Déserts médicaux : « Ce que nous voulons c’est du volontariat et de l’engagement », souligne Yannick Neuder

Interrogé par Public Sénat, après les questions d’actualité au gouvernement, le ministre de la Santé et de l’Accès au soin, Yannick Neuder, a rappelé la position du gouvernement de mettre en place des mesures incitatives pour les médecins afin de lutter contre les déserts médicaux.
Marius Texier

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Hier, les médecins ont manifesté leur mécontentement face à la proposition de loi du député socialiste, Guillaume Garot, qui vise à réguler l’installation des médecins. « Je suis particulièrement contre cette proposition, car je pense que le remède est pire que le mal », a affirmé Yannick Neuder. « C’est une mesure qui ne va pas permettre de régler le problème puisque, lorsque vous avez une pénurie, ce n’est pas réguler la pénurie qui va favoriser l’accès aux soins ».

« Une obligation collective »

Opposé à la proposition de Guillaume Garot, François Bayrou a dévoilé, vendredi dernier, son « pacte de lutte contre les déserts médicaux ». Il prévoit la mise en place d’une « mission de solidarité » en demandant aux médecins de consacrer « jusqu’à 2 jours par mois » dans les territoires « prioritaires » définis par l’ARS.

« Nous allons travailler, dans les zones désertiques, à une obligation partagée globale de l’ensemble médical », précise Yannick Neuder. « C’est une obligation collective ».

Aucune sanction envisagée

Pour le ministre de la Santé, il faut au préalable « évaluer les besoins des territoires » et « observer » les forces en présence. « L’objectif est de mettre en relation des bassins de médecins avec des zones désertiques », précise Yannick Neuder. Pour ce faire, les médecins devront faire un « projet de consultation » sur un territoire plus désertique que dans lequel ils exercent. « Des incitations financières sont prévues », assure le ministre.

Aucune sanction n’est pour l’instant envisagée si les médecins refusent : « Dans le cas où les mesures incitatives ne fonctionnent pas, nous verrons alors ce qu’il faudra mettre en place », estime le ministre. « Ce que nous voulons c’est du volontariat et de l’engagement. Le principe c’est de demander beaucoup à peu de médecins plutôt que d’obliger peu de médecins à faire beaucoup ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Recolte betterave 2020
6min

Parlementaire

Néonicotinoïdes : une nouvelle « loi Duplomb » déposée au Sénat

Porté par plusieurs groupes politiques, ce nouveau texte prévoit la réintroduction pour certaines cultures de deux insecticides néonicotinoïdes, l’acétamipride et le flupyradifurone. Sa rédaction s’adapte à la censure de dispositions similaires, initialement prévues dans la loi des sénateurs Laurent Duplomb et Franck Menonville, adoptée cet été après de fortes tensions.

Le

Equipements Police Municipale de Nice
4min

Parlementaire

Le Sénat adopte en commission la réforme des polices municipales

Inspiré des recommandations d’une mission d’information du Sénat, le projet de loi sur l’élargissement des compétences des policiers municipaux et des gardes champêtres sera débattu au Palais du Luxembourg à partir du 3 février. Il autorise notamment les agents à dresser des amendes forfaitaires pour une liste précise d’infractions.

Le

Déserts médicaux : « Ce que nous voulons c’est du volontariat et de l’engagement », souligne Yannick Neuder
5min

Parlementaire

« Le masculinisme est une menace pour l’ordre public », alertent des associations féministes

Réunies jeudi 29 janvier par la délégation aux droits des femmes du Sénat, plusieurs responsables associatives féministes ont dressé un constat unanime : le masculinisme ne relève plus d’une simple rhétorique antiféministe, mais s’est constitué en mouvement structuré, politisé et parfois violent, en lien étroit avec les droites radicales. Une évolution qui, selon elles, menace à la fois la sécurité des femmes et la cohésion démocratique.

Le