« Il s’agit d’un serviteur de l’État » : le président du groupe LR au Sénat salue la nomination d’Emmanuel Moulin, à la tête de la Banque de France

Mathieu Darnaud, chef de la droite sénatoriale, dont le soutien a été essentiel à la validation de la candidature d’Emmanuel Moulin comme gouverneur de la Banque de France, souligne qu’il présente toutes les « compétences et l'expérience requises » pour le poste. Le sénateur nie l'existence d'un accord avec l'Élysée, conditionnant ce soutien à la possible nomination de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits.
Rédaction Public Sénat

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À l’image d’une grande partie de son groupe, le patron des sénateurs LR a été convaincu par les « garanties apportées » par Emmanuel Moulin, lors de son audition ce matin. Prises dans leur ensemble, les deux commissions des finances qui ont entendu le haut fonctionnaire chacune à leur tour, ne se sont pas opposées à sa nomination. Lors du vote qui a conclu les deux auditions, près de 53 % des parlementaires ont voté contre sa nomination, un niveau inférieur au seuil de 60 % nécessaire au veto parlementaire, tel que le prévoit l’article 13 de la Constitution.

Ces résultats, proclamés en début d’après-midi, signifient que la droite sénatoriale a choisi assez largement de soutenir l’ancien directeur de cabinet de Gabriel Attal ou encore de Bruno Le Maire. L’intéressé avait tenu à rassurer la représentation nationale ce matin, en assurant être indépendant vis-à-vis du pouvoir politique et du secteur privé. « J’ai toujours répondu présent, quand il me fallait renoncer à des fonctions dans le secteur privé pour rejoindre l’Etat, car le service public est ma passion autant que ma vocation. C’est dans cet esprit de respect des formes et des institutions démocratiques que, pour veiller à ce que ma candidature ne puisse jamais être entachée d’un quelconque soupçon de conflit d’intérêts, j’ai sollicité la fin de mes fonctions de secrétaire général de la présidence de la République pour me présenter devant votre commission en homme libre et en fonctionnaire au service de l’Etat », a-t-il insisté face aux sénateurs ce 20 mai.

« Ce n’est pas Mathieu Darnaud qui nomme »

« Il a redit le fait qu’il était attaché au service de l’État, qu’il a – je crois – démontré à travers ses différentes responsabilités. Et puis, c’est aussi une affaire de compétences. Il nous semble qu’il présentait toutes les compétences et l’expérience requises pour occuper ce poste », a salué Mathieu Darnaud. « J’ajouterais que si on a pu parfois se questionner, là, il s’agit d’un serviteur de l’État et non pas d’un ancien élu. »

Certains à gauche ont évoqué hier le marchandage qui aurait été conclu autour de cette nomination. Le soutien des LR aurait été apporté en échange de l’assurance pour l’Élysée de pousser le nom du sénateur François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits. Les Échos avait révélé fin avril l’existence de ce « deal », démenti par l’entourage de l’ancien ministre, et non confirmé au sein de la droite.

« Je laisse les commentateurs la paternité de ces propos », a balayé Mathieu Darnaud sur notre antenne, avec un sourire aux lèvres. « On sait très bien que les nominations, et que tout ce qui procède de l’article 13 [de la Constitution] démontre qu’il revient à chacun de faire la démonstration devant les parlementaires, devant les commissions compétentes, pour à la fois montrer son indépendance, sa compétence. Les parlementaires sont seuls maîtres et seuls juges du crédit qu’ils accordent, et du vote qu’ils peuvent accorder », a-t-il ajouté. Et de conclure : « Ce n’est pas Mathieu Darnaud qui nomme, je vous invite à questionner le président de la République. »

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