Ecologie : le Sénat réduit le budget de l’Office français de la biodiversité (OFB) et ponctionne sa trésorerie

Lors de l’examen du budget de l’Écologie, le Sénat a voté plusieurs réductions budgétaires pour certains opérateurs de l’Etat, notamment l’Office français de la biodiversité (OFB) qui a vu son budget diminuer de 26 millions d’euros, soit 4,5 %. La chambre haute a aussi voté une ponction de la trésorerie de l’OFB de 40 millions d’euros, sous les protestations de la gauche, et contre l’avis du gouvernement.
Louis Mollier-Sabet

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Ce n’est pas la première fois que l’Office français de la biodiversité (OFB) attire l’attention du Sénat. Son directeur a été auditionné deux fois par la chambre haute dans la dernière année, notamment après la publication par les Jeunes Agriculteurs – un syndicat agricole – d’une vidéo mettant en scène l’assassinat à coup de pelle d’un agent de l’OFB par un agriculteur réprimandé lors d’un contrôle (voir notre article). L’OFB, sorte de « police de l’environnement », est aussi régulièrement un sujet des débats budgétaires de l’hiver, et l’examen du projet de loi de finances 2026 n’a pas échappé à la règle.

« Ce n’est pas un hasard si vous vous attaquez à la police de l’environnement »

Sur proposition de la rapporteure des crédits consacrés à l’Écologie, la sénatrice LR Christine Lavarde, le Sénat a voté une réduction de 15 millions d’euros du budget de l’OFB, ponctionnée sur le budget de communication de cet opérateur de l’Etat. Un amendement de Vincent Louault (Les Indépendants) prévoit la réduction de 5 % de l’enveloppe accordée à l’OFB pour financer des associations, soit 11 millions d’euros de diminution pour 2026.

À ces 26 millions d’euros de coupes budgétaires s’ajoutent 40 millions d’euros qui seront ponctionnés dans la trésorerie de l’OFB, dans la mesure où celle-ci excède le plafond prévu par le contrat d’objectifs et de performance (COP) conclu avec l’Etat, a défendu Christine Lavarde. « La trésorerie de l’OFB est fluctuante tout au long de l’année. Au 1er avril elle était tombée à 55 millions, vous allez fragiliser certaines prérogatives de l’organisme », a averti le ministre chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

« Ce n’est pas un hasard si vous vous attaquez à la police de l’environnement », a fustigé le sénateur écologiste Grégory Blanc, rejoint par son président de groupe, Guillaume Gontard : « Je trouve que vu la période de remise en cause de leur travail qu’ont subi les agents de l’OFB, on a justement besoin de travailler sur la communication auprès du grand public. C’est extrêmement malvenu de supprimer cette partie du budget. » L’OFB disposait en 2025 d’un budget de 584 millions d’euros, et une baisse de 26 millions de sa subvention représente ainsi une coupe de 4,5 % de son budget à absorber, en plus d’une ponction de trésorerie de 40 millions d’euros.

15 millions d’euros retirés du budget de l’Ademe

Concernant d’autres opérateurs de l’Etat rattachés au ministère de la Transition écologique, 15 millions d’euros ont été retirés aux crédits de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), sur proposition, là aussi de Christine Lavarde, qui avait mené une commission d’enquête sur les agences de l’Etat lors de la session parlementaire précédente (voir notre article).

Le Sénat a également adopté un amendement des rapporteurs Marie-Claire Carrère-Gée (LR) et Hervé Maurey (UC) qui réduit la subvention de l’opérateur Voies Navigables de France (VNF) de 3 millions d’euros en échange d’une élévation du plafond d’emploi afin de donner du temps à cette agence pour réorganiser ses services. Enfin, la situation « extrêmement préoccupante », selon les mots du ministre, du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) a aussi été évoquée. Le rapporteur Vincent Capo-Canellas a défendu le sauvetage en urgence obtenu en projet de loi de finances de fin de gestion, avec une hausse de 3 millions de la subvention. « Mais ça ne suffira pas », a-t-il ajouté alors que Mathieu Lefèvre a reconnu la nécessité « de réinterroger le modèle financier du Cerema. »

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