Conflans Ste Honorine : hommage Samuel Paty
Laurent Brosse, maire de Conflans Ste Honorine entoure d elus, de parents, d eleves et de professeurs ont rendu hommage lundi 16 octobre 2023 devant le college du Bois d Aulne et Place de la Liberte a Conflans Sainte Honorine dans les Yvelines, a Samuel Paty professeur assassine dans un attentat islamiste il y a trois ans jour pour jour. Conflans Ste Honorine, FRANCE - 16/10/2023 On Monday 16 October 2023, Laurent Brosse, Mayor of Conflans Ste Honorine, together with elected representatives, parents, pupils and teachers, paid tribute to Samuel Paty, a teacher murdered in an Islamist attack three years ago to the day, in front of the Bois d'Aulne school and Place de la LibertÃ' in Conflans Sainte Honorine in the Yvelines. Conflans Ste Honorine, FRANCE - 16/10/2023//04HARSIN_HOMMAGESAMUELPATY022/Credit:ISA HARSIN/SIPA/2310171334

Face à la crise des vocations des maires, le Sénat veut améliorer les conditions du mandat d’élu local

Hausse des indemnités, exercice du mandat facilité, réinsertion professionnelle sécurisée : une grande majorité de sénateurs défendent une proposition de loi pour créer un statut de l’élu local. Le texte est débattu dans l’hémicycle ce mardi 5 mars
Alexandre Poussart

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Depuis les dernières élections municipales en 2020, 1424 maires ont démissionné de leurs fonctions, soit 4 % des édiles. Ce chiffre sans précédent témoigne du profond malaise ressenti par les élus locaux depuis des années. Un malaise qui s’explique, selon plusieurs rapports sénatoriaux, par la hausse des violences contre les élus locaux, les exigences croissantes du mandat et le désengagement de l’Etat dans les territoires. Cette situation fait craindre une crise des vocations vis-à-vis des différents mandats d’élu local. Pour l’éviter, une proposition de loi créant un statut de l’élu local a été déposée au Sénat et est examinée dans l’hémicycle ce mardi 5 mars. Cosigné par 309 sénateurs sur 348, ce texte est notamment porté par la sénatrice centriste Françoise Gatel, présidente de la délégation du Sénat aux collectivités territoriales, et Mathieu Darnaud, sénateur (LR) de l’Ardèche et le président de la commission des lois François-Noël Buffet.

 

Hausse des indemnités

 

Il prévoit d’abord une hausse des plafonds d’indemnités de fonction des maires. Par exemple, pour une commune de moins de 500 habitants, le plafond d’indemnité de fonction du maire passe de 1048 euros à 1155 euros, pour une commune de plus de 100 000 habitants, de 5960 euros à 6577 euros. Les indemnités de fonction des adjoints au maire sont fixées par principe au maximum légal. Pour améliorer leur régime de retraite, les élus locaux gagneront un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet, un dispositif limité aux exécutifs locaux (comme les adjoints au maire et les vice-présidents de conseils départemental et régional) par la commission des Lois du Sénat qui a examiné cette proposition de loi avant son examen dans l’hémicycle.

 

Améliorer les conditions d’exercice du mandat local

 

Le texte améliore les conditions d’exercice du mandat d’élu local. Il prévoit le remboursement des frais de transport des élus lors de déplacements où ils représentent leurs communes. Pour mieux concilier le mandat et la vie professionnelle, les salariés, titulaires d’un mandat local ou candidats à une élection, pourront prendre un congé électif de 20 jours, pour mener leur campagne électorale, un congé électif dont la durée a été allongée et harmonisée par ce texte. Le texte crée un statut de l’élu étudiant pour aménager temps universitaire et exercice d’un mandat local par un étudiant.

 

Ne plus perdre de revenus en cas de congé maternité

 

Le cas récent de la maire écologiste de Poitiers Léonore Moncond’huy, qui a dénoncé une perte de revenus lors d’un congé maternité à venir en raison de l’impossibilité de cumuler ses indemnités journalières avec une partie de ses indemnités de fonction, s’invitera aussi dans l’hémicycle.

« Nous proposons de corriger ce dispositif avec une approche universelle pour qu’il n’y ait pas de baisse de revenus dans le cas où l’élu est empêché », détaille Françoise Gatel, citant le congé maternité mais aussi l’arrêt maladie, le congé d’adoption, de paternité ou l’accident du travail.

La prise en charge des frais de garde des élus des communes de moins de 10 000 habitants est également renforcée.

 

Sécuriser la sortie de mandat

 

La proposition de loi prévoit des mesures pour sécuriser la sortie des élus locaux.

Elle crée une certification professionnelle des compétences acquises au cours du mandat. Certains élus pourront passer une épreuve d’admissibilité des troisièmes concours de la fonction publique. L’ensemble des maires et adjoints au maire bénéficieront d’une allocation de fin de mandat. Au-delà de cette proposition de loi, les sénateurs appellent le gouvernement à prendre des mesures supplémentaires pour soutenir l’engagement des élus locaux.

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Comme un compte à rebours qui se rapproche de la fin, la fenêtre de tir se réduit. En renonçant à convoquer une session extraordinaire à l’Assemblée nationale le 21 septembre, le gouvernement a ajourné la suite de l’examen du projet sur les polices municipales. Cette réforme, très attendue par les maires, fait donc les frais d’un nouveau contretemps.  Fruit d’une longue concertation, qui s’est tenue notamment dans le cadre du « Beauvau des polices municipales » en 2024 et 2025, le projet de loi a été présenté en Conseil des ministres en octobre dernier. Nourri par les travaux d’une mission d’information, le passage au Sénat a été une formalité. Massivement adopté au palais du Luxembourg en février, le texte a ensuite été transmis aux députés. La commission des lois a achevé son examen fin avril. Et depuis, plus rien. Le projet de loi, qui prévoit des missions élargies – en particulier de compétence judiciaire – pour les polices municipales, mais aussi tout un axe sur la formation et la déontologie, est allé depuis de report en report. Un texte qui devait initialement aboutir avant les municipales Au tout début de l’année, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez espérait encore une adoption rapide de ce texte consensuel « peut-être même avant les élections municipales », de mars. L’histoire a eu raison du pronostic de l’ancien préfet. Le gouvernement a ensuite donné rendez-vous en juin pour l’examen. Nouvelle complication. Peu avant la coupure du cœur de l’été, fin juillet, le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous confiait au journal Ouest France que le projet de loi sur les polices municipales serait le premier texte pour la session extraordinaire de septembre. Encore raté. À l’approche de la reprise de la session ordinaire, le 1er octobre, l’impatience se fait ressentir chez les élus locaux et les parlementaires. L’inquiétude aussi. La plus grande partie du calendrier parlementaire d’ici la fin de l’année va être occupée les traditionnels débats budgétaires, et campagne présidentielle oblige, les travaux en hémicycle seront interrompus à la fin du mois de février. Ce mercredi 9 septembre, une dizaine d’association d’élus dénonce dans un communiqué commun « l’énième report de l’examen du projet de loi ». Les maires et présidents d’intercommunalités demandent à l’État de « clarifier, dès à présent et concrètement, ses intentions afin de garantir au plus vite l’inscription de ce projet de loi à l’ordre du jour ». « Je suis très en colère contre le gouvernement » « Je suis très en colère contre le gouvernement. On a effectué notre travail, consolidé le texte de manière transpartisane, en acceptant des amendements de tout le monde. Et aujourd’hui, on a un gouvernement qui n’est pas capable de l’inscrire, c’est une honte », réagit la sénatrice (LR) Jacqueline Eustache-Brinio, co-rapporteure du projet de loi. Hors séquence budgétaire qui occupera en séance les députés à partir du 12 octobre, les places dans l’agenda seront chères. Le gouvernement dispose encore de huit semaines à sa main avant le couperet de la fin février. Or beaucoup de textes sont sur la table pour les travaux de cet automne et de cet hiver : la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qui sera le premier texte inscrit par le gouvernement à la reprise, mais aussi le projet de loi sur le logement ou encore le projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé, tous deux adoptés par le Sénat, ou encore un texte sur les ingérences étrangères annoncé par le Premier ministre. Et c’est sans compter le récent projet de loi de modernisation de la sécurité civile, présenté par le gouvernement. La liste n’est pas exhaustive. « J’ai cru comprendre qu’il serait difficile d’inscrire le texte sur les polices municipales avant le budget. Ils espèrent trouver du temps législatif après le budget, mais les promesses n’engagent que ceux qui croient », s’inquiète Christophe Marion, co-rapporteur (Renaissance) du projet de loi à l’Assemblée nationale. « Le sujet n’est donc peut-être pas de percuter les débats budgétaires avec des chiffons rouges » Joint par Public Sénat, le ministère des Relations avec le Parlement précise que « les arbitrages sont en cours concernant l’inscription des textes pour la session ». Le député du Loir-et-Cher et son collègue co-rapporteur Éric Pauget (LR) annoncent solliciter un rendez-vous à Matignon pour obtenir des assurances sur l’inscription du texte. « Ce qui vient d’arriver à Carcassonne renforce l’idée que le contrôle des polices municipales est nécessaire », insiste-t-il. Hier, le parquet a annoncé la suspension mercredi de quatre policiers municipaux de Carcassonne après la diffusion d’une vidéo les mettant en cause pour des propos racistes. Même volonté de se rappeler aux bons souvenirs de Matignon au Sénat. « Je vais voir avec Gérard Larcher pour que l’on mette la pression sur le gouvernement », prévient Jacqueline Eustache Brinio. Outre les contraintes d’agenda, avec l’empilement de projets de loi, le député Christophe Marion a une autre interprétation de ces retards à répétition. « On a passé des textes régaliens en fin de session parlementaire, je pense à RIPOST. Les socialistes ont voté contre. » Or, les socialistes sur le projet de loi sur les polices municipales ont annoncé en commission leur volonté de « rééquilibrer » le texte. « Le sujet n’est donc peut-être pas de percuter les débats budgétaires avec des chiffons rouges, qui puissent radicaliser des positions ou rendre difficile d’émergence d’un consensus », poursuit le député.  En cas de reprise de débats, il faudrait également compter sur une commission mixte paritaire si le texte est adopté à l’Assemblée nationale. Seule une issue favorable pourrait permettre au texte de pouvoir aboutir dans les temps. « On peut trouver un terrain d’entente », assurent les rapporteurs. « J’attend du gouvernement qu’il aille au bout de la démarche. On a créé de l’espoir avec ce texte, je trouverai ça effrayant de ne pas être à la hauteur des attentes des élus et des policiers », insiste Jacqueline Eustache Brinio. Sans garantie sur ce texte attendu, le traditionnel congrès des maires début novembre pourrait s’ouvrir dans un concert de protestations.
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