Harcèlement dans l’armée : « L’institution doit être capable de se débarrasser de ses canards boiteux », assure Sébastien Lecornu

Lors des questions d’actualité au gouvernement, la sénatrice centriste Jocelyne Guidez a interpellé le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, sur les accusations de harcèlement et de sévices au sein de l’armée pointant un « climat de soumission » et de « brutalité ».
Marius Texier

Temps de lecture :

2 min

Publié le

« Le principe n’était pas de nous former, mais de nous briser », a lancé Jocelyne Guidez dans l’hémicycle en s’appuyant sur le témoignage d’un militaire victime de harcèlement. Jeudi dernier, l’Armée de Terre a annoncé avoir ouvert une « enquête de commandement », après le dépôt de plusieurs plaintes de militaires, pour des faits de « violences volontaires, de harcèlement moral, de menaces, de mise en danger de la vie d’autrui et de provocation au suicide ».

« Je souhaite respecter la parole des victimes et l’accompagner », a assuré Sébastien Lecornu. « Des enquêtes de commandement doivent avoir lieu, mais elles doivent aussi s’accompagner d’une procédure judiciaire », a-t-il réclamé, précisant que l’affaire a suscité « la colère » au sein du gouvernement.

« L’autorité n’autorise pas les sévices et les abus dans l’armée existent », prévient Jocelyne Guidez. « Quand l’engagement devient souffrance, nous ne pouvons rester dans l’indifférence ».

« Des dérives individuelles »

Vendredi dernier, auprès du Parisien, l’une des victimes a témoigné du harcèlement subi au sein de l’armée. « J’étais traité de sous-merde à longueur de journée », a-t-il confié. « A la fin, si je restais, soit je m’en collais une, soit j’allais finir par en buter un ». Dans un communiqué, le ministère des Armées a indiqué « condamner fermement » ces pratiques.

Pour le ministre, il s’agit désormais « d’éloigner les auteurs » et non les victimes. « L’institution doit être capable de se débarrasser de ses canards boiteux », souligne-t-il en espérant que les « dérives individuelles » ne portent pas atteinte à « la réputation de l’institution militaire » dans son ensemble. « Il s’agit ici de réputation, mais également du succès des armées en France ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Harcèlement dans l’armée : « L’institution doit être capable de se débarrasser de ses canards boiteux », assure Sébastien Lecornu
8min

Parlementaire

 « Plus démocratique que les mortiers » : Édouard Geffray défend sa réponse à la crise des lycées

Auditionné au Sénat mardi 14 octobre, au lendemain du cinquième acte de la mobilisation lycéenne, Édouard Geffray a défendu les premières réponses du gouvernement aux revendications des élèves. Remplacement des enseignants absents, évolution de la démocratie lycéenne, amélioration de Parcoursup : le ministre a détaillé ses mesures, tandis que plusieurs sénateurs ont interrogé la capacité de l’exécutif à répondre durablement aux difficultés des établissements.

Le

Harcèlement dans l’armée : « L’institution doit être capable de se débarrasser de ses canards boiteux », assure Sébastien Lecornu
3min

Parlementaire

Le Sénat rend hommage à François Patriat : « C’était une personnalité un peu hors du commun », salue Gérard Larcher

Les sénateurs ont rendu un dernier hommage, ce mardi 13 octobre, à François Patriat, chef de file des macronistes du Sénat, décédé accidentellement au cœur de l’été. Plusieurs ministres étaient au banc pour écouter le double éloge funèbre prononcé par Gérard Larcher, le président du Sénat, et le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le

Harcèlement dans l’armée : « L’institution doit être capable de se débarrasser de ses canards boiteux », assure Sébastien Lecornu
8min

Parlementaire

Autonomie de la Corse : « Ni un saut dans le vide, ni un grand soir », Françoise Gatel tente de rassurer un Sénat sceptique sur la réforme constitutionnelle

À quelques jours du début de l’examen au Sénat du projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République », Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation, a été auditionnée par la commission des lois. L’autonomisation de l’île de Beauté n’est « pas une manière pour l’État de s’effacer », a-t-elle répété face à des élus qui craignent une rupture de l’unité de la République.

Le