Finances publiques : Gabriel Attal affirme vouloir « continuer à réformer notre modèle social »

Alors que le gouvernement a annoncé, au début du mois de mars, des coupes budgétaires à hauteur de 10 milliards pour 2024 et 20 milliards pour 2025, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, interpelle le gouvernement sur l’absence d’informations et de débats sur le sujet au Parlement.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Soumettrez-vous un projet de loi de finances rectificatif ? » lance Patrick Kanner au Premier ministre, qui s’inquiète de la faible implication du Parlement dans les choix relatifs aux finances publiques. Le sénateur du Nord a d’ailleurs qualifié ces coupes budgétaires de « coup de rabot brutal de 10 milliards d’euros ». « Nous, parlementaires, n’avons aucun élément d’information, cette opacité est inacceptable », déplore le président du groupe socialiste au Sénat.

Le sénateur socialiste s’alarme de l’absence de majorité à l’Assemblée nationale pointant les 21 recours à l’article 49 alinéa 3 sur des textes budgétaires depuis deux ans. “Vos choix budgétaires sont déjà caducs, mais malgré cela aucun projet de loi de finances rectificatif n’est annoncé” continue Patrick Kanner qui critique le bilan d’Emmanuel Macron évoquant une “dette qui explose” et “un accroissement des inégalités”.

 

“Quand vous avez moins de recettes, le bon sens veut que vous preniez les bonnes décisions pour adapter vos dépenses”

Si le Premier ministre n’a pas apporté de réponse sur la présentation ou non d’un projet de loi rectificatif dans les prochaines semaines, il explique que la vision du gouvernement n’a pas évolué. “Quand vous avez moins de recettes, le bon sens veut que vous preniez les bonnes décisions pour adapter vos dépenses”, avance Gabriel Attal. Le gouvernement a effectivement justifié les récentes coupes budgétaires par la modification des prévisions de croissance. Malgré ces annulations de crédits, le Premier ministre défend le bilan économique du gouvernement pointant le “taux de chômage au plus bas depuis 25 ans” et un “taux d’emploi au plus haut depuis qu’il est mesuré”. Pour limiter l’impact de ces réductions budgétaires, Gabriel Attal affirme vouloir “continuer à réformer notre modèle social”. Le Premier ministre dit également croire à un modèle “plus efficace et moins coûteux, pour inciter à l’emploi`

 

Gabriel Attal a écarté la solution visant à augmenter les recettes en créant une taxe ou un impôt supplémentaire et assume “des décisions rigoureuses et sérieuses”. “Ce n’est pas la réponse du gouvernement”, assure le Premier ministre selon lequel cela pourrait “détruire de l’emploi et aggraver les difficultés que nous avons”. “Si vous voulez des recettes, on est capable d’aller en trouver”, réplique Patrick Kanner en référence à la suppression de l’ISF, remplacé en 2018 par un impôt sur la fortune immobilière. Sans réponse sur la présentation d’un projet de loi de finances rectificatif, le sénateur socialiste a remis une lettre au Premier ministre lui demandant l’organisation dans les plus brefs délais d’un débat au Parlement sur la gestion des finances publiques.

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Parlementaire

Jeux vidéo : le Sénat veut conditionner les aides publiques à des avancées concrètes pour les femmes

Le Sénat propose de faire de l’égalité femmes-hommes un critère d’attribution des aides publiques au secteur du jeu vidéo. Dans un rapport, la délégation aux droits des femmes estime que les financements publics doivent devenir un levier pour lutter contre le sexisme et favoriser la mixité dans une industrie où les femmes, pourtant près de la moitié des joueurs, restent largement absentes des studios, des compétitions professionnelles et des postes de direction.

Le

39166289029 (1)
7min

Parlementaire

Le Sénat approuve le projet de loi d’urgence agricole : le texte définitivement adopté par le Parlement

Le Parlement a définitivement adopté, après un dernier vote du Sénat ce mardi 21 juillet en fin de journée, le projet de loi d’urgence agricole. Ce texte permet notamment l’utilisation à titre dérogatoire, pour certaines cultures, de deux néonicotinoïdes interdits en France. Une mesure défendue de longue date par la majorité sénatoriale de droite et du centre, mais qui a semé le trouble jusque dans les rangs du bloc central.

Le