Fin de vie : « J’aimerais que l’équilibre du texte soit respecté », affirme Agnès Firmin Le Bodo

La présidente de la commission spéciale sur le projet de loi sur la fin de vie explique qu’il est « important d’écouter tout le monde et de se faire son propre avis », alors que les travaux commencent à l’Assemblée. Elle affirme que le texte ne revient pas à légaliser l’euthanasie.
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Agnès Firmin Le Bodo, députée Horizons de Seine-Maritime était l’invitée de Bonjour chez vous, ce mardi matin, sur Public Sénat. Celle qui est présidente de la commission spéciale de l’Assemblée nationale chargée d’examiner le projet de loi sur la fin de vie est venue défendre ce texte, alors que la commission a commencé ses auditions cette semaine.

« C’est important d’écouter tout le monde et de se faire son propre avis »

« C’est important d’écouter tout le monde et de se faire son propre avis », explique l’ancienne ministre de la Santé et de la Prévention, qui a travaillé le texte quand elle était au gouvernement. « Je vais voter un texte en tant que députée, que j’aurais écrit en tant que ministre. L’histoire est plutôt belle, j’aurais fait le tour de la chose », sourit-elle.

Plus de 90 personnes vont être auditionnées, beaucoup de soignants, mais aussi des « associations d’usagers », « les cultes, les sociétés savantes, des philosophes, des sociologues ». Les membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie seront aussi « écoutés ».

Alors que le texte arrive en séance à partir du 27 mai, la députée assure que « ce projet de loi devra être enrichi par les parlementaires ». Mais Agnès Firmin Le Bodo espère qu’il ne sera pas profondément modifié. « J’aimerais que l’équilibre du texte soit respecté. Car il correspond à la fois à notre culture, à ce qu’ont demandé les soignants, ce que souhaite la population. Nous avons trouvé cette petite ligne de crête, j’aimerais qu’elle soit respectée » affirme la députée Horizons.

« L’aide à mourir, c’est clairement notre modèle français de l’accompagnement de la fin de vie »

Elle dément l’idée que le texte revienne à légaliser l’euthanasie. « Quand vous avalez une substance létale, ce n’est pas de l’euthanasie. Ça s’appelle l’aide à mourir, avec notre modèle français. Ce n’est pas un suicide, c’est une demande, c’est une aide, on accompagne la personne », soutient la députée de Seine-Maritime. « L’aide à mourir, c’est clairement notre modèle français de l’accompagnement de la fin de vie », insiste-t-elle, et « c’est répondre à une question d’autonomie de la personne. C’est bien la personne malade qui fait la demande ».

« Le suicide assisté et l’euthanasie, ce sont des mots. L’important c’est l’effectivité. Notre modèle répond sur une aide à mourir. Je suis en mesure physiquement de le faire. Je peux avaler une substance dite létale. Je ne le suis pas, je me fais accompagner d’un médecin ou d’un infirmier ou potentiellement d’un membre de la famille », détaille la présidente de la commission.

Sur la question du pronostic vital qui doit être engagé à « moyen terme », l’une des conditions, Agnès Firmin Le Bodo explique qu’il ne vaut mieux pas définir cette durée. « Définir le moyen terme, c’est aussi s’enfermer. (…) Dire que c’est un mois, deux mois, trois mois serrait une erreur car on ne pourrait pas répondre à des situations », souligne-t-elle, ajoutant que « l’Oregon a défini dans la loi six mois. Il réfléchit à ne plus définir ce moyen terme sachant qu’on sait très bien que le moyen terme, quand le pronostic vital est engagé, on peut de facto aller rarement au-delà de 6 à 12 mois ».

Par ailleurs, quand un médecin reçoit une demande, « il doit faire appel au corps paramédical qui entoure le malade », comme une infirmière ou une aide-soignante, pour prendre leur avis, et « à la fin, c’est le médecin qui a reçu la demande qui prend la décision ».

« La volonté du Président est d’avancer très fort sur les soins palliatifs »

Interrogée sur l’engagement qu’elle avait pris, quand elle était ministre, que tous les départements aient une unité de soins palliatifs fin 2024, elle reconnaît qu’il « sera difficilement tenu car nous avons un problème de professionnels de santé. Les soins palliatifs n’ont jamais été considérés comme une vraie filière de formation. (…) On va créer une spécialité », affirme la députée, alors qu’une vingtaine de départements n’ont pas d’unité encore.

Si l’objectif est atteint « mi 2025 ou fin 2025, tant mieux », ajoute Agnès Firmin Le Bodo, qui assure que « la volonté du Président est d’avancer très fort sur les soins palliatifs ». En plus des « 1,7 milliard d’euros consacrés chaque année », le gouvernement va consacrer aux soins palliatifs un milliard de plus sur dix ans.

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