« Esquive, dérobade » : la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques regrette que François Hollande ait refusé son invitation
Crédit : ISA HARSIN / SIPA / 2503252342

« Esquive, dérobade » : la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques regrette que François Hollande ait refusé son invitation

Le président Olivier Rietmann (LR) et le rapporteur Fabien Gay (communiste) ont déploré ce 8 juillet le refus de l’ancien président de la République, par deux fois, de participer à leurs travaux. Ils souhaitaient l’entendre sur le crédit impôt compétitive emploi (CICE), réforme phare de son quinquennat.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La commission d’enquête sénatoriale sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises a mené 58 auditions en l’espace de six mois. PDG du CAC 40, ministres actuels ou passés, économistes, partenaires sociaux, ce large éventail de personnalités et de profils entendus est venu nourrir un épais rapport sur un phénomène jusque-là mal cerné dans sa globalité par les pouvoirs publics et l’administration. Une personnalité a toutefois manqué à l’appel : François Hollande.

Lors de la présentation de leurs conclusions à la presse ce 8 juillet, le président de la commission d’enquête, Olivier Rietmann (LR) et le rapporteur Fabien Gay, sénateur communiste, dont le groupe est à l’origine de ces auditions, ont jugé « regrettable » le choix de l’ancien président de la République de ne pas participer à leurs travaux. « Je déplore le refus de M. François Hollande, manifesté à deux reprises, d’être entendu par la commission d’enquête sur le crédit impôt compétitive emploi (CICE). Il a considéré que la commission pouvait, je cite, se former une opinion parfaitement documentée par l’audition des ministres compétents et des chefs d’entreprise concernés », a dénoncé le sénateur Olivier Rietmann.

Selon les dispositions de l’ordonnance du 17 novembre 1958, qui régit le fonctionnement des commissions d’enquête, les convocations doivent tenir compte du principe de la séparation des pouvoirs. « Autrement dit, un ancien président de la République n’est pas convoqué, mais seulement invité par une commission d’enquête », a rappelé le président LR de la commission.

« Toujours prompt à prendre la parole »

Or, François Hollande s’est pourtant rendu à deux reprises ces deux dernières années devant une commission d’enquête : en 2023, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur « les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France », et l’an dernier au Sénat dans le cadre de la commission d’enquête sur les activités de TotalEnergies.

« Ce refus que d’aucuns pourraient qualifier d’esquive, voire de dérobade, est fort regrettable car elle a privé nos concitoyens de ses explications sur les justifications apportées au CICE et sur le regard qu’il porte sur son bilan, alors que ce dispositif coûteux avait été au cœur de son quinquennat », a conclu Olivier Rietmann.

Fabien Gay a formulé la même déception. « Je regrette que François Hollande soit le seul à ne pas être venu, d’autant plus qu’il est toujours prompt à prendre la parole et à débattre ». Les deux sénateurs ont renouvelé leur appel à vouloir échanger avec l’ancien président de la République, dans le cadre de la délégation aux entreprises, qu’Olivier Rietmann préside. « S’il nous écoute, cher François Hollande, je me rends disponible pour vous », a signifié Fabien Gay.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Esquive, dérobade » : la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques regrette que François Hollande ait refusé son invitation
6min

Parlementaire

Carte scolaire : Édouard Geffray veut « renouer avec une politique d’aménagement du territoire par et autour de l’école »

Devant le Sénat, ce jeudi 4 juin, le ministre de l’Éducation nationale a défendu une refonte profonde de la méthode d’élaboration de la carte scolaire du premier degré. Inspirée des travaux d’une mission d’information sénatoriale, l’expérimentation lancée dans 18 départements vise à substituer à une logique annuelle et comptable, une approche territoriale, concertée et pluriannuelle.

Le

Pierre-Edouard Stérin Le cadre juridique français nous a forcé à créer de la complexité
7min

Parlementaire

Audition de Pierre-Edouard Stérin : « Nous n’avons pas obtenu de réponses sur la transparence de ses financements », constate la rapporteure du Sénat

La présidente et la rapporteure de la commission d’enquête du Sénat sur les financements privés de certaines politiques publiques sont restés sur leur faim après avoir entendu Pierre-Edouard Stérin ce jeudi 4 juin. Attendue de longue date, l’audition du milliardaire ultraconservateur sur ses activités de philanthropie n’a pas vraiment permis d’éclairer les interrogations juridiques et financières des élus quant à la galaxie de structures que parraine l’homme d’affaires.

Le

« Esquive, dérobade » : la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques regrette que François Hollande ait refusé son invitation
4min

Parlementaire

« Affirmations mensongères », « show » : Antoinette Guhl dénonce le « lobbying de la grande distribution » qui « bat son plein »

Face aux conclusions de la commission d’enquête sénatoriale sur les marges de la grande distribution, les enseignes multiplient les offensives médiatiques et politiques. Lors des questions au gouvernement au Sénat, mercredi 3 juin, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl a dénoncé les pressions exercées par les distributeurs et appelé le gouvernement à agir rapidement contre des pratiques qu’elle juge illégales et destructrices pour les producteurs.

Le