemblement marqué par des violences, sans qu’ils soient directement responsables des dégradations constatées.

Le

Paris: Clashes Erupt in Paris at Night Following French President’s Televised Address
5min

Parlementaire

Loi « casseurs-payeurs » : que contient le texte examiné au Sénat ?

La chambre haute entame ce mardi 27 octobre l’examen du projet de loi « casseurs-payeurs ». Un projet décrié par la gauche et qui vise à permettre d’engager la responsabilité civile des individus s’étant maintenu dans un attroupement ayant causé des dommages.

Le

Dérapage du déficit : les anciens ministres « sont gênés » par le rapport du Sénat, note le président de la commission des finances
4min

Parlementaire

Autonomie de la Corse : après le rejet du Sénat, les soutiens du texte expriment un « sentiment de déception » 

En dépit du soutien du gouvernement, le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse a été rejeté après l’adoption de plusieurs amendements issus de la droite sénatoriale et vidant le texte de sa substance. Invités de la matinale de Public Sénat, les deux sénateurs de Corse, Jean-Jacques Panunzi (LR) et Paul-Toussaint Parigi (UCI) reviennent sur leur vision de l’autonomie de la Corse.

Le

Dérapage du déficit : les anciens ministres « sont gênés » par le rapport du Sénat, note le président de la commission des finances
6min

Parlementaire

Autonomie de la Corse : au Sénat, les débats s’enlisent sur la notion de « communauté corse »

À l’initiative de la droite sénatoriale, les élus ont supprimé du texte de la réforme constitutionnelle la référence à une « communauté corse ». Le sénateur autonomiste Paul-Toussaint Parigi a aussitôt annoncé le retrait de sa famille politique du « processus de Beauvau », à l’origine de ce texte. Le gouvernement annonce qu’il réunira les parlementaires dans les prochains jours « pour voir si le chemin peut être poursuivi ou pas ».

Le